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Sensibilisation des habitants à une crue majeure de la Garonne (47)

Face à la récurrence des crues de la Garonne, Monheurt a élaboré un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) détaillant les actions et responsabilités en cas d’inondation. Ce cadre opérationnel a été décliné, pour les habitants, sous la forme d’un « passeport inondation », destiné à faciliter l’autonomie des foyers lorsque la commune se retrouve isolée.

Chaque année, une réunion publique permet de rappeler les consignes, d'actualiser l’information et d'éviter la panique. La commune s’appuie également sur des outils d’alerte comme Panneau Pocket ou la plateforme SMS Everyone.

L’ensemble de ces outils vise à réduire la sollicitation des secours et à adapter les réponses au contexte local.

Entretien avec José Armand, maire de Monheurt

Parole de collectivité
José Armand, maire de Monheurt - Crédits photo : Mairie de Monheurt
Prévention des inondations

Ce projet est présenté par :

  • José Armand, maire de Monheurt
Nous savons que les habitants n’évacueront pas leurs fermes ; il nous faut donc une stratégie adaptée.
José Armand

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action

Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de la commune de Monheurt ?

Monheurt est une commune de 192 habitants, située au confluent du Lot et de la Garonne. Entièrement inondable à l’exception du bourg, elle est enclavée entre la Garonne et le canal latéral. Les débordements du fleuve isolent régulièrement l’ensemble de la population, d’où la nécessité d’un travail de prévention. Une crue majeure est survenue en 2021, suivie d’une autre en 2022, de moindre ampleur. Depuis, aucune nouvelle crue n’a été enregistrée, mais d’autres surviendront inévitablement. Leur dynamique évolue : les précipitations sont désormais plus courtes et plus intenses.

Nous organisons chaque année une réunion publique. Nous avons également rédigé le Plan Communal de Sauvegarde (PCS), qui détaille précisément l’organisation opérationnelle : qui intervient, comment et à quel moment en cas de crue. En parallèle, nous avons instauré une réunion publique annuelle et conçu la création d’un document destiné aux habitants, le « passeport inondation », déclinaison concrète du PCS. Il précise ce que chacun doit anticiper pour éviter de solliciter les secours en situation d'isolement : ravitaillement, solutions d'hébergement extérieur pour les personnes fragiles, organisation familiale…

Tous les habitants disposent de ce document, mais la rareté relative des crues et le renouvellement de la population font que certains habitants ne savent plus comment réagir. Afin d’éviter la panique, nous organisons donc, chaque mi-octobre, une réunion pour présenter le PCS, répondre aux questions, informer et rappeler que, dans ces circonstances, seuls les secours vitaux peuvent être sollicités.

Nous avions autrefois une association de sauveteurs, mais ses membres sont aujourd’hui trop âgés et la relève manque, notamment chez ceux qui possédaient une véritable culture de l’eau. Les missions dévolues aux pompiers portent désormais principalement sur le secours aux personnes.

L’objectif de la démarche est de minimiser autant que possible le recours aux secours.

En 2021, l’eau a atteint 9,5 m à l’échelle de Tonneins, isolant la commune durant trois jours. Une seule intervention a été demandée pour 192 habitants : elle concernait des saisonniers, non des résidents habitués au territoire.

Cette stratégie est d’autant plus utile que l’État préconise l’évacuation générale en cas d’alerte. Je m’y oppose. Né ici, issu d’une famille d’agriculteurs, je sais que les habitants ne peuvent pas quitter leurs fermes. Ils refusent d’évacuer. Il a donc fallu construire une réponse adaptée à cette réalité.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Il s’agit essentiellement d’une initiative personnelle. L’idée des réunions publiques est née d’une volonté initiale du sous-préfet d’imposer l’évacuation en cas de crue. Une première réunion a donc été organisée pour annoncer cette mesure, mais les habitants ont immédiatement exprimé leurs inquiétudes. Cela a finalement confirmé la nécessité d’un temps d’échange régulier. C’est ainsi qu’a été instaurée une réunion annuelle consacrée aux inondations, parfois complétée par d’autres sujets du quotidien, comme les ordures ménagères.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou co-construit avec eux ?

Nous avons créé le PCS en réponse à une demande réglementaire de l’État, et parce que l’ancienne association de sauveteurs, basée sur un statut loi 1901, n’offrait plus un cadre juridique satisfaisant. L’État a alors encouragé la création de réserves communales de sécurité civile, qui permettent de mobiliser des bénévoles sous l’autorité du maire, avec une couverture assurantielle.

Le PCS décrit les modalités d’alerte, les consignes, ainsi que le retour à la normale après l’inondation. Il a été rédigé à partir de notre propre expérience, en formalisant ce que nous faisions déjà. Chaque commune possède son propre PCS, adapté à ses spécificités, même si le Plan ORSEC prévaut en cas de crise majeure. Le PCS de Monheurt porte exclusivement sur le risque d’inondation.

Nous avons également conçu un fascicule destiné aux habitants, véritable traduction opérationnelle du PCS. Il regroupe les numéros utiles, comme Vigicrue, et identifie des responsables de secteur. Nous utilisons aussi la plateforme Panneau Pocket, très appréciée : je peux y diffuser en temps réel les informations que je reçois.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Nous n'avons pas mené d'études d'impact.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

Aucun financement spécifique n’a été mobilisé. La commune assume le coût des photocopies nécessaires aux documents distribués aux habitants. Par ailleurs, nous sommes reliés au robot de la borne d’appel de Tonneins, qui permet l’envoi de SMS à toute la population. Le maire y a ajouté la commune ; la plateforme utilisée se nomme Everyone.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Nous nous appuyons sur la DDT. Plusieurs sous-préfets nous ont accompagnés dans la mise en place du dispositif. Nous collaborons également avec les services de l’État, et notamment avec le sous-préfet de Marmande, référent départemental en cas d’inondation.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

Lorsqu’une réunion publique aborde des sujets sensibles, il faut savoir les maîtriser et assumer sa position. Le maire se situe entre l’État et le terrain : la loi d’un côté, la réalité des habitants de l’autre. L’an dernier, le sous-préfet de Marmande, qui préconisait une évacuation, est venu écouter ce que les habitants pensaient d’une évacuation générale ; ils ont expliqué qu’ils ne partiraient pas. Le sous-préfet a compris que, si certaines situations nécessitent des aménagements, l’évacuation généralisée est inenvisageable.

Autrefois, les sauveteurs conduisaient les habitants à leur travail ; aujourd’hui, on reste chez soi. Désormais, ceux qui souhaitent continuer à travailler doivent évacuer avant d’être isolés.

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Le projet en détails

Dates clés

2010

Création du PCS

2015

Premières réunions publiques

Février 2025

Exercice préfectoral simulant une crue centennale, dépassant celle de 2021

Chiffres clés

No data was found

À retenir

Le principal atout réside dans une prévention renforcée

La limite majeure réside dans la participation : les habitants les plus familiers de la Garonne sont assidus, mais il est très difficile de mobiliser les néo ruraux, peu conscients du risque

Ressources

« Garonne n’est pas un torrent » : à Monheurt, le maire et ses habitants refusent d’évacuer en cas de crue

SUD OUEST

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

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