Une mini station d'épuration à biodisque à Attignat-Oncin (73)
Pour préserver la qualité de l’eau du ruisseau de Quinze sous et, in fine, de son lac, la Communauté de communes du lac d'Aiguebelette a mis en œuvre un projet de collecte et de traitement des eaux usées domestiques pour le chef-lieu de la commune d’Attignat-Oncin.
Les systèmes d’assainissement individuels vieillissants entraînaient en effet une pollution du milieu naturel.
Un réseau de collecte a été créé pour raccorder les habitations à une nouvelle station d’épuration utilisant le procédé de biodisques. Dimensionnée pour les besoins du chef-lieu, cette petite unité de traitement semi-enterrée est aussi discrète qu’efficace.




Entretien avec Jean-Baptiste Moinot, responsable du pôle de gestion des déchets et du pôle assainissement
Ce projet est présenté par :
- Jean-Baptiste Moinot, responsable du pôle de gestion des déchets et du pôle assainissement à la Communauté de communes du Lac d’Aiguebelette (CCLA)
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de la Communauté de communes du Lac d’Aiguebelette ?
Ce projet répond à un enjeu de réduction des pollutions liées aux rejets des eaux usées d’origine domestique de la commune d’Attignat-Oncin, qui impactaient la qualité du ruisseau de Quinze sous. Nous sommes très vigilants quant à la qualité écologique de nos cours d’eau car elle impacte la qualité de l’eau de notre lac, lieu de baignade mais aussi réservoir d’eau potable.
Suite à une analyse des problématiques sanitaires et environnementales, de la faisabilité technique et des coûts, en 2019, le passage des habitations du chef-lieu de la commune d’Attignat-Oncin en assainissement collectif s’est imposé comme une priorité de notre nouveau schéma directeur d’assainissement.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Au départ, nous avons étudié la possibilité de raccorder ce réseau à notre station d’épuration de la Bridoire (10 000 équivalents habitants), mais ce projet s’avérait très coûteux en termes de construction de réseaux, et complexe, avec la nécessité de construire un poste de relevage plus conséquent. Durant la phase d’avant-projet, notre maître d’œuvre Profils Études nous a proposé une solution alternative : la création d’une petite unité de traitement à disques biologiques, dimensionnée pour les besoins du chef-lieu d’Attignat-Oncin. Le bureau d’études avait déjà suivi la mise en œuvre d’un système similaire à la Thuile en Savoie. Cette solution répondait à notre besoin, était trois fois moins coûteuse que le raccordement à notre station d’épuration et n’occasionnait aucune nuisance, en s’intégrant particulièrement bien au paysage. Nous avons opté pour cette option très adaptée à notre petit dimensionnement !
Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?
Pour un projet de cette envergure - 2 millions d’euros HT -, il faut savoir s’entourer ! Nous avons eu de nombreux échanges avec notre bureau d’études/maître d’œuvre, les services du Département, de l’État et l’Agence de l’eau. Le travail avec le BE sur le tracé du réseau a été complexe, avec beaucoup d’échanges avec les propriétaires des terrains concernés. Le volet administratif pour l’obtention des subventions est également très lourd. Enfin, la communication et la pédagogie sont essentielles pour obtenir l’adhésion, d’abord des élus, et ensuite des citoyens. Une réunion publique en mairie a permis de répondre aux nombreuses questions des usagers, elle a facilité nos échanges par la suite. Pour engager les habitants à se raccorder rapidement, nous avons fait un geste financier sur la taxe de branchement : il nous fallait une certaine quantité d’eaux usées au démarrage.
Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?
Notre bureau d'études a réalisé une étude d’avant-projet en 2023 pour vérifier sa faisabilité, arrêter le tracé de principe du réseau et recueillir les autorisations de passage des propriétaires, dimensionner la station d’épuration et définir le type de traitement. À partir de là, il a pu évaluer le coût de l’opération et réaliser les dossiers de demandes de subventions.
Pour le dimensionnement de la station d’épuration, le bureau d'études a pris en compte les 176 habitants, mais aussi la charge induite par les activités de logements touristiques. Il a également intégré les potentiels futurs habitants des terrains constructibles. Ainsi, la station est dimensionnée pour 300 équivalents habitants.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?
Le coût global de la création du réseau d’assainissement et de l’unité de traitement par disques biologiques s’élève à 2,085 millions d’euros HT. Nous avons reçu des aides de l’Agence de l’eau (890 343 d’euros HT), du Département (126 000 euros HT) et de l’État via la Dotation d’équipements des territoires ruraux (DETR : 200 000 euros HT). Notre reste à charge s’élève à 869 181€ HT.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Nous avons associé notre exploitant, Suez, qui suit le fonctionnement de l’ensemble de notre réseau d’assainissement (144 km) et celui de la station d’épuration de la Bridoire. Cela nous a permis d’affiner certains points dans la conception du réseau – par exemple le positionnement des regards pour faciliter le curage – ou, dans la station d’épuration, des détails permettant d’améliorer l’ergonomie du poste de travail.
Quels conseils donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?
Ce qui est vraiment important, au départ, c’est l’acceptation du projet par les élus et la pédagogie auprès des usagers. Une bonne compréhension du projet et des enjeux est primordiale, pour faciliter la création du réseau sur les terrains des habitants et les inciter à se raccorder rapidement.
Ensuite, l’expertise du bureau d’études est précieuse, pour la conception du projet mais aussi pour les nombreuses démarches administratives.
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Le projet en détails
Dates clés
2019
2022
mars 2024
juillet 2025
Chiffres clés
2 085 524
300
3,85
À retenir
Rustique et compact, ce système de traitement des eaux usées est intégré au paysage et n’engendre aucune nuisance, il est parfaitement dimensionné aux besoins d’une commune rurale
Le passage en assainissement collectif facilite la vie des particuliers, déchargés des problèmes de mise aux normes de leur installation d’assainissement individuel
Lors du tracé du réseau, il faut trouver des compromis avec les propriétaires pour le passage des canalisations sur les terrains
Ressources
Inauguration de la nouvelle station d’épuration de la commune d’Attignat-Oncin
CCLA
Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse

Département de la Savoie
DETR
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
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Données de contact
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