La Communauté de communes Caux-Austreberthe (76) fait appel à des chiens renifleurs pour détecter les fuites d’eau
Avec son partenaire en délégation de service public Veolia, la Communauté de communes Caux-Austreberthe a mené une opération de détection des fuites d’eau sur son réseau de canalisation début 2025. Une brigade de chiens et leurs maîtres, formés à détecter les odeurs de chlore utilisées à faible dose dans le réseau d'eau potable, se sont déplacés pendant trois jours sur des secteurs prédéfinis.
Cette méthode a permis d’identifier 12 zones suspectes, sur lesquelles 7 fuites ont été découvertes.





Entretien avec Laurent Ouillon et Nicolas Gaillet
Ce projet est présenté par :
- Laurent Ouillon, responsable du service technique, eau et assainissement sur la CC Caux-Austreberthe.
- Nicolas Gaillet, directeur de la transition écologique & solidaire de la CC Caux-Austreberthe.
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment ce partenariat avec Veolia s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Sur la Communauté de communes Caux-Austreberthe, le captage de Limésy a été classé prioritaire par le Grenelle de l’Environnement en 2009. Afin de développer notre politique de la sobriété dans notre gestion de l’eau, nous entreprenons un ensemble d’actions pour préserver la qualité de cette eau : en travaillant avec des agriculteurs pour réduire les intrants et produits phytosanitaires sur la zone de captage, par exemple. Nous avons également à cœur d’assurer une distribution sans perte.
Un plan d’action en plusieurs axes a été mis en place pour améliorer le taux de rendement du réseau, qui s’établit actuellement à 79%. Notre objectif est fixé à 83 % sur la zone de distribution de l’usine de Limésy, soit un taux de rendement supérieur au seuil réglementaire.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies ?
Jusqu’ici, nous utilisions la recherche acoustique, notamment avec des systèmes électroniques qui écoutent le bruit des canalisations pendant la nuit pour vérifier la baisse de rendement, liée à la baisse d’utilisation. Afin d’améliorer nos rendements, Veolia nous a proposé de tester de nouveaux systèmes. C’est dans ce cadre que nous avons été invités en 2024 lors d’une présentation de chiens capables de détecter des fuites d’eau sur un réseau de canalisation, dans une autre commune. A l'époque, nous ne connaissions pas du tout cette technique. On a fait confiance au délégataire qui annonçait des résultats assez satisfaisants lors de cette réunion. Le partenariat a ainsi été conclu début 2025, avec une intervention sur le terrain au mois de février.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
L’opération a été menée sur différents secteurs qui ont été préalablement sélectionnés. Nous avons choisi des zones où nous avons des difficultés à trouver des fuites. Un des avantages du chien c’est qu’il peut découvrir une fuite dans une zone déjà inondée, ce qui n’est pas simple avec les méthodes classiques. Comme le chien détecte la différence d'odeur du chlore présent en faible quantité dans l'eau potable, il est capable de trouver une fuite même en zone inondée.
Il fallait aussi choisir des zones qui ne soient pas trop actives en termes de piétons, de circulation, pour permettre au chien de divaguer dans sa recherche. Plutôt en zones rurales, dans des champs, sur des chemins… Nous avons sélectionné trois secteurs : la vallée de l’Austreberthe entre Pavilly et Sainte-Austreberthe ; la vallée du Saffimbec et de la route de Becquigny à Limésy ; et au niveau d’une partie des canalisations de refoulement/distribution sur le haut service de Limésy.
Nous avons aussi pris quelques mois le temps de prendre le rendez-vous avec cette brigade canine, très prisée puisqu’une des seules à proposer ce service en France. L'intervention a été calée sur 3 jours avec plusieurs chiens.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
La gestion de l'eau et la maîtrise du rendement, c'est pleinement la compétence de la Communauté de communes. Sur ce volet, nous travaillons en pleine collaboration avec notre délégataire Veolia pour construire ensemble des solutions pour obtenir un bon rendement.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
En termes de communication, il y a eu un relais presse, parce qu'évidemment c’est une méthode qui interpelle les riverains. Ça nous a permis aussi de parler de la sobriété, de sensibiliser les habitants pour montrer comment on agit sur notre réseau, et les interpeller sur leur propre consommation. Nous n’avons pas fait de communication spécifique vers les riverains concernés, car l'opération n'a pas occasionné de dérangement, puisque c'était plutôt en zone rurale. Nous avons simplement fait un petit communiqué sur Facebook.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Nous n’avons pas sollicité d’aides, tout simplement parce qu'étant au contrat de délégation de services publics, les aides de l'agence de défense sont complexes à diriger vers les délégataires. Cela a totalement été intégré au montant global de la délégation de service publique.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Sur l'ensemble du projet, nous avons été accompagnés par un assistant à maîtrise d'ouvrage qui est le cabinet d'études IC Eau. Celui-ci avait pour mission de réaliser un contrôle technique et financier de la DSP, ainsi que des missions de conseil pour la Communauté de communes. Pour la brigade de chiens il s’agit de particuliers, sous contrat avec Veolia : l’entreprise K9-Cyno-Consultant.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.
Le projet en détails
Dates clés
Octobre 2024
Février 2025
Mars 2025
Mars 2026
Chiffres clés
7 800
6
78
À retenir
C’est un vecteur assez sympathique pour communiquer, ainsi qu’un gain de temps.
C’est une méthode qui permet aussi de détecter des fuites en devenir, grâce à la sensibilité du chien.
C'est plus cher et c'est plus lourd parce que ça demande beaucoup de temps pour l'organiser.
Ressources
Près de Rouen, des chiens renifleurs partent à la recherche des fuites d’eau
Paris Normandie
Les partenaires de ce projet

Veolia

K9-Cyno-Consultant
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
En savoir plus sur la CC Caux Austreberthe
habitants
communes membres
Données de contact
Les autres projets - Distribution de l’eau
La Communauté de communes Caux-Austreberthe (76) fait appel à des chiens renifleurs pour détecter les fuites d’eau
Le Sicoval (31) mise sur le nouveau château d'eau Rebigue 2 pour l’avenir
A Houat et Hoëdic (56), l’eau potable demeure une ressource sensible et fragile