GESTION DES MILIEUX AQUATIQUES

Restauration du ruisseau du Londeau à Cerisé (61)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Dans le cadre d’un Contrat territorial milieux aquatiques (CTMA), la Communauté Urbaine d’Alençon a mené des travaux visant à restaurer la morphologie du cours d’eau du Londeau, Cerisé (Orne). Des arbres ont été plantés, des granulats ont été ajoutés et le tracé du lit du ruisseau a été modifié pour améliorer la circulation des espèces piscicoles et l’écoulement de l’eau.

Ces opérations ont permis à la fois de réduire le risque d’inondation lors de fortes intempéries tout en préservant la qualité du milieu : deux enjeux au cœur de la compétence GEMAPI, confiée aux intercommunalités depuis 2018.

Ces actions de restauration de milieux aquatiques sont aujourd’hui courantes et ont fait l'objet d’une importante documentation, à laquelle il est possible de se référer.

Comment ce projet de restauration s’est-il imposé à l’agenda de la Communauté urbaine d'Alençon ?

Au fil des époques et au gré des usages de l’eau, le ruisseau du Londeau a subi de nombreuses transformations. Son lit a été déplacé pour les besoins en alimentation d’eau des moulins puis il a été creusé et aligné pour satisfaire au drainage des terres agricoles mises en culture. Ces différentes opérations ont entraîné des modifications importantes dans le fonctionnement du cours d’eau.

Le projet de restauration de son lit a été mené dans le cadre d’un plan d'action global, identifié sur certaines masses d’eau qui étaient très clairement en difficulté et pouvaient être améliorées rapidement avec des actions probantes.

Ce cours d’eau était rectiligne, taillé dans le brut, avec des répercussions d'inondation notamment sur la route communale accolée, ainsi qu’avec une incapacité à développer de la biodiversité. Le projet s’est imposé pour ces raisons-là. C’est un petit cours d’eau, un affluent de la Sarthe qui a lui seul n’est pas considéré comme une masse d'eau mais qui a pourtant de grandes fluctuations de débit au cours de l’année, en fonction des pluies sur le bassin. Dans le cadre du plan d'action GEMAPI, nous avons donc mis la priorité sur ce cours d’eau.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous avons multiplié les sources. L’étude du milieu naturel en lui-même a permis d’appréhender ces travaux, avec des études hydromorphologiques et de terrain pour respecter au mieux l’ancien lit du cours d’eau. Il faut savoir que ces actions de restauration de milieux aquatiques sont aujourd’hui courantes et ont fait l'objet d’une importante documentation.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée ?

Des études préalable et d'impact ont été menées pendant près d’un an, avec une mesure de la faune et de la flore présentes sur le milieu. Le Bureau d’études Sinbio Scop s’est occupé de cette étude d’impact sur le milieu aquatique, ce qui nous a permis de choisir les meilleures techniques de restauration en fonction de la problématique locale. Il y a eu également toutes les démarches administratives, juridiques et techniques. Il faut compléter de nombreux dossiers. Les services doivent passer beaucoup de temps sur site en amont du projet puis après pour s’assurer de la tenue dans le temps de travaux et l’efficacité.

Nous n’avons pas eu besoin de mener une enquête publique, car un dossier avait déjà été constitué par la Communauté urbaine d’Alençon dans le cadre de son Programme d’action pluriannuel.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?

En tant qu'élu, il faut savoir s’appuyer sur les compétences de service, être à l’écoute des enjeux et avoir de l'intérêt pour ce qu’il se passe. Il y a tout un aspect autour de la discussion et de l'échange avec les autres élus, pour amener à comprendre l'intérêt de ce type de travaux pour ceux qui n’ont pas cette compétence en délégation. Il est également important de connaître les milieux aquatiques et la biodiversité, ainsi que le volet administratif qui en découle. Il faut être un peu au fait de la loi Eau, des logiciels d’application et faire un gros travail de pédagogie sur les détails techniques auprès des intervenants.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la Communauté urbaine d'Alençon a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Avant les travaux, il y a eu une présentation de chantier à l'ensemble des élus pour qu’ils puissent transmettre aux habitants les informations associées lors de leurs conseils municipaux respectifs. A l’issue des travaux, nous avons posé des panneaux pédagogiques à l'entrée du cours d'eau pour rappeler la biodiversité présente, la vie du cours d’eau et l'intérêt des travaux avec les financeurs indiqués. Il y a aussi eu une visite de restitution de chantier en compagnie des élus et des partenaires, accompagné d’un bel article dans notre magazine communautaire CUA Magazine, avec une vraie mise en valeur de l’action.

Le projet n’ayant pas d’impact quotidien sur la vie des habitants, il n’y a pas eu de communication pendant les travaux. Nous avons entrepris auparavant un grand travail de concertation avec les riverains propriétaires des terrains sur lequel nous avons réalisé les travaux. C’est un vrai temps à prendre avec la rédaction puis la récupération des signatures des conventions autorisant les travaux auprès des propriétaires.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le budget total de 37 900 € a été financé à 80% par des aides dont 50 % par l’Agence de l’eau Loire – Bretagne, 15% par la région Normandie et 15% par le Conseil départemental de l’Orne.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la Communauté urbaine d'Alençon dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Nos compétences sont assez récentes à l'échelle de la vie d’une collectivité. Il était donc nécessaire de collaborer avec plusieurs acteurs, tels que La Région, le Conseil départemental, l’Office français de la biodiversité (OFB), la Direction départementale des territoires (DDT), l'Établissement Public Territorial du Bassin de la Sarthe (EPTB Sarthe) et la Fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques de l’Orne.

Le projet en détails

Dates clés

  1. juillet 2020 - mars 2022

    Etude avant-projet

  2. 2 mai 2022

    Dépôt du dossier d’autorisation

  3. 22 novembre 2022

    Autorisation administrative des travaux

  4. 11 - 20 septembre 2023

    Réalisation des travaux

Chiffres clés

  • 1 200

    mètres de cours d’eau concernés

  • 710

    tonnes de granulats disposés dans le lit

  • 300

    m3 de terre déplacées pour le talutage des berges

À retenir

  • Le projet a été bien accepté et compris par les élus et les riverains, et le rendu est au rendez-vous de ce que nous attendions

  • Le biotope est maintenant nettement plus accueillant pour la faune et la flore, et on observe une amélioration de la qualité de l’eau avec un aspect paysager mieux intégré

  • Nous aurions aimé aller plus loin, avec un projet encore plus ambitieux qui aurait pris en compte encore plus de linéaire, mais avec mécaniquement plus de contraintes foncières

  • Agence de l'eau Loire-Bretagne

  • Région Normandie

  • Conseil départemental de l'Orne

  • Office français de la Biodiversité

  • Direction Départementale des Territoires

  • Fédération de la pêche de l'Orne

  • EPTB Sarthe

VOUS ÊTES PASSÉS À L'ACTION SUR LA GESTION DES EAUX ?

Partager mon expérience