Cervione (2B), un vaste programme pour anticiper le manque de ressource
Cervione et Valle-di-Campoloro sont confrontés aux problématiques que connaît une majorité de villages de Haute-Corse. Sur leur territoire de moyenne montagne, qui s’étend jusqu’à la plaine, les effets du changement climatique se font ressentir sur l’état des forages et sur le niveau des nappes phréatiques.
Le SIVOM, qui gère la ressource et sa distribution, a ainsi entrepris depuis dix ans un vaste programme pour anticiper le manque : réhabilitation du réseau d’eau potable, protection des sources et des forages, surveillance et pilotage de la ressource par radio, renforcement du stockage, qui se matérialisera bientôt par la mise en service d’un réservoir de 520 m³ en cours de finition.
La réhabilitation du réseau d’eau potable vieillissant, la chasse aux fuites entreprise, la meilleure maîtrise des captages et des forages, ainsi que la rénovation des réservoirs en piteux état ont déjà permis d’améliorer de manière spectaculaire les pertes constatées : seulement 40 % de la ressource captée parvenaient jusque-là aux consommateurs.
Ces chantiers étaient vitaux. Le territoire des deux communes est très attractif, avec une agriculture diversifiée qui se développe — la noisette de Cervione bénéficie d’une IGP depuis 2014 — et une plaine urbanisée qui accueille de nouvelles populations, sédentaires et touristiques. Le besoin en eau double entre l’hiver et l’été. La maîtrise de la ressource devient ainsi un sujet majeur pour le développement de ce territoire rural.
Les réservoirs sont alimentés en gravitaire. Ici, la réfection de la canalisation d’arrivée d’eau depuis la montagne. - Crédit photo : Banque des Territoires
La population souhaitait ardemment la restructuration du réseau d’eau potable.
Comment la réhabilitation du réseau d’eau potable s’est-elle imposée à l’agenda du Sivom Cervione et Valle di Campoloro ?
L’état des canalisations, particulièrement vieilles et usées, l’état des captages et le manque de contrôle du débit ont motivé le lancement du projet, sachant que l’on perdait 60 % de la quantité d’eau potentiellement distribuable. Il y avait urgence à agir. Les réservoirs étaient eux aussi dans un piteux état, ce qui ajoutait à la perte d’eau constatée. Aucune régulation des niveaux ne fonctionnait. Il a fallu également recréer un réseau de surveillance par radio pour réguler les besoins en eau depuis les pompages dans les nappes phréatiques de plaine jusqu’aux réservoirs de distribution, eux-mêmes alimentés en gravitaire par les sources de montagne.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée du chantier à entreprendre ?
Un schéma directeur a été demandé à un cabinet d’études afin de quantifier les besoins et les possibilités. La suite du programme a été confiée au cabinet Bernardini, toujours en charge du suivi des travaux réalisés par TERRACO et par des entreprises locales sous-traitantes.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée ?
Elle découlait naturellement de l’élaboration du schéma directeur.
Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Tout l’aspect technique a été confié à un cabinet d’études, sous le contrôle des responsables locaux du SIVOM. Le principal enjeu concernait les droits de passage et la maîtrise du foncier. À ce titre, il faut souligner la générosité d’un habitant de la commune, qui a cédé gracieusement un terrain familial, idéalement situé pour la construction du réservoir.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
La réfection du réseau d’eau potable était ardemment souhaitée par la population. Il a été opportun de se projeter dans une augmentation des constructions et une croissance démographique, qui entraînent de fait une consommation exponentielle d’eau, imposant le dimensionnement retenu. Pour résoudre l’inconfort local de distribution, un forage a été réalisé sur la route du couvent Saint-François, dont la mise en eau sera prochainement effective.
Comment le Sivom a-t-il financé le projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
La première tranche a coûté 1 544 617,63 €.
La deuxième tranche est estimée à 2 031 457,42 €.
Le financement de la première tranche a été assuré principalement par l’Agence de l’Eau, avec le soutien de la Collectivité de Corse. Pour les fonds propres, un prêt auprès de la Caisse d’Épargne a été nécessaire.
Le financement de la seconde tranche impliquera l’Agence de l’Eau, la Collectivité de Corse, l’État et la Banque des Territoires.