La nouvelle école de Sainghin-en-Weppes (59) infiltre 100% des eaux pluviales
Cette nouvelle école, fonctionnelle et exemplaire en matière de gestion de l’eau, offre un bâtiment moderne, presque passif et autonome en électricité.
Si une étude de faisabilité a confirmé la perméabilité du sol et la capacité du site à infiltrer l’eau, la commune de Sainghin-en-Weppes, propriétaire du foncier, a souhaité intégrer toutes les réflexions citoyennes liées à la fusion de deux écoles, à l’impact sur la circulation et à l’anticipation des besoins futurs.
Un comité consultatif réunissant enseignants, parents, ATSEM, élus et services municipaux a permis de définir précisément les besoins du futur programme. L’architecte a traduit ces orientations dans un projet valorisant les ressources naturelles en cohérence avec l’objectif initial d’infiltrer 100% de l’eau pluviale.



Entretien avec Matthieu Corbillon, Maire de Sainghin-en-Weppes
Ce projet est présenté par :
- Matthieu Corbillon, Maire de la commune de Sainghin-en-Weppes
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le sujet de la gestion des eaux pluviales s’est-il imposé à l’agenda de la commune de Sainghin-en-Weppes ?
Sainghin-en-Weppes fait partie de l’intercommunalité de la Métropole Européenne de Lille qui compte 95 communes dont 29 sont sanctuarisées en tant que « Villes gardiennes de l’eau ». Ces 29 communes sont situées sur des champs captants et, de ce fait, elles ont le devoir de protéger l’eau en facilitant dès que possible son infiltration dans la nappe phréatique.
Le PLU a sanctuarisé ces 29 communes avec une attention particulière portée sur la limitation de leur étalement urbain puisqu’un arrêt total de leur extension urbaine a été décidé. C’est à partir de ce contexte réglementaire que nous avons enclenché une phase d’étude pour construire une nouvelle école maternelle à Sainghin. Nous avons intégré ces contraintes au projet en imaginant une solution qui puisse infiltrer l’eau dans le sol en évitant dès que possible le rejet vers le réseau collectif.
En parallèle, nous avons décidé d’utiliser les 14 ha de terres agricoles pour créer un parc qui permettra de tamponner l’eau et de l’infiltrer via des noues, des mares... L’objectif est d’infiltrer 100% de l’eau pluviale touchant le site de la nouvelle école.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Notre inspiration c’est avant celle des communes « Gardiennes de l’eau ». Notre volonté de départ était de faire différemment mais sans faire quelque chose de trop complexe. Nous avons souhaité construire une école fonctionnelle pour les enfants, pratique pour les parents, moderne pour les enseignants et exemplaire dans sa gestion de l’eau en essayant d’infiltrer 100% de l’eau récupérée. Nous n’avions pas d’inspiration particulière, les préconisations du cabinet ont été écoutées, discutées pour faire les meilleurs choix. Au final, en plus de sa gestion de l’eau, l’école est quasiment passive, autonome en électricité et n’a quasiment pas besoin de chauffage.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Oui, un groupement autour du cabinet d’architecture s’est mis en place. Il n’y avait pas de difficulté majeure. La présence de champs captants permettaient dès le départ d’imaginer des résultats positifs mais il fallait s’en assurer pour sécuriser le projet, son efficacité et les investissements à venir. Le seul véritable enjeu de la phase d’étude était de déterminer si le sol était assez perméable pour faciliter l’infiltration tout au long du parcours de l’eau. Il a fallu aussi étudier à quelle vitesse l’eau rejoignait la nappe et comment la tamponner aux bons endroits pour faciliter son infiltration.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
La commune avait la maîtrise foncière puisque nous avons construit sur une des 2 anciennes écoles maternelles. Nous avons associé à cette maîtrise foncière des réflexions d’ordre citoyennes et communales. La fusion de deux écoles a nécessité d’ouvrir nos réflexions pour prendre en compte l’impact sur le quartier, sur la circulation mais aussi sur une vision à moyen terme en prévoyant 2 classes supplémentaires qui pourront intégrer de nouveaux élèves dans le futur. Au-delà de ces choix, la fusion des 2 écoles a aussi permis de repenser les plans de circulation en centre-ville et d’améliorer la prise en charge des enfants.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons créé un comité consultatif dès le début de la phase d’études avec pour mission de réfléchir à la question « De quoi avons-nous besoin dans cette nouvelle école ? ».
Il était composé d’enseignants, de parents d'élèves, d’ATSEM, des élus et des services de la ville. Un programmiste a accompagné ce comité pour faciliter les avancées et valider la faisabilité des propositions. Cet œil extérieur, nous a permis de répondre à de nombreuses questions : nombre de classes, quelles surfaces pour les espaces, quelle circulation entre les bâtis, à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’école… Ça nous a permis de valider étape par étape nos réflexions. L’architecte a ensuite intégré toutes ces prérogatives pour imaginer le projet avec sa vision et des techniques faisant la part belle aux ressources naturelles : bâtis bois, isolation en paille, panneaux photovoltaïques. Le but était de rester cohérent avec l’ambition du départ autour de la préservation de l’eau.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
La MEL, la Région pour le financement des espaces dédiés aux sports associés à l’école, et l’Agence de l’eau ont apporté une aide financière à hauteur de 2,2 millions sur les 8,5 millions d'euros TTC de budget total. La partie dévoiement de l’eau, aménagement du parc, des noues, la construction de la mare, et des différents équipements représentent un peu moins de 300 000 euros du budget global. Ça ne coûte finalement pas beaucoup plus cher d’intégrer cette gestion de l’eau au projet.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
La Région, la MEL, l’Agence de l’eau, pour la phase d’études et les financements, mais aussi l’ensemble des membres du comité consultatif et les prestataires extérieurs… Nous nous appuyons aussi sur les agents de la commune pour aménager le futur parc relié à l’école.
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Le projet en détails
Dates clés
Janvier 2021
Janvier 2023
Septembre 2025
Chiffres clés
2 022
13 000
400
À retenir
Un projet référence pour les “Communes gardiennes de l’eau” au sein de la MEL
La contrainte autour de l’eau a été, au final, une vraie opportunité pour la commune
Le budget qui a dépassé l’enveloppe de départ même si nous avons été bien aidé
Ressources
Nord : Yann Arthus-Betrand à Sainghin-en-Weppes ce 4 septembre pour inaugurer la nouvelle école à son nom
france 3
Les partenaires de ce projet

Région Hauts-de-France

Métropole Européenne de Lille

Agence de l'eau Artois-Picardie
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Données de contact
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