4 dispositifs d’alerte SMS pour anticiper les inondations par l’Entente Oise Aisne (60)
L’instauration de la compétence GEMAPI en 2018 et l’adhésion des communautés de communes ont permis de compléter la stratégie « bassins » par des solutions complémentaires et plus locales.
Dans une volonté de renforcer la prévention et la préparation face au risque d’inondation, l’Entente a développé un système d’alerte par SMS, en complément de dispositifs existants tels que Vigicrues.
Spécifiquement adapté aux petits cours d’eau jusqu’alors non surveillés, ce dispositif a pour objectif d’informer rapidement les élus et les habitants en cas de précipitations susceptibles d’entraîner des débordements. Sa mise en œuvre s’appuie sur une étude hydraulique interne, ayant permis de modéliser les sous-bassins et de déterminer les seuils de déclenchement des alertes selon les conditions saisonnières et locales.



Entretien avec Marjorie ANDRE, Directrice de l’appui aux territoires
Ce projet est présenté par :
- Marjorie ANDRE, Directrice de l’appui aux territoires pour l’Entente Oise-Aisne.
Ce syndicat mixte ouvert est composé de 36 collectivités membres. Il exerce ses compétences sur l'ensemble du bassin versant de l'Oise, de l'Aisne et de leurs affluents, soit 16 934 km2. Ses problématiques concernent les risques naturels liés aux inondations par débordement de cours d'eau, ruissellement et coulées de boue, mais aussi la gestion des milieux aquatiques. L’Entente Oise-Aisne assure aussi la coordination de l'ensemble des acteurs agissant sur le grand cycle de l'eau et donne des avis sur leurs projets.
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le projet s’est-il imposé à l’agenda de l’Entente Oise-Aisne ?
Au départ basées sur, une stratégie « bassins » qui consistait en la réalisation de gros ouvrages de régulation des crues, les missions de l’Entente ont évolué au fil des ans afin de « coller » au mieux aux besoins des territoires. En 2018, avec la mise en place de la GEMAPI et l’adhésion des intercommunalités, la mise en place de solutions complémentaires et plus locales étaient attendues par nos membres. Sur la gestion du risque d’inondation, il y a plusieurs aspects à envisager : retenir les eaux, limiter les dommages, se préparer à la montée des eaux… Cette dernière option a été un fil conducteur pour la mise en place du système d’alerte SMS.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Notre objectif est d’anticiper et de prévenir habitants et élus qu’à partir d’une certaine quantité de pluie, il y a un risque de débordement. L’Oise, et son affluent l’Aisne, sont déjà placés sous surveillance avec des systèmes de vigilance tels que Vigicrues. Notre dispositif d’alerte SMS a pour objectif de compléter l’ensemble des outils et ouvrages déjà opérationnels. Notre volonté était de répondre aux attentes du terrain en nous adaptant aux petits cours d’eau qui n’étaient pas surveillés et où les habitants pouvaient se sentir démunis. Il fallait mailler là où il y avait du risque et une absence de surveillance et faire de l’ultra local en partant des particularités terrain et des risques réels sur des petits sous-bassins.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Tout a débuté avec une étude hydraulique réalisée en interne par nos ingénieurs. Les cours d’eau secondaires ont été étudiés : analyses des relevés de pluviométrie, modélisation des affluents, des cours d’eau sur les sous-bassins… Cette étude a permis de déterminer les différents seuils de déclenchement des alertes, en fonction des saisons et des particularités locales : gros orages l’été, pluies plus longues en hiver, critères d’humidité du sol… Ces informations permettent de fixer une modélisation secteur par secteur en estimant quelle quantité de pluie risque de faire déborder un cours d’eau dans une zone habitée.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Nous nous sommes appuyés sur les compétences internes de nos ingénieurs en hydraulique et hydrologie. Ils ont assuré toute la phase d’études qui a amené à la détermination des différents seuils d’alerte. En parallèle, une communication transversale pour informer et sensibiliser les habitants a été menée avec les collectivités. La transparence et la mobilisation sur le terrain sont indispensables pour déployer ce système.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
La population était en demande. Lors de forts orages, des voitures ont été submergées, des habitations et des biens touchés par les inondations. Les élus et les habitants de certains secteurs ont très rapidement exprimé l’idée de pouvoir être prévenus pour mettre en protection leurs biens. Nous sommes allés à la rencontre de la population et des communes pour adapter le dispositif au plus proche des besoins terrain. Des informations sont régulièrement diffusées pour informer et inciter les habitants à s’inscrire gratuitement. Il suffit de communiquer son numéro de téléphone pour bénéficier du service. Les données restent bien entendu confidentielles.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Pas de budget attitré, le projet a été financé par du temps agent sur les coûts généraux. Hormis le prix des abonnements aux logiciels d’envoi SMS et autres contributions aux services de Météo France, le budget annuel doit s’élever à quelques centaines d’euros. Aucun financement externe n’a été sollicité. Des pluviomètres physiques étaient déjà installés sur deux secteurs, nous les avons équipés d’un module connecté pour assurer la transmission des données en temps réel.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le projet a été totalement mené en régie par les équipes de l’Entente Oise-Aisne. Le dispositif a été déployé en 6 mois avec la participation active des élus. Nous tenons des commissions hydrographiques sur les 6 départements de nos sous-bassins, pour informer les élus et les collectivités et leur proposer notamment ce service. Notre partenariat avec Météo France était déjà installé, il nous a permis d’enclencher les choses rapidement pour modéliser nos seuils d’alerte. Les services de l’Etat ont également été informés.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.
Le projet en détails
Dates clés
2 mois de phase de diagnostic
3 mois d'étude hydrologique
1 mois
Chiffres clés
4
18
200
À retenir
Le service offert et la mise en protection de la population
La réduction des dommages aux biens
Quelques couacs techniques, entre la transmission des données et le réel, il y a parfois de fausses alertes que l’on peut réduire avec le retour d’expérience
Ressources
Les élus venus en nombre pour la présentation du dispositif d’alerte SMS pour les débordements du Ton
Entente Oise-Aisne
En savoir plus sur l’Entente Oise-Aisne
unités hydrographiques
Données de contact
Les autres projets - Prévention des inondations
4 dispositifs d’alerte SMS pour anticiper les inondations par l’Entente Oise Aisne (60)
Rachats de maisons : la stratégie de la CAPSO (62) face aux crues inédites
Sensibilisation des habitants à une crue majeure de la Garonne (47)