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Renforcement du réseau d’eau potable pour 58 communes du Gaillacois (81)

Afin de sécuriser l’alimentation en eau potable de secteurs rencontrant des difficultés, le Syndicat mixte d’assainissement et d’eau potable du Gaillacois (SAEPG) – né de la fusion en 2019 de trois syndicats historiques du Nord-Ouest tarnais : le Syndicat de la région de Vieux (8 communes), le Syndicat de la Moyenne Vallée du Tarn (28 communes) et le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable du Gaillacois (27 communes) – a investi près de 9 millions d’euros pour construire deux nouveaux réservoirs, installer près de 18 km de canalisations, renforcer une conduite d’alimentation sujette à des casses et réhabiliter un réservoir existant.

Entretien avec François Vergnes, Président du SAEPG

Parole de collectivité
François Vergnes, Président du SAEPG – Crédits photos : Lou-Eve Popper
Distribution de l’eau

Ce projet est présenté par :

  • François Vergnes, Président du Syndicat mixte d’assainissement et d’eau potable du Gaillacois (SAEPG) et maire de Labastide-de-Lévis
Globalement, les citoyens ne se préoccupent pas de leur réseau d’eau potable, sauf quand il y a problème.
François Vergnes

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda du Syndicat mixte d’assainissement et d’eau potable du Gaillacois ?

Pendant longtemps, l’ancien Syndicat de la région de Vieux a été alimenté en eau potable via des forages karstiques. Mais à force de prélever dans ces réservoirs naturels, la qualité s’est dégradée, entraînant une insuffisance quantitative. Après avoir décidé d’abandonner ces forages, il a fallu trouver une nouvelle source d’alimentation. Nous avons donc décidé de connecter ce secteur à l’usine de traitement de Rivières, qui elle-même pompe l’eau dans la rivière Tarn. Nous avons construit deux nouveaux réservoirs, l’un à Fayssac et l’autre entre Castelnau-de-Montmirail et Gaillac, tous deux reliés à l’usine de Rivières. Dix-huit kilomètres de nouvelles canalisations ont été nécessaires pour alimenter le secteur de Vieux.

De manière générale, le Gaillacois est un secteur en pleine croissance démographique, avec beaucoup de nouveaux arrivants et une activité touristique importante l’été, ce qui imposait de toute façon de sécuriser l’alimentation en eau potable du territoire. C’est pourquoi nous avons également décidé de renforcer une conduite d’alimentation de 5 km entre Rabastens et Salvagnac. Cette conduite était souvent sujette aux casses en raison de composition en fibrociment, très fragile. Par ailleurs, nous avons souhaité réhabiliter un ancien réservoir sur la commune de Rabastens.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous nous sommes simplement appuyés sur une bonne connaissance de nos infrastructures et sur les anciens schémas directeurs d’eau potable (un nouveau schéma est en cours d’élaboration). Cela n’a rien d’extraordinaire, tout syndicat d’eau potable est à même de réaliser une gestion à long terme de la ressource, en relation avec le bloc communal qui pilote notamment l’urbanisme. La seule difficulté est de prendre la décision politique de financer tous ces travaux et donc d’assumer une augmentation des tarifs de l’eau.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?

Il est important d’avoir de la matière grise au sein du syndicat. Pour ma part, j’ai trouvé important d’engager comme directeur, un ingénieur de haut niveau ainsi que des techniciens expérimentés. Nous pouvons aussi compter sur l’expérience des bureaux d’étude qui apportent un surcroît de précisions techniques.

Globalement, les citoyens ne se préoccupent pas de leur réseau d’eau potable, sauf quand il y a problème [rires]. Pour ma part, je considère que nous avons une relation forte avec les citoyens via le Comité syndical, qui regroupe une centaine de délégués représentant les 58 communes. Par ailleurs, nous organisons régulièrement des réunions techniques avec les élus communaux. Ces derniers sont en contact direct avec la population et doivent par ailleurs rendre compte devant leur conseil municipal des décisions prises au niveau du Syndicat.

Quatre lettres d’information sont envoyées chaque année à tous les abonnés pour leur présenter à la fois les réalisations et les projets du Syndicat.

Nous entretenons aussi un lien direct avec les usagers, par courriel ou lors de leur venue dans l’un des deux accueils du public. Une réponse personnelle est adressée aux courriers et courriels envoyés au Syndicat.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Il faut distinguer les trois sous-projets.

Pour la réhabilitation du réservoir sur la commune de Rabastens et le renforcement de la conduite, la réflexion a été rapide, il y avait une nécessité technique à le faire. On avait déjà repéré le problème et les solutions.

En revanche, pour l’alimentation de la région de Vieux, il a fallu faire un choix entre trois scénarios possibles, en nous appuyant sur des études techniques et économiques. Le premier scénario était de maintenir l’ancien forage, en modifiant les conditions d’exploitation. Mais ce n’était pas suffisant, ni en termes de volume, ni en termes de qualité, nous avons donc rapidement abandonné cette option. Le deuxième scénario était de raccorder l’ancienne région de Vieux au syndicat du Lévezou, en Aveyron. Cette option était intéressante car elle permettait de se raccorder à une ressource autre que le Tarn donc d’être éventuellement plus résilients en cas de sécheresse. Cependant, il était assez compliqué, au vu de la topographie, d’amener l’eau de l’Aveyron jusqu’à Vieux et le débit disponible était modeste. Par ailleurs, en se raccordant au Lévezou, nous aurions été dépendants de leur politique tarifaire sur l’eau, ce qui pouvait constituer une fracture par rapport au reste de la population dans le Gaillacois. Enfin, le retour sur investissement montrait qu’il était plus rentable, sur le long terme, de se raccorder à l’usine de Rivières. Au final, nous avons donc choisi cette troisième option, qui était également soutenue par l’Agence de l’eau Adour-Garonne et le conseil départemental du Tarn.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

Le coût total du projet pour le raccordement de l’ancienne région de Vieux à l’usine de Rivières s’élève à 7,5 millions d’euros. L’Agence de l’eau Adour-Garonne nous a accordé 3,6 millions euros de subventions et le Conseil départemental, 800 000 euros. Concernant le renforcement de la conduite entre Salvagnac et Rabastens, le projet a coûté 1,4 millions d’euros, dont la moitié financée par l’Agence de l’eau Adour-Garonne.

La Banque des territoires nous a accordé, pour sa part, un Aquaprêt de 4 millions d’euros. Le solde est financé sur fonds propres.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

L’Agence de l’eau Adour-Garonne est investie sur les questions stratégiques et de grands équilibres entre territoires. Le conseil départemental nous a apporté un appui technique pour choisir entre le raccordement au syndicat du Lévezou ou à l’usine de Rivières. Ils nous ont expliqué que sur le plan réglementaire, cela pouvait être compliqué d’être raccordés à l’Aveyron et pouvait par ailleurs désavantager d’autres secteurs en amont. L’ARS nous a également conseillé de renoncer au raccordement avec le Lévezou dans la mesure où cela aurait impliqué de mélanger deux ressources en eau. En se raccordant à l’usine de Rivières, c’était beaucoup plus simple : accès à une ressource connue, traitée dans une usine neuve et alimentée par de nouvelles canalisations. Tout ce que l’ARS souhaite ! Nous avons aussi travaillé avec la Banque des Territoires et avec les autres opérateurs publics d’eau et d’assainissement dans le département. Nous nous sommes également appuyés sur les connaissances de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

De bien avoir en tête les différentes échelles de temps avant de prendre des décisions. Il faut pouvoir étudier toutes les pistes, ce qui prend du temps et peut créer du débat, avant de trouver la solution la plus fiable techniquement et la plus économique. De manière générale, les élus doivent pouvoir apprécier les différents enjeux à la fois politiques, géographiques et sanitaires. Quand les enjeux sont correctement présentés et discutés, la décision est unanime.

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Le projet en détails

Dates clés

2019

Intégration du syndicat de Vieux au syndicat du Gaillacois

2020-2022

Réalisation d’études préalables et choix du scénario

2023

Début des travaux pour construire les deux réservoirs

2025

Fin des travaux

Chiffres clés

800

nouveaux abonnés alimentés avec l’intégration de l’ancien Syndicat de Vieux

7,5

millions euros de coût du projet pour l’alimentation de l’ancien Syndicat de Vieux

1,4

millions de coût du projet pour la renforcement de la conduite entre Salvagnac et Rabastens

À retenir

Nous avons désormais l’assurance d’alimenter le secteur en eau dans les prochaines décennies

Nous avons lancé un projet structurant qui fait l’unanimité, malgré une augmentation du prix de l’eau

L’argent est versé uniquement à la fin des travaux, soit parfois au bout de plusieurs années, ce qui pèse sur la trésorerie du syndicat

Ressources

La Banque des Territoires finance le SAEP du Gaillacois à hauteur de 4 millions d’euros

le journal des entreprises

Tarn : La Banque des Territoires mobilise 4 M€ pour la distribution d’eau potable

Les indiscrétions

Les partenaires de ce projet

Agence Adour Garonne

Agence de l'eau Adour-Garonne

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Banque des Territoires

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Conseil départemental du Tarn

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Fédération nationale des collectivités concédantes et régies

Les-agences-regionales-de-sante-ARS_

Agence régionale de Santé

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communes

58

abonnés

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km de réseau

2 600

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