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Le Pays de Grasse recycle l’eau usée de la piscine et récupère ses calories pour économiser la ressource (06)

Récupérer les eaux usées de piscine pour un second usage et réutiliser leurs calories, voilà le dispositif vertueux en place depuis un an à la piscine Harjès, située au sein de l’intercommunalité du Pays de Grasse, dans les Alpes Maritimes.

L’entreprise Veolia, prestataire pour l’intercommunalité, a proposé de mettre en place ce dispositif et de le tester à petite échelle avant de le déployer dans deux ans, toujours à Grasse, au sein de la piscine Altitude 500, actuellement en reconstruction.

C’est l’entreprise lyonnaise Onsen, sous traitant de Veolia, qui a formé les équipes et installé le dispositif permettant de stocker les eaux usées sous une bâche extérieure et récupérer les calories en parallèle. Pour l’intercommunalité, c’est un investissement rentabilisé en deux ans et de substantielles économies réalisées sur le coût de l’énergie, un poste important, qui peut parfois devenir rédhibitoire pour le maintien d’une piscine municipale.

Entretien avec Charlotte Pruvot et Jean-François Prin

Parole de collectivité
Jean François Prin, responsable des espaces aquatiques de l’intercommunalité du Pays de Grasse et Charlotte Pruvot, Responsable du Service Energie de l’intercommunalité du Pays de Grasse - Crédits photo : Banque des Territoires
Gestion quantitative de la ressource

Ce projet est présenté par :

  • Charlotte Pruvot, responsable du service Energie de l’intercommunalité du Pays de Grasse
  • Jean-François Prin, responsable des services aquatiques de l’intercommunalité
Ce nouveau dispositif de recyclage de l’eau, non invasif, et qui ne nécessite pas de modification technique majeure, est désormais un gros plus.

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Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

Charlotte Pruvot : En 2021, nous avons organisé un audit dans le cadre de notre marché global de performance énergétique. Cela concernait 23 sites communautaires. Pour la piscine Harjès, construite en 1979, Veolia Energie, notre prestataire, nous a proposé de mettre en place la technologie ONSEN : elle consiste à utiliser les calories de l’eau dite « de fuite » qui représente 30 litres par jour et par baigneur, pour réchauffer l’eau neuve qui est renouvelée. Ces eaux de fuite sont ensuite stockées dans une bâche à l’extérieur de la piscine et sont réutilisées pour nettoyer les filtres du système de filtration, et ce, une fois par semaine. Ces eaux de fuite que l’on réutilise représentent neuf mètres cubes par jour (équivalent à 300 baigneurs par jour).

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Charlotte Pruvot : Ce projet a précédemment été développé avec succès dans des piscines municipales à La Ciotat et à Lyon par Veolia Energie. Et c’est de cette façon que l’entreprise a répondu à notre proposition de marché.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maitriser avant de se lancer dans ce projet ?

Charlotte Pruvot : La technologie a été apportée par Veolia Energie et par son sous-traitant, l’entreprise lyonnaise Onsen.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? (Enquêtes publics…) Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Charlotte Pruvot : Veolia Energie qui nous a proposé ce système savait que ce dispositif était compatible avec les standards d’une piscine publique. En soi, le système fonctionne avec une unité et se démultiplie selon le nombre de mètres carrés à traiter. Pour la piscine Harjès, qui sera encore en activité pendant deux ans, nous avions besoin de deux filtres. Pour la piscine Altitude 500 que nous sommes en train de reconstruire sur les hauteurs du territoire de l’intercommunalité, et qui a une capacité beaucoup plus importante, nous aurons besoin de huit filtres. Nous pourrons utiliser ceux installés ici jusqu’à sa fermeture, puis en adjoindre six nouveaux. Cela était une condition importante pour l’investissement : que le système soit réutilisable dans notre nouvel équipement.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet, et avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens ou co-construit avec eux ?

Charlotte Pruvot : Nos équipes ont été formées par le prestataire Onsen sur une journée, et ils restent disponibles pour intervenir à tout moment si nous rencontrons la moindre difficulté, ce qui, pour nous, est sécuritaire.

Comment la collectivité a-t-elle financé le projet et quelles sont les aides sollicitées et obtenues ?

Charlotte Pruvot : L’enveloppe globale pour cet investissement s’est élevée à 92 000 euros. Nous avons fait une demande auprès de la Dotation de soutien à l’investissement local auprès de l’état, et Veolia a, de son côté, fait une demande de Certificat d’Eco Energie. Entre ces deux dispositifs, l’équipement a pu être financé à hauteur de 60%. Pour notre intercommunalité, le Pays de Grasse, le reste à charge s’est élevé à 35 000 euros.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la commune dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Charlotte Pruvot : Veolia Energie.

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Le projet en détails

Dates clés

Décembre 2021

Mise à l'agenda dans le cadre du marché global de performance énergétique lancé par l'intercommunalité

2021

Inspiration, lorsque le système a été posé à la piscine municipale de La Ciotat

Novembre 2024

Réalisation du projet

Chiffres clés

9

m3 d’eau par jour sont stockés pour être recyclés

92 000

euros d’investissement dont 35 000 euros à la charge de l’intercommunalité

15 500

euros économisés annuellement répartis entre eau neuve et chauffage

À retenir

D’un point de vue de la ressource, nous économisons 780 000 litres annuellement en réutilisant l’eau stockée chaque semaine dans la bâche

Sur la partie chauffage de l’eau (via la récupération des calories), c’est 12 500 euros qui sont économisés annuellement

Ressources

Gestion durable : Grasse innove pour réduire la consommation d’eau et de gaz de sa piscine municipale

Piscine.fm

Comment l'agglomération du pays grassois veut préserver son eau pour lutter contre la sécheresse

Nice-matin

Les partenaires de ce projet

veolia

Veolia Energie

En savoir plus sur la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse

habitants

101 897

communes membres

23

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