DISTRIBUTION DE L’EAU

20 km de canalisations pour en finir avec le chlorure de vinyle monomère en Touraine (37)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Du fait de la présence d’un taux élevé de chlorure de vinyle monomère (CVM), gaz toxique généré par des canalisations anciennes en PVC, le syndicat d’adduction d’eau du Richelais (Indre-et-Loire) a remplacé une vingtaine de kilomètres de conduites. En raison du risque sanitaire, l’agence régionale de santé a participé au financement avec l’agence régionale de l’eau.

Le risque sanitaire a été écarté.

Maurice Talland

Comment les travaux de remplacement des canalisations que vous avez réalisés se sont-ils imposés à l’agenda de votre collectivité ?

Le Syndicat Mixte d’Adduction d’Eau Potable (SMAEP) du Richelais (Indre-et-Loire) gère 240 kilomètres de canalisations sur neuf communes du sud de la Touraine. Une étude patrimoniale réalisée sur l’ensemble du réseau a révélé non seulement des problèmes de fuite mais aussi la présence de CVM (chlorure de vinyle monomère) dans certains secteurs, principalement dans les extrémités des circuits.

C’est la présence de gaz toxique, qui a imposé à notre collectivité la nécessité de remédier à cette situation en raison du risque sanitaire encouru par la population. Les travaux ont consisté à remplacer sur 20 kilomètres les tuyaux dégradés par de nouvelles canalisations en PVC mais de meilleure qualité et stabilité.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous avons pu prendre la mesure des risques et étudier les solutions envisageables grâce aux informations fournies par l’agence régionale de l’eau Loire-Bretagne ainsi que par l’Agence régionale de santé.

L’Agence régionale de santé avait été alertée et a participé à la fois aux études, aux réunions de concertation et au financement des travaux. Depuis l’achèvement des travaux la présence de CVM n’a plus été détectée. Le risque sanitaire a été écarté.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

En complément de l’étude patrimoniale effectuée antérieurement, une étude de faisabilité a été réalisée par le cabinet Hadès Ingénierie, basé en Touraine et spécialisée dans l’approvisionnement et le traitement de l’eaux.

L’approvisionnement en eau a été diversifié et sécurisé en complétant l’apport d’une source par un troisième forage réalisé dans la nappe du Cénomanien, une couche géologique souterraine qui constitue l’un des grands réservoirs d’eau du bassin Loire Bretagne.

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

La compétence la plus importante pour ce type d’intervention est d’avoir une très bonne connaissance du réseau local et de sa configuration. L’étude patrimoniale a permis d’affiner cette connaissance en ajoutant l’évaluation de la qualité du réseau.

Lors des phases de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Le bon dimensionnement du projet était fortement lié à la détermination des secteurs à modifier et à l’impact financier des travaux. Il n’était pas nécessaire d’engager une enquête publique. L’information aux usagers concernés a été faite directement par les services municipaux ou les entreprises.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

  • Le montant global de l’investissement s’élève à 2 millions d'euros, financés de la façon suivante :
  • Agence de l’eau Loire Bretagne : 50%
  • Agence régionale de santé : 30%
  • SMAEP du Richelais : 20%

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

  • Bureau Hades ingénierie
  • Entreprise de travaux publics Humbert
  • Laboratoire Inovalys de Tours, pour le contrôle de la qualité de l’eau.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2018

    Début des études

  2. 2022

    Mise à l'agenda du projet

  3. 2023

    Réalisation du projet

Chiffres clés

  • 2 000 000

    Coût des travaux en euros

  • 20

    kilomètres de canalisations changées

  • 40

    Nombre de lieux-dits impactés par les CVM

À retenir

  • Un réseau physique de meilleure qualité

  • Un contrôle trimestriel de la qualité de l'eau

  • Une charge financière qui a imposé d’augmenter légèrement le coût de l’eau à 2,40 € le mètre cube

  • Agence de l'Eau Loire Bretagne

  • Agence régionale de santé

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