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Un bassin d’orage pour limiter les débordements du réseau à Grundviller (57)

Suite à des épisodes orageux intenses, la commune de Grundviller a fait appel à la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluence pour la création d’un bassin d’orage, afin de limiter les débordements du réseau et de s’adapter aux conséquences du dérèglement climatique.

Quatre ans après et à la suite d’une petite reprise de l’ouvrage, les résultats sont pleinement satisfaisants pour les équipes techniques de la collectivité

Entretien avec David Campanella et Guillaume Rumpler

Parole de collectivité
David Campanella et Guillaume Rumpler, de la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluence - Crédit photo : Banque des Territoires
Gestion des eaux pluviales

Ce projet est présenté par :

  • David Campanella, Directeur de l’Eau à la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluence
  • Guillaume Rumpler, Technicien d’étude en Eau Potable et en Assainissement à la C. A. Sarreguemines Confluence
Nous devons nous adapter au dérèglement climatique : les périodes climatiques se scindent désormais de plus en plus en 2 saisons, une saison sèche et une saison de pluies

Parole de collectivité

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Comment le sujet des bassins d'orage s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

David Campanella : Suite à un épisode orageux intense en 2020, la commune de Grundviller s’est tournée vers notre Communauté d’Agglomération, puisque cette dernière avait récupéré la compétence globale de collecte des eaux usées en 2018. Nous avons alors mis en place plusieurs dispositifs, allant du curage du réseau à une inspection complète par des caméras, pour nous rendre compte que la problématique était liée à la conception initiale du réseau à cet endroit-là.

Guillaume Rumpler : La partie amont de ce réseau avait été conçue en séparatif, avec deux canalisations rejoignant un réseau unitaire dont le diamètre n’était pas suffisant. Nous avons donc prolongé la conduite d’eau pluviale jusqu’à un cours d’eau situé à 600 mètres du lieu de rassemblement, puis opté pour un bassin de rétention des eaux pluviales afin de réguler le débit vers le cours d’eau. Cette solution permettait notamment de limiter les retours d’eau chez les particuliers, constatés lors de plusieurs épisodes pluvieux.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Guillaume Rumpler : Tout en nous inspirant de projets similaires et d’une abondante bibliographie sur ce type de réalisation, nous avons gardé en tête que chaque projet doit être abordé sous l’angle de ses contraintes spécifiques : ce type de bassin n’est pas juste un trou creusé dans la terre. Nous l’avons conçu avec une légère pente et un total cumulé de 9 bassins en cascade pensés pour que l’eau se déverse d’un bassin à l’autre et limiter le risque de débordements en aval.

David Campanella : Nous nous sommes aussi basés sur la forte expérience du service de notre collectivité. Dans mon cas de figure, j’ai imaginé mes premiers bassins d’orage il y a plus 20 ans, et utilisé des procédés différents selon les scénarios rencontrés : bassins dissociés avec conduites étranglées, murs bétonnés et murs de refend, etc. Ici, c’était notamment la problématique de l’affouillement que nous devions éviter.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou co-construit avec eux ?

David Campanella : Nos métiers supposent à la fois une formation de base, et une formation continue. Nos deux expériences sont basées sur nos études en hydrologie et en hydraulique, avec pour ma part des années d’ingénierie publique en tant que maître d'œuvre des services de l'État. Mais de plus en plus, la formation continue nous permet de compléter nos compétences sur les aspects techniques, réglementaires et sur les logiciels dédiés à nos métiers.

En effet, nous devons sur tous ces points nous adapter au dérèglement climatique : les périodes climatiques se scindent désormais de plus en plus en 2 saisons, une saison sèche et une saison de pluies. Grosso modo la quantité d’eau qui tombe reste la même, mais la répartition a énormément changé ces 10 dernières années.

Guillaume Rumpler : Les périodes de sécheresse sont désormais plus marquées, loin de ce que l’on voyait il y a encore quelques années. Cela a un effet sur les réseaux d’assainissement, et notre travail consiste malheureusement à nous adapter, tout comme le font les logiciels de modélisation, et donc nos ouvrages.
Côté communication, c’est avant tout avec la commune et l’agriculteur concerné que le projet s’est co-construit, tant sur le volet acquisition foncière que construction. Une communication a été faite par courrier, via le bulletin communal et un communiqué de presse de notre collectivité. Un article est également paru dans le Républicain Lorrain.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

David Campanella : Comme nous savions exactement quel type de projet nous souhaitions mener, nous avons simplement identifié la problématique pour l’adresser dans un petit mémoire interne avec la solution retenue, ainsi qu’une note de calcul avec le plan de masse et profil en long ; le tout étant vérifié par la Directrice des Services Techniques de notre collectivité.
Puis nous avons réfléchi avec la commune de Grundviller aux possibilités d’acquisition foncière pour la création des bassins. Par chance, il nous a été particulièrement aisé d’acheter la parcelle concernée, sur une surface suffisante pour construire les bassins.

Guillaume Rumpler : Côté dimensionnement, ce type de projet se réalise notamment avec un logiciel de modélisation permettant d’injecter des pluies avec période de retour personnalisé (ici, une pluie décennale) pour simuler des hypothèses de débordement, en tenant compte de la contrainte coût / efficacité. Dans le scénario de Grundviller, il s’agissait de limiter les débordements sur des terres agricoles, mais sans contrainte de protection immédiate de nombreuses habitations.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

David Campanella : Le financement a été totalement réalisé sur le budget annexe d’assainissement de la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluence, pour un budget total de 172 000€ HT. Il y a une participation du budget principal vers le budget annexe d’assainissement, sur la partie eau pluviale.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

David Campanella : Un dossier de déclaration a été déposé à la Police de l’Eau, et l’entreprise Colas a réalisé les travaux.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

David Campanella : Je dirais que parvenir rapidement, tant que cela est possible, à convaincre l’EPCI avec lequel vous travaillez sur le projet grâce à un solide argumentaire permet deux choses : anticiper les besoins en foncier et réaliser l’acquisition le plus fluidement possible. Dans le cas de nos bassins, la commune a pu proposer à l’agriculteur un échange de terrains et que tout le monde y trouve son compte ! La commune voyait là un problème récurrent se résoudre, et la situation devenait gagnante-gagnante.

Guillaume Rumpler : Car la plupart du temps, ce ne sont pas les études, la réalisation des plans ou des argumentaires qui posent le plus de problème ou de temps, mais l’acquisition foncière, et donc ce temps entre la volonté de réaliser un projet et le début des travaux. Dans notre cas de figure, c’est allé extrêmement vite.

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Le projet en détails

Dates clés

2020 - 2022

Diagnostic et inspiration

2022

Etudes

2022

Travaux

2024

Reprises d'affouillement

Chiffres clés

214

m3, le volume du bassin

9

bassins en cascade

11

L/sec, le débit complet des bassins

À retenir

Nous avons supprimé le souci que représentait cette saturation du réseau, avec un bonus que nous n’avons pas mentionné jusque-là : nous en avons profité pour déconnecter une conduite d’eau pluviale pour soulager le réseau d’assainissement

Nous avons aussi réfléchi à un accès permanent hiver comme été aux engins de terrassement, puisque nous sommes ici en terres agricoles et que nous avions besoin - comme dans le cas de cette reprise de l’ouvrage pour pallier à l’affouillement - de pouvoir nous rendre sur le site pour y effectuer de nouveaux travaux

Nous avons constaté une érosion au niveau des murs en L de séparation des bassins après deux ans, et réalisé de petits travaux. C’est quelque chose qui aurait pu être évité

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

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