Des captages aux compteurs, Solaro (2B) rénove son réseau d’eau potable
La régie municipale a engagé, depuis près de dix ans, un vaste programme de travaux pour sécuriser la ressource, deux captages en montagne et un forage au village, garantir le stockage grâce à la réfection des réservoirs, assurer enfin la distribution en remplaçant les conduites d’un réseau tentaculaire et vieillissant après plus de 60 ans de service.
Cette campagne, réalisée en plusieurs phases, nécessite un investissement de près de 1,5M€. Elle porte déjà ses fruits. La distribution n’est plus affectée par des incidents réguliers. Les pertes sur le réseau ont été considérablement réduites. La pose de compteurs chez les abonnés permet d’entrevoir maintenant une facturation – encore réalisée au forfait – plus juste des volumes consommés.
Elle a permis aussi de remettre à flot une régie municipale à laquelle le maire de Solaro reste attaché. Elle permet une maîtrise complète pour finir de rénover le réseau d’adduction d’eau potable du village et des hameaux, selon les priorités définies dans le schéma directeur.







Entretien avec Guy Moulin Paoli, maire de Solaro
Ce projet est présenté par :
- Guy Moulin Paoli, maire de Solaro depuis 2020
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment la rénovation du réseau d’eau potable s’est-elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?
Sur les flancs du massif du Monte Incudine, Solaro a les traits et la géographie de beaucoup de communes en Corse : un territoire vaste – plus de 9000 ha - un village suffisamment perché pour offrir une vue dégagée sur la plaine et la mer, un chapelet de hameaux qui descend jusqu’au littoral, un bord de mer peuplé et à l’habitat plus dense qui, outre les Solarais qui s’y sont fixés, accueille les touristes en saison.
Montagne et mer sur une même carte postale, et une gestion de l’adduction d’eau potable qui se partage selon les mêmes lignes : une régie municipale pour le village et les hameaux, et un Sivu, celui du Cavu, pour la plaine.
La rénovation du réseau d’eau s’est imposée de manière presque naturelle. Le réseau d’eau de la commune, stockage et distribution, datant d’une soixantaine d’années, était obsolète, avec de nombreux accidents et des taux de fuites importants, nécessitant des interventions onéreuses qui ne réglaient pas le problème de fond. Dès les années 2008-2010, l’élaboration d’un premier schéma directeur de l’eau a mis en évidence la nécessité de remettre à niveau l’ensemble du réseau. La priorité a été donnée à la sécurisation de la conduite au niveau des captages et ensuite à la distribution dans le village, la réfection de la conduite d’adduction principale et celle de la distribution des hameaux étant programmée à la suite.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
On ne peut pas parler de source d’inspiration. Plutôt d’une réalité qui s’est imposée à nous : le schéma directeur, l’expertise du maître d’œuvre.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Le schéma directeur d’eau potable du village de Solaro et des hameaux de Tribbiu, Pianellu, Arinella, Punta, Pianiccia et Jucatoju a été révisé. C’est lui qui est mis en œuvre depuis plus de 8 ans.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Je suis médecin, spécialiste de tuyaux, mais pas de ceux-là (rires). Je dois dire que s’il n’y avait pas eu les compétences individuelles d’un de mes adjoints, connaissant parfaitement le réseau de la commune et le suivi de travaux, cela aurait été compliqué. Il a pu discuter avec le bureau d’études dont le rôle est essentiel et le maître d’œuvre. La bonne compétence naît de ces échanges.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la commune de Solaro a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Le bon dimensionnement pour une commune comme la nôtre, c’est d’abord d’avoir la lucidité de diviser en plusieurs phases la mise en œuvre d’un schéma directeur. D’en avoir déterminé les priorités, ce qui sur le plan financier est indispensable, pour ne pas avoir un reste à charge monumental à assumer, même si on a toujours été bien aidé. D’où l’intérêt de découper le projet, pour travailler sereinement.
L’adhésion des administrés, c’est un autre sujet. Elle tient à la qualité de l’eau distribuée, et de ce côté-là nous n’avons pas de problème. Et, de manière plus terre-à-terre encore, au mode de facturation. Celle-ci a été interrompue pendant sept ans pour diverses raisons, jusqu’à sa reprise par le paiement au forfait en 2020, au moment où je suis devenu maire, avec rattrapage des trois années qui précédaient. A 99%, le principe a été accepté par la population. Les finances de la régie étaient au fond du trou, et nous avons su expliquer que faire payer l’eau était nécessaire, pour continuer à investir et à entretenir le réseau.
Aujourd’hui, les seules remarques viennent du fait que l’eau n’est pas encore facturée à la consommation réelle, mais au forfait. Ce sera le cas lorsque tous les compteurs auront été posés chez tous les abonnés, un peu plus de 250 pour le village et les hameaux.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Par l’obtention des aides : 70 % par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, 20% par la Collectivité de Corse pour les travaux sur le réseau de l’eau et 80 % pour la pose des compteurs, le fonds vert de l’Etat est intervenu à 80% sur les bornes d’incendies, ce qui laisse un peu moins de 10% d’autofinancement.
Pour la nouvelle phase du projet, nous avons sollicité la Banque des Territoires qui nous a octroyé un emprunt de 89 000 €, soit 10% du financement.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la commune de Solaro dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le Bureau d’Études TPAE, implanté à Ajaccio, et un suivi et des contacts permanents avec l’Agence de l’Eau et les services de la Collectivité de Corse. Sur la pertinence, le dimensionnement du projet, il ne s’est trouvé personne pour dire que l’investissement était démesuré pour une commune comme Solaro. Je le répète : sur ces dossiers liés à l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement des eaux usées, une commune rurale comme la nôtre est bien aidée.
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Le projet en détails
Dates clés
2015
2017 - 2018
2020 - 2023
mars 2025
Chiffres clés
440 000
991 000
10
À retenir
Nos besoins ont été bien compris et pris en charge par les financeurs
Nous faisons des économies substantielles sur la consommation d’eau, avec moins de gaspillage et de fuites et avons sécurisé la distribution d’eau. Nous avons par le passé, avant 2020, connu des ruptures. Une coupure d’eau qui dure, c’est une catastrophe
Si nous avions pu aller plus vite, cela aurait été mieux. Il est essentiel de refaire le réseau, avant de penser à qui exerce la compétence eau
Ressources
Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Rhône Méditerrannée Corse

Collectivité de Corse
Banque des Territoires
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
En savoir plus sur Solaro (2B)
habitants desservis en eau potable par la régie municipale
Données de contact
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