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Une nouvelle usine d’eau potable à Varen (82) pour sécuriser la ressource du territoire

En 2020, des études départementales faisaient état auprès de la Communauté de communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron (QRGA) d’une diminution des ressources en eau de 50 % sur le territoire d’ici 2050, en raison du dérèglement climatique.

Alors qu’elle envisageait de se connecter au Syndicat des Eaux du Lévézou Ségala pour s’approvisionner dans les années à venir, la collectivité a découvert une ressource en eau inespérée sur la commune de Varen.

Une nouvelle usine de production d’eau potable, plus moderne, devrait sortir de terre d’ici 2033.

Entretien avec Marion Reisch, Responsable du service de l’eau potable

Parole de collectivité
Marion Reisch, Responsable du service de l’eau potable à la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron - Crédits photo : Marion Reisch
Production de l’eau

Ce projet est présenté par :

  • Marion Reisch, Responsable du service de l’eau potable à la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron
Un élu doit s’appuyer pleinement sur ses équipes techniques, dont l’expertise est essentielle pour sécuriser chaque étape du projet.
Marion Reisch

Parole de collectivité

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Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron ?

En 2020, la Communauté de communes QRGA a pris connaissance du fait que la ressource en eau sur le territoire allait baisser de 50 à 60 % d’ici 2050 en raison du changement climatique. La consommation annuelle du territoire est de 620 000 m3. À besoins constants, il fallait donc trouver 300 000 m3 supplémentaires. L’une des solutions envisagée était de se raccorder au Syndicat des Eaux du Lévézou Ségala qui alimentait déjà, en petite quantité, l’un de nos châteaux d’eau. Pour avoir accès à une plus grande quantité d’eau, il fallait cependant construire des canalisations sur plusieurs kilomètres, ce qui aurait coûté très cher. Par ailleurs, notre territoire ne serait pas résilient en cas de sécheresse en Aveyron.

Dans le même temps, nous avions décidé de construire, dans la commune de Varen, une nouvelle usine de production d’eau potable. Plus moderne que la précédente, cette dernière pourrait notamment traiter les dérivés d’herbicides utilisés dans le traitement du maïs, parmi lesquels le ESA-métolachlore. C’est en réalisant les études pour délimiter les Aires d’Alimentation du captage de Varen que nous nous sommes rendus compte que la ressource en eau était bien plus importante que ce que nous imaginions. Nous étions sauvés !

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Pour ma part, j’ai bénéficié de formations délivrées par l’Office international de l’Eau (OiEau). Nous avons par ailleurs six stations d’eau potable sur le territoire, dont la dernière a été construite en 2018. Les connaissances en la matière sont donc récentes. Par ailleurs, les bureaux d’étude nous ont aidé. Enfin, le Président de la Communauté de communes est l’ancien Président du Syndicat des eaux de Caylus, il est donc déjà sensibilisé à la question de la ressource en eau.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?

Il faut être formé dans la production et la distribution d’eau potable et s’appuyer sur les retours des agents de terrain pour élaborer une vision globale.
Concernant l’adhésion des citoyens, nous sommes en lien avec les agriculteurs pour faire des investigations dans le sol afin de vérifier le niveau de la source et son niveau de pollution. Pour l’instant, la collaboration se passe bien.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Oui, au départ nous avons mené une première étude pour délimiter une Aire d’Alimentation du captage de la nouvelle usine à Varen. C’est là que nous nous sommes rendus compte de l’existence de cette ressource inespérée. À partir de là, il a fallu déterminer si c’était faisable techniquement de distribuer cette eau partout sur le territoire puis réaliser une autre étude pour décider où construire la nouvelle usine. Nous avons écarté un premier site qui était en zone inondable et près d’une voie ferrée. Un nouveau site a été identifié sur un terrain privé appartenant à un agriculteur, avec lequel la Communauté de communes est en négociation. À priori, la vente devrait pouvoir se faire.

Enfin, je mène actuellement un Plan de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) sur l’Unité de distribution (UDI) de Varen, soit un plan d’action global. Il s’agit d’une obligation légale, contrôlée par l’Agence de l’eau Adour-Garonne et l’ARS. Les données à collecter, notamment sur l’imperméabilité du puits et du réseau, serviront lorsqu’il faudra lancer les marchés publics pour la construction de la future usine.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

Coût du PGSSE de Varen : 16 000 euros
Agence de l’Eau Adour-Garonne : 9600 euros

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Les bureaux d’étude, un hydrogéologue agréé pour valider la zone de captage, l’ARS, la DTT et l’Agence de l’eau Adour-Garonne.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

Je lui conseillerais de s’appuyer pleinement sur ses équipes techniques, dont l’expertise est essentielle pour sécuriser chaque étape du projet. Leur connaissance du terrain, des contraintes opérationnelles et des solutions possibles permet d’orienter efficacement les choix, d’anticiper les difficultés et de garantir une mise en œuvre réaliste et maîtrisée.

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Le projet en détails

Dates clés

2020

Premières études pour se raccorder au Syndicat du Lévézou

Mars 2023

Décision de construire une nouvelle usine à Varen pour limiter les résidus d’herbicides

Juin 2023

Découverte d’une ressource inespérée dans le sous-sol

2026

Remise du PGSSE de Varen

Chiffres clés

8 ans

ans de projet prévue pour la nouvelle usine de Varen

620 000

m3 de consommation annuelle du territoire

300 000

m3 supplémentaires à trouver d’ici 2050

À retenir

L’anticipation du dérèglement climatique pris en compte par la collectivité, ce qui n’est pas forcément le cas partout

L’autonomie du territoire en matière d’approvisionnement en eau

Cela va coûter très cher, notamment les interconnexions entre les ressources, il faudra construire près de 20 km de canalisations

Ressources

Etude délimitation des aires d'alimentation de captage en vue de la construction d'une usine de traitement d'eau potable

France marchés

Le service de l’eau potable de la CCQRGA

Communauté de communes QRGA

Les partenaires de ce projet

Agence Adour Garonne

Agence de l'eau Adour-Garonne

Les-agences-regionales-de-sante-ARS_

Agence régionale de Santé

Direction départementale des territoires_DDT-Aquagir

DDT

En savoir plus sur la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron

communes

17

habitants (en 2022)

7 848

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