Remise à ciel ouvert du Heylenbach à Wasselonne (67)
A Wasselonne (67), le Heylenbach était depuis les années 80 canalisé et invisible du grand public.
A la suite de fortes inondations survenues en 2016, le projet est né de remettre ce cours d’eau, affluent de la Mossig, à ciel ouvert.
Un projet ambitieux accompagné de nombreuses mesures – création d’un cheminement piétonnier avec pose d’une passerelle, plantation d’espèces locales, reméandrage, prévention et suivi des crues… - que peuvent désormais s’approprier les habitants de la ville.





Entretien avec Frédéric Schaeffer, chargé de mission Milieux Aquatiques
Ce projet est présenté par :
- Frédéric Schaeffer, Chargé de mission Milieux Aquatiques au Syndicat mixte du Bassin Bruche Mossig
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le sujet de la remise à ciel ouvert du Heylenbach s’est-il imposé à l'agenda du syndicat ?
Le projet a démarré en 2022, mais sa genèse est à situer à la création de notre syndicat en 2019 : à cette époque, nous cherchions un projet ambitieux à mener sur notre territoire de compétences, notamment en réponse aux inondations qui avaient touché et fortement impacté la ville de Wasselonne en 2016. Le cours d’eau du Heylenbach avait à l’époque débordé et cassé la chaussée, conséquence directe de sa canalisation sous la ville sur une portion d’un kilomètre.
L’enjeu de ce projet n’étant pas tant de créer une zone d’extension de crue – la partie aval du cours d’eau demeure sous la ville, et il est impossible de la remettre à ciel ouvert – que d’amener un angle de restauration écologique, en améliorant la qualité des milieux mais également en faisant prendre conscience à la population de l’existence du Heylenbach. Beaucoup de citoyens, à l’époque des inondations, ne savaient même pas que leur habitation était située à côté voire au-dessus d’un cours d’eau.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous savions qu’une remise à ciel ouvert d’un cours d’eau fait partie des leviers d’actions qui ont du sens, notamment dans un cadre urbanisé. Nous avons bien sûr puisé notre inspiration dans la réalisation de projets similaires, dont la découverture de la Chiers à Longwy ; mais nous avons aussi souhaité insister sur le volet prise de conscience : à ce titre, nous avons fait appel à une paysagiste en faisant le pari d’aménager un cheminement piéton complété par une passerelle pour franchir le cours d’eau : ce projet nous a permis aussi de convaincre politiquement, puisque la zone plutôt délaissée jusque-là (constituée alors d’un skatepark, d’un city-stade et d’une friche) pouvait devenir un ilot de fraicheur végétalisé.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Plusieurs études ont été réalisées en amont du chantier : les études faune et flore obligatoires, mais aussi l’étude zone humide dont la réglementation avait évolué en cours de projet : nous devions vérifier l’emprise de la zone humide et prouver que nous amènerions une amélioration de la fonctionnalité. Une étude géotechnique sur la constitution des sols a également été menée, en raison des pentes abruptes des nouvelles berges. Enfin, une étude sur la pollution des sols a aussi été réalisée.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Ce type de projet est complexe, d’où l’importance de s’entourer d’une bonne maîtrise d’œuvre, d’une part pour la partie technique concernant les calculs hydrauliques, le constructif, la prévention des inondations, etc. Mais aussi pour une compréhension plus globale des différentes portes d’entrée d’un projet comme celui-ci : nous avons travaillé sur des problématiques d’implantation de végétaux locaux, de Trame Verte, ou encore de haies sèches. Il s’agit donc de valoriser la dimension technico-écologique du projet sans oublier tous les différents volets que permet d’ouvrir un chantier comme celui-ci.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment votre syndicat a-t-il assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Comme cela se fait traditionnellement, nous avions retenus deux scénarios pour ce projet, l’un plutôt ambitieux (un reméandrage maximum, plus de terrassements, d’aménagements mais aussi plus de maîtrise foncière), l’autre avec moins d’ambition sur le foncier et les travaux, mais tout en gardant un maximum de sens dans le projet.
Finalement, nous nous sommes aperçus qu’au vu des contraintes techniques et foncières, les deux scénarios ne présentaient pas une si grande différence : le site visé concernait une dominante de foncier communal et nos financeurs nous encourageaient à justement être ambitieux. Il nous a bien sûr fallu convaincre politiquement, mais nous avons pu présenter un chantier qu’élus et habitants ont pu s’approprier, puisque tous avaient vécu les inondations et souhaitaient soutenir une initiative comme celle-ci.
Dès la phase d’études, nous avons donc communiqué sur notre site internet et nos réseaux sociaux, ce que la mairie de Wasselonne a également fait de son côté.
Comment le syndicat a-t-il financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
L’Agence de l’Eau a financé le projet à 60% et la Région Grand Est à hauteur de 20%. La maitrise d’ouvrage était partagée par deux acteurs, puisque certains travaux – dont la pose de la passerelle piétonne – concernaient directement la Mairie de Wasselonne, qui a pris à sa charge 1% du projet ; les 19% restant étaient à la charge de notre syndicat.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le syndicat dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le bureau d’étude Antea Group / IRH nous a accompagné pour la partie études. Digitale Paysage a géré l’aspect paysager des travaux. Les entreprises Terelian et Sethy, des filiales du groupe Vinci, ont assuré les travaux de ce projet.
La Mairie de Wasselonne, la Région Grand Est ont accompagné l’ensemble des opérations et le comité de pilotage du projet a été mené conjointement avec la DDT et l’EFB.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.
Le projet en détails
Dates clés
2019 - 2021
2021 - 2023
2022 - 2024
2024 - 2025
Chiffres clés
7 500
430
730
À retenir
Nous constatons aujourd’hui que l’appropriation par la faune se développe, avec la présence de grenouilles et de libellules
Nous sommes aussi heureux de voir que des habitants se promènent sur les cheminements créés à chaque fois que nous nous y rendons
Le projet n’est pas complètement achevé et il reste évidemment quelques points à surveiller, du côté de la végétation notamment
Ressources
Le jour où le ruisseau du Heylenbach est né une seconde fois
Dernières Nouvelles d'Alsace
Les partenaires de ce projet
Agence de l'eau Rhin-Meuse

Région Grand Est
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
En savoir plus sur Wasselonne
habitants
Données de contact
Les autres projets - Gestion des milieux aquatiques
Remise à ciel ouvert du Heylenbach à Wasselonne (67)
A Valréas, la mairie rachète un lac pour préserver un site emblématique (84)
Sarlat et le changement climatique : la place du ruisseau urbain (24)



