A Valréas, la mairie rachète un lac pour préserver un site emblématique (84)
En mars 2024, la commune de Valréas (9 700 habitants, Vaucluse) a racheté un lac de 2 hectares en cœur de ville pour 350 000 €.
Ce Site patrimonial remarquable (SPR), sera rouvert au public début 2026.
Un projet emblématique de reconquête du patrimoine naturel, soutenu par la région Sud et l’État, alliant mémoire locale, biodiversité et éducation à l’environnement.
Né d’une ancienne carrière comblée naturellement, la lac de Valréas, plan d’eau de deux hectares abrite une biodiversité riche : poissons, libellules et végétation rivulaire typique des zones humides. - Crédit photo : Mairie de Valréas
L’achat de ce lac est un projet de transmission : il redonne aux habitants un morceau de leur histoire et inscrit la ville dans une démarche de transition écologique.
Comment le projet de racheter un lac s’est-il imposé à votre collectivité ?
L’opportunité est venue d’une mise en vente d’un bien privé : un lac de deux hectares et un ancien restaurant, situés en plein cœur de ville. Il s’agit d’un site historique auquel les habitants sont très attachés : beaucoup, parmi les plus anciens, s’y baignaient dans leur jeunesse. Quand la vente a été annoncée, le maire et les élus ont immédiatement décidé de préempter le bien pour qu’il redevienne propriété communale. Le projet s’est concrétisé avec un vote favorable, à l’unanimité, du conseil municipal le 26 mars 2024. L’objectif n’était pas directement lié au PLU, mais à la valorisation du patrimoine naturel et historique de la commune.
Quelles sources d’inspiration ont guidé votre réflexion ?
Nous n’avons pas cherché à reproduire l’exemple d’une autre collectivité. Le projet est né de la conviction que ce site faisait partie intégrante de l’identité de Valréas et devait revenir au domaine public. C’est un lac issu d’une ancienne carrière, alimentée naturellement depuis le début du XXᵉ siècle. Ce caractère singulier justifiait à lui seul une démarche de préservation et de valorisation.
Une étude de faisabilité a-t-elle été menée ?
Pas encore formellement. Nous avons commencé par réhabiliter le bâtiment de restauration pour environ 100 000 €, puis nous lancerons en 2025 une étude sur la revalorisation écologique du site : curage, nettoyage et aménagements pédagogiques pour les scolaires.
Quelles compétences ou précautions faut-il mobiliser pour un tel projet ?
Nous travaillons sur plusieurs axes : la sécurisation du site, puisqu’il est classé SPR (site patrimonial remarquable), la préservation de la biodiversité (poissons, libellules, faune typique des zones humides) et enfin la concertation avec les habitants, même si elle s’est révélée spontanément positive : tout le monde a salué l’initiative.
Comment le projet a-t-il été financé ?
Le prix d’achat s’élève à 350 000 euros, auxquels s’ajoutent environ 100 000 euros d’aménagements initiaux. Nous avons obtenu une subvention de 110 000 euros de la région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi qu’une aide de 100 000 € de l’État. Nous avons également bénéficié d'un aquaprêt de 68 000 € accordé par la Banque des Territoires.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la commune de Valréas ?
Les services techniques municipaux pilotent directement les travaux. Une association locale de pêche sera prochainement créée pour gérer les activités autour du plan d’eau.