Saze (84) : trois bassins pour protéger la commune des crues
À la suite des inondations de 1987, la commune de Saze a amorcé un projet de protection hydraulique.
En 2025, le Grand Avignon a concrétisé la création de trois bassins de rétention totalisant 25 000 m³, aujourd’hui essentiels pour la sécurité du village.
Panneau d’information du Grand Avignon présentant le projet d’aménagement des trois bassins de rétention en cascade, sur le site de Saze. - Crédit photo : Grand Avignon/Clotilde Arnaud
Grâce aux bassins, la commune gagne une heure pour gérer la crise.
L'interview
Comment est né le projet de création de bassins de rétention ?
Camille Riotte : Le projet trouve son origine dans les fortes inondations de 1987, qui avaient fortement touché Saze. Une première enveloppe budgétaire avait été prévue en 2002, mais elle a été réaffectée à la suite des crues de cette même année. Le Grand Avignon a relancé le dossier avec une étude de faisabilité en 2007. Après plusieurs années d’études et de procédures réglementaires, les travaux ont été autorisés en 2021 et réalisés entre mars et août 2025.
Quels étaient les objectifs poursuivis ?
Béatrice Marti : L’enjeu principal était de protéger le bourg et les zones habitées en ralentissant les écoulements provenant du bassin versant amont. L’idée était de retenir temporairement les volumes d’eau afin d’atténuer les débits en aval et de limiter les débordements dans le centre du village.
En quoi consiste l’aménagement réalisé ?
Camille Riotte : Trois bassins en cascade ont été construits, représentant un volume cumulé de 25 000 m³. Chaque bassin est séparé par une digue intermédiaire, permettant de freiner la propagation de l’eau. Le dispositif fonctionne comme un système tampon pour une crue vicennale, c’est‑à‑dire un événement ayant une probabilité sur vingt de se produire chaque année.
Quels acteurs ont participé au projet ?
Béatrice Marti : Le Grand Avignon a assuré la maîtrise d’ouvrage. Le maître d’œuvre était la SAFEGE (groupe Suez Consulting). Le bureau Naturalia Environnement a mené les inventaires écologiques en amont, et le bureau d’études SEGED a réalisé le suivi de chantier. Les services de l’État ont accompagné la collectivité sur les aspects réglementaires.
Comment s’est déroulée la concertation avec la population ?
Camille Riotte: Le précédent maire, puis le maire actuel, ont largement communiqué sur le projet. Des réunions publiques ont permis d’informer les habitants en phase de finalisation. La population, régulièrement confrontée aux inondations, était dans l’attente d’une solution concrète.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
Béatrice Marti : La négociation foncière a constitué la principale difficulté. Deux parcelles étaient concernées : une communale et une privée. Les discussions ont été longues, mais se sont conclues favorablement avant le démarrage du chantier.
Comment le projet a‑t‑il été financé ?
Camille Riotte: Les études, d’un montant de 146 000 euros, ont été financées par l’État, la région Occitanie et l’ancien syndicat départemental du Gard (SMD). Les travaux, d’un coût global de 1,2 million d’euros incluant le foncier, ont été pris en charge à 100 % par le Grand Avignon via la taxe GEMAPI.
Quels conseils donneriez‑vous à d’autres collectivités ?
Béatrice Marti : Sur une petite commune, le soutien politique local est essentiel. Le maire de Saze, également vice‑président à la GEMAPI, a facilité les relations et favorisé l’acceptation du projet. La volonté politique reste, dans tous les domaines, le moteur de la réussite.