Technologie de pointe et mutualisation pour le renouvellement des réseaux d’eau de Brest Métropole (29)
Pour piloter le renouvellement des réseaux d’eau de Brest Métropole, la Société publique locale Eau du Ponant, s’appuie sur un diagnostic patrimonial précis et actualisé avec des technologies de pointe (robot immergé, prélocalisation acoustique… ).
La modélisation des données par l’intelligence artificielle définit les priorités.
Pour limiter les nuisances, Eau du Ponant programme au maximum ses chantiers dans la temporalité d’autres interventions sur le domaine public.






Entretien avec Noémie Saint-Hilary et Jean-François Menez
Ce projet est présenté par :
- Noémie Saint-Hilary, Directrice d’Eau du Ponant, Société publique locale
- Jean-François Menez, Responsable de territoire Brest Métropole chez Eau du Ponant
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda d'Eau du Ponant ?
Noémie Saint-Hilary : Comme souvent, les réseaux d’eau du territoire datent de l’après-guerre. Ils sont devenus vétustes. Brest Métropole a confié le programme de renouvellement à Eau du Ponant.
Comme cela représente une densité de travaux et que nous voulons qu’ils restent acceptables pour la population, nous profitons des grosses opérations sur la voirie pour mutualiser la nuisance. Nous glissons les interventions de renouvellement de réseaux dans la temporalité d’autres chantiers. Pour celui du tramway, par exemple, nous nous sommes coordonnés entre concessionnaires de réseaux pour planifier les interventions afin de réduire les nuisances sur l’espace publique.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Noémie Saint-Hilary : Nous effectuons une veille technologique et faisons partie de réseaux nationaux et européens de la gestion de l’eau ainsi que d’un réseau régional dédié à la réhabilitation des réseaux d’assainissement. Via ce dernier, au-delà de nous tenir informés, nous contribuons à la définition de standards pour la fiabilité des travaux.
Et, bien sûr, nous nous appuyons également sur un réseau d’entreprises partenaires, dans le respect des règles de la commande publique. Le fait d’intervenir pour les collectivités donne un regard plus systémique qui permet de comparer les technologies.
Enfin, au sein d’Eau du Ponant, une attention particulière est accordée à ce que chacun maintienne et développe son expertise, avec notamment un plan de formation ambitieux.
Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?
Noémie Saint-Hilary : Plus le projet et la coordination sont complexes, plus il faut des compétences et de la ressource, expérimentée. Précisément c’est ce que nous sommes en mesure d’apporter aux collectivités qui nous font confiance.
Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?
Noémie Saint-Hilary : Nous analysons en permanence le positionnement et l’état des réseaux d’eau (connaissance patrimoniale). Les données orientent le travail des maîtres d’œuvre de façon plus ciblées. Par exemple, choisir des compétences plus adaptées à tel type de matériau de conduite d’eau pour une intervention.
Dans le cas d’un renouvellement de réseaux concomitant à un autre chantier (tramway…) la coordination, les interactions et le respect strict du calendrier sont essentiels. Tout glissement dans le calendrier d’un chantier peut avoir des conséquences pour le calendrier de l’autre, au niveau technique mais aussi de l’arbitrage.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?
Jean-François Menez : Le programme de renouvellement des réseaux est autofinancé avec une subvention de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne dans le cadre des travaux de réhabilitation des réseaux d’assainissement à l’origine de déversement d’eaux usées au milieu naturel.
A noter que la Banque des Territoires a consenti à la société publique locale (SPL) Eau du Ponant un prêt de 18,6 M€ sur 40 ans pour, à l’occasion des travaux de création des nouvelles lignes de tram et de bus, déplacer et renouveler les réseaux d’eau potable et d’eaux usées sur le tracé des lignes afin de fiabiliser le réseau, améliorer l’étanchéité et l’écoulement, et réduire les risques.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Jean-François Menez : Pour la préparation du programme, nos équipes d’ingénierie ont été assistées par une société conseil sur le volet stratégie financière. Au stade de la mise en œuvre du programme, nos équipes d’ingénierie et de travaux ont été assistées, en sous-traitance de capacité, par des bureaux d’études eau et environnement, pour assurer la maitrise d’œuvre des travaux et par des entreprises de travaux publics.
Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?
Noémie Saint Hilary : La définition d’un programme pluriannuel de renouvellement de réseaux d’eau nécessite de mener une étude patrimoniale préalable (mise à jour d’inventaire et diagnostic) tenue à jour dans le cadre d’une démarche de diagnostic permanent. Il est également essentiel d’intégrer une démarche de coordination des interventions sur l’espace public permettant de croiser les enjeux patrimoniaux de voirie avec les enjeux patrimoniaux sanitaires et environnementaux, propres aux services d’eau et d’assainissement.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.
Le projet en détails
Dates clés
Juin 2022
Décembre 2024
Décembre 2025
Chiffres clés
10,6
1
1
À retenir
Soulignons qu’il y a un engagement très fort de Brest Métropole pour le renouvellement des réseaux, assumant des trajectoires de prix de l’eau qui peuvent aller à la hausse
Le modèle de Société publique locale (SPL) et donc de gestion de l’eau pour plusieurs territoires permet la mutualisation des connaissances et des ressources qui amènent des économies, une approche à l’échelle de bassin versant et la mise en place de solidarités de territoires
D’une façon générale, la tolérance à la nuisance est de moins en moins élevée. De fait, comment aller au bout des ambitions tout en préservant la vie quotidienne et sans transiger sur les enjeux de sécurité ?
Ressources
France : la BEI soutient la société publique locale Eau du Ponant pour la modernisation de son réseau d’eau et son adaptation au changement climatique
BEI
Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Loire-Bretagne
Banque des Territoires
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