Albert (80) conjugue l’utile et l’agréable avec un bassin d’infiltration paysager
A Albert (80), la requalification des rues s’accompagne systématiquement depuis 2018 de travaux de déconnection des eaux pluviales. En 2023, un bassin d’infiltration paysager a ainsi été aménagé dans la rue d’Ovillers. Dimensionné pour des pluies décennales et planté d’arbres fruitiers sur ses abords, il recueille l’eau des avaloirs de voirie voisins.
Des parkings drainants au début de la rue et des noues plantées complètent le dispositif. Ce dernier, qui permet de lutter contre les inondations et de soulager la station d’épuration a bénéficié d’une subvention de l’Agence de l’eau.



Entretien avec Maxime Lajeunesse et Christophe Métay
Ce projet est présenté par :
- Maxime Lajeunesse, maire d’Albert
- Christophe Métay, directeur des services techniques municipaux
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de la commune d'Albert ?
A Albert, c’est un réseau unique qui traite à la fois les eaux usées et les eaux pluviales. Cela génère notamment des rejets d’eaux usées dans le milieu naturel lors des fortes pluies, lorsque les déversoirs d’orage amènent directement ces eaux dans la rivière l’Ancre. L’Agence de l’eau nous a alertés sur ce point en nous demandant d’entamer des travaux de déconnexion et d’infiltration à la parcelle des eaux pluviales. La communauté de communes du pays du Coquelicot a réalisé en 2018 une étude pour définir les axes d’amélioration et la ville a lancé en mai 2025 une étude pour faire un schéma directeur de gestion des eaux pluviales. L’objectif est d’avoir une approche globale du sujet car jusqu’ici, les travaux étaient réalisés au coup par coup ce qui amenait l’Agence de l’eau à réduire au fil du temps ses financements.
Les travaux de requalification de la rue d’Ovillers en 2023 s’inscrivent dans les recommandations émises par la communauté de communes. Depuis 2018 chaque requalification de rue s’accompagne d’une déconnexion des eaux pluviales et de travaux pour permettre l’infiltration à la parcelle. Quand c’est possible, nous mettons sous la chaussée des caissons d’infiltration qui sont des réservoirs tampons permettant l’infiltration progressive de l’eau. Si ce n’est pas possible, notamment dans des rues pentues, nous posons un réseau d’évacuation des eaux pluviales.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée du projet ?
L’association Adopta, spécialisée dans la gestion durable et intégrée des eaux pluviales, nous a accompagnés et a proposé des visites de sites similaires. Nous disposions en effet d’un grand terrain rue d’Ovillers à côté de nos jardins familiaux. Il nous a semblé intéressant d’en tirer parti pour en faire un bassin d’infiltration paysager permettant de réguler naturellement les eaux de pluie. Ce bassin dimensionné pour accueillir des pluies décennales recueille l’eau de tous les avaloirs de voirie voisins. Il infiltre lentement ces eaux dans la nappe phréatique. Nous y avons aussi planté des arbres fruitiers (pommiers, poiriers et cerisiers) pour en faire une zone de balade.
Par ailleurs, nous avons aménagé des places de stationnement drainantes dans la rue : un réseau les mène jusqu’au bassin d’infiltration situé au bout de l’artère. Nous avons également mis en place des noues paysagères et planté des arbres.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Non.
Quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans le projet ?
Il faut avoir une bonne connaissance de l’ensemble des services impliqués (Agence de l’eau, assainissement eaux pluviales), d’où l’intérêt de disposer d’un schéma directeur, pour acquérir une vision globale.
Il faut également maîtriser la conduite du changement. Nous mettons de la verdure là où les gens voient une place de stationnement, des plantes adventices poussent entre les pavés drainants… Certains habitants encore habitués au tout bitume ont du mal à comprendre.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la commune d'Albert a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Le bon dimensionnement du projet a été établi grâce au bureau d’études Verdi ingénierie. Le projet a été expliqué dans nos supports de communication municipaux.
Comment avez-vous financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Les travaux de gestion des eaux pluviales de la rue d’Ovillers ont coûté 212 924€ TTC et nous avons reçu une subvention de l’Agence de l’eau de 106 792€.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation du projet ?
La STAG a mené les travaux de voirie, terrassement et pose du réseau. L’aménagement paysager et les noues ont été confiés à l’entreprise Idverde.
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Le projet en détails
Dates clés
2013
2021
2022
2023
Chiffres clés
10
212 924
50
À retenir
La déconnexion des réseaux soulage notre station d’épuration qui n’a plus à gérer les eaux pluviales
L’infiltration à la parcelle crée des opportunités d’aménagement paysager : on voit que même sur une place de stationnement, on peut amener de la végétation. C’est plus beau qu’une voirie 100% étanche et plus efficace pour évacuer les eaux lors des épisodes de pluie
La principale contrainte est celle de l’entretien : tonte et désherbage
Ressources
Courrier Picard : Une noue paysagère en cours de création rue d’Ovillers à Albert
Située à proximité des jardins ouvriers, elle doit permettre une meilleure gestion des eaux pluviales.
Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Artois-Picardie

Communauté de communes du Pays du Coquelicot
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
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habitants
Données de contact
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