Construction et mise en service de l’UPEP de L'Étang-Salé à la Réunion (974)
Le projet de construction de l' Usine de Production d'Eau Potable (UPEP) de l'Etang-Salé s'inscrit dans le cadre d'un programme d'amélioration et de sécurisation de la qualité de l'eau mené par les services de l'ETAT à la Réunion.
Alimentée par le Bras de Cilaos, l’UPEP permet aujourd’hui de produire une eau conforme aux normes sanitaires, tout en intégrant une turbine hydroélectrique et une installation photovoltaïque, au service d’une gestion durable et performante.





Entretien avec Ingrid Saint-Sauveur, chargée d'opération
Ce projet est présenté par :
- Ingrid SAINT-SAUVEUR, chargée d'opération, Direction Eau Potable à la CIVIS
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment la construction et la mise en service de l’UPEP de L'Étang-Salé s’est-elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?
La construction de l'UPEP de L'Étang-Salé vient en réponse aux nouvelles exigences réglementaires et sanitaires en termes de qualité d'eau distribuée aux populations. Jusqu'alors, la population de la commune était alimentée par de l'eau brute fournie par la SAPHIR (Société d'Aménagement des Périmètres Hydroagricoles de l'Ile de la Réunion) et désinfectée au chlore avant distribution, ce qui ne répondait plus aux nouvelles exigences sanitaires. Le besoin impératif d'une eau conforme aux nouvelles normes sanitaires a donc conduit à la nécessité de disposer d’un véritable outil de potabilisation de l’eau. Le site traite désormais l'eau prélevée dans le Bras de Cilaos selon un schéma complet incluant coagulation, filtration, traitement UV et chloration finale. L’enjeu principal était de garantir une eau potable sûre et stable pour la population locale. Cette installation permet non seulement de répondre à une exigence réglementaire, mais aussi d’améliorer significativement la qualité de l’eau distribuée sur la commune. C’est donc une réponse directe à une obligation sanitaire, mais aussi un véritable levier pour moderniser le réseau et préparer les évolutions futures en matière de gestion de l’eau potable.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Le projet de l’UPEP de L’Étang-Salé trouve son origine dans une initiative communale : dès 2018-2019, la commune avait engagé des études de faisabilité et de conception pour répondre à la problématique de la qualité de l’eau distribuée. Suite au transfert de compétence opéré par la loi NOTRe, la CIVIS a hérité du dossier et s’est appuyée sur ce socle pour en assurer la mise en œuvre. Les travaux ont été lancés sur la base des études de maîtrise d’œuvre initiées par la commune, la CIVIS y apportant quelques ajustements techniques au besoin. Cette continuité de projet témoigne d’une bonne articulation entre échelons locaux. La réflexion a également été nourrie par l’expérience de projets similaires, comme celui de l’UPEP de Dassy à Saint-Pierre, qui reposait sur des principes de traitement adaptés à d’autres typologies d’eau. Enfin, l’approche de L’Étang-Salé s’est démarquée par la prise en compte précoce de la performance énergétique, avec l’intégration d’une turbine hydroélectrique et de panneaux photovoltaïques. Le projet s’est donc construit à la fois sur un héritage local, un retour d’expérience technique et une volonté affirmée d’innovation.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Oui, une étude de faisabilité a été menée en amont par la Commune de L’Étang-Salé, avant le transfert de compétence à la CIVIS. Cette étude englobait non seulement les aspects techniques de la future usine, mais aussi les premiers éléments de conception. Une fois le projet repris par la CIVIS, des ajustements ont été apportés pour optimiser le traitement de l’eau, sans remettre en cause l’orientation initiale. Le choix du procédé (coagulation, filtration sur média, traitement UV puis chloration) découle directement des caractéristiques de la ressource du Bras de Cilaos. Il s’agit d’une eau globalement stable, mais qui peut devenir turbide en période de fortes pluies. Par ailleurs, l’option retenue se distingue d’autres installations comme l’UPEP de Dassy, orientée vers une ultrafiltration mécanique. Ici, le choix s’est porté sur un traitement chimico-physique, mieux adapté aux variations de la qualité de l’eau brute. Si la CIVIS n’a pas mené elle-même l’étude de faisabilité, elle en a assuré la continuité et l’opérationnalité, en veillant à l’adéquation entre les besoins du territoire, les recommandations sanitaires de l’ARS et la maîtrise du process par l’exploitant futur.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Avant toute chose, il est crucial de bien caractériser la qualité de l’eau à traiter. À La Réunion, les ressources peuvent varier considérablement : captages, forages, eaux plus ou moins maîtrisées… Le choix du procédé de potabilisation dépend entièrement de cette donnée initiale. Deux grands types de traitements sont généralement utilisés : l’ultra-filtration, purement mécanique, ou une filtration plus classique à base de sable et d’anthracite, parfois combinée à des traitements chimiques comme la coagulation. À L’Étang-Salé, les caractéristiques de l’eau du Bras de Cilaos ont conduit à opter pour un process mixte avec chlorure ferrique, UV et chloration. Une fois ce choix arrêté, l’autre élément clé est le positionnement de l’usine : il doit tenir compte des réseaux existants, de la topographie, et favoriser autant que possible la gravité pour limiter les besoins en pompage. Ce type de projet requiert des compétences solides en génie civil, chimie de l’eau, hydraulique… que la collectivité ne détient pas toujours en interne. C’est pourquoi la CIVIS s’est appuyée sur un bureau d’études pluridisciplinaire, capable d’accompagner la conception et la réalisation jusqu’à la mise en service.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Le bon dimensionnement de l’usine repose sur une analyse fine des besoins présents et futurs de la population. L’enjeu est de calibrer les capacités de production d’eau potable en tenant compte des projections démographiques, pour éviter toute sous-dimension ou obsolescence prématurée. À L’Étang-Salé, la CIVIS s’est appuyée sur les courbes d’évolution de la population pour concevoir une installation évolutive, capable de s’adapter aux besoins futurs sans devoir être entièrement reconstruite. Ce dimensionnement prévisionnel permet d’anticiper les extensions nécessaires et d’optimiser les investissements sur le long terme. Concernant l’adhésion des citoyens, la collectivité a bénéficié d’un contexte favorable : le projet répondait à un impératif sanitaire majeur, ce qui a facilité sa compréhension et son acceptation par la population. Il ne s’agissait pas d’une opération imposée, mais bien d’une réponse attendue pour améliorer significativement la qualité de l’eau distribuée. Cette dynamique a permis une mise en œuvre sans opposition, avec une légitimité à la fois technique, sanitaire et politique.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet a été financé grâce à un montage associant fonds propres et financements publics. La CIVIS a pu mobiliser des subventions européennes via le FEDER, qui a couvert 60 % du montant total. La Région Réunion a également apporté son soutien financier à hauteur de 10 %. Le solde, soit 30 %, a été assumé sur les fonds propres de la collectivité. Cette combinaison de ressources a permis de sécuriser le financement tout en optimisant le reste à charge. Le recours au FEDER constitue un levier majeur pour les projets structurants sur le territoire, et illustre l’importance d’une ingénierie de montage solide. Cette capacité à mobiliser les aides externes a été déterminante pour permettre la réalisation de l’UPEP dans de bonnes conditions, sans retarder le calendrier initial. Le modèle de co-financement mis en place témoigne aussi de la volonté de la collectivité de s’inscrire dans une stratégie d’investissement durable et cohérente avec les objectifs européens en matière de gestion de l’eau et de transition écologique.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le projet a été mené en étroite collaboration avec plusieurs partenaires clés. L’ARS (Agence Régionale de Santé) a été un interlocuteur central dès l’origine de l’opération, en apportant son appui technique sur les choix de traitement et les exigences sanitaires à respecter. L’exploitant RUNÉO, en charge de la gestion du service d’eau potable sur la commune, a également été intégré très tôt dans la démarche. Sa connaissance du réseau et des réalités du terrain a facilité la mise en œuvre, et surtout la future prise en main de l’installation. Cette implication amont garantit une transition fluide vers l’exploitation.
La maîtrise d’œuvre a été assurée par un bureau d’études aux compétences pluridisciplinaires (génie civil, traitement de l’eau, hydraulique, énergie). Un architecte, missionné en parallèle, a contribué à la conception des bâtiments, en intégrant les contraintes ergonomiques et réglementaires du site.
Enfin, le projet s’est enrichi d’une dimension durable forte avec la mise en place d’une turbine hydroélectrique (dont l’énergie est revendue à EDF) et de panneaux photovoltaïques en autoconsommation sur les toitures. Ces dispositifs, pensés dès la conception, traduisent la volonté de la CIVIS d’optimiser l’impact environnemental et économique de l’UPEP.
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Le projet en détails
Dates clés
2018 - 2019
à partir de 2018
2019 - 2021
janvier 2023 - janvier 2025
Chiffres clés
13
3 000
24
À retenir
L’un des aspects les plus remarquables du projet est la synergie entre la production d’eau potable et la production d’énergie
Située en zone agricole, l’usine a été conçue pour s’insérer harmonieusement dans son environnement naturel
L’implantation en zone rurale a impliqué des ajustements pour l’alimentation électrique de l’usine
Ressources
L'Etang-Salé : construction d'une usine de production d'eau potable (UPEP)
zinfos974
Les partenaires de ce projet

FEDER

Région Réunion

ARS
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
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