A Essay (61), trois kilomètres de rivière restaurés pour oxygéner l’eau
En 2020, le Syndicat du Bassin de la Haute Sarthe a restauré trois kilomètres de la Vezone, un affluent de la Sarthe, pour améliorer l’oxygénation de l’eau et favoriser le retour d’espèces locales. Ce projet, né de l’abrogation d’un droit d’eau lié à un moulin en mauvais état, a permis de remettre la rivière dans son lit originel.
Deux passerelles ont été aménagées pour les agriculteurs et des clôtures ont été installées pour protéger les berges.
Financé à 80 % par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, le chantier a coûté 300 000 € et a déjà permis une explosion de la biodiversité.






Entretien avec Chloé Rivière, cheffe de projet rivière et milieux aquatiques
Ce projet est présenté par :
- Chloé Rivière, cheffe de projet rivière et milieux aquatiques du Syndicat du Bassin de la Haute Sarthe
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action
Comment ces travaux de restauration se sont-ils imposés à l’agenda du syndicat ?
Sur le territoire du syndicat, il y avait auparavant deux syndicats de rivière. C'est suite au contact qui était déjà établi avec le personnel des anciens syndicats que l'opportunité s'est présentée pour ce projet en 2018.
Cette remise en fond de vallée du cours d’eau a fait suite à l'abrogation d'un droit d'eau lié au moulin situé sur la rivière. La structure était en très mauvais état, ainsi que le bief (le canal lié au moulin). Une brèche était située à l’aval et l’eau contournait le moulin. Un travail a été fait avec le syndicat et le maire d’une commune alentour qui était déjà en contact avec le propriétaire de la parcelle. Nous lui avons expliqué le fonctionnement du cours d'eau, pour qu’il comprenne la problématique.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous nous sommes fiés à l'ancienne position connue du cours d'eau. Celui-ci était identifiable puisqu’on observait encore une dépression en termes de volumes à l’endroit de l'ancien lit. Nous avions aussi l'ambition d’une restauration la plus importante.
Au niveau des personnes dont le syndicat s'est entouré, il y a eu des relevés topographiques qui ont été faits par un bureau d'études extérieur. Au niveau de l'étude, ça a été mené conjointement avec la cellule d'animation technique des rivières dans la région Basse-Normandie (CATER Orne Manche). Il y a l'expertise pour pouvoir mener ce genre de projet. On s'est entouré de leurs conseils pour dimensionner le projet et rédiger le dossier de déclaration.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Une étude d’impact a été menée, notamment à cause de la présence de la moule Uniocrassus, une espèce protégée. Il a fallu réaliser un état des populations et un suivi post-travaux, puis présenter le projet au CNPN pour obtenir l’autorisation de déplacer les populations et de restaurer leur habitat. La remise en état était réglementaire, car le propriétaire du moulin a renoncé à son droit d’eau, ce qui a permis de restaurer le cours d’eau sans contrainte juridique.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
L'animation dont est chargée le syndicat sur le territoire joue un rôle très important. Il est important d’user de pédagogie, auprès du propriétaire, des riverains, aussi de l'administration, la DDT, pour qu'eux aussi comprennent les enjeux. C'est important qu'il n'y ait pas d'incompréhension entre nous qui déposons le dossier et l'instructeur. On les emmène sur place aussi pour qu'ils visualisent le site et ses enjeux.
Ensuite, ce sont les compétences de fonctionnement de cours d'eau, d'hydromorphologie, notamment au niveau de l'hydrologie et des étiages, des débits en basse eau. Sur ce cours d'eau, on a des étiages assez sévères, qu'on ne pensait pas aussi importants. La variation interannuelle est assez importante. C'est une petite vigilance à avoir.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Afin de faire le lien avec les exploitants, nous avons mis en place des clôtures, des abreuvoirs qui sont nécessaires, dans ces prairies. C'est pris en compte dans le coût du projet. C'est important pour aider les agriculteurs à se réapproprier le site, mais c'est aussi important pour le cours d'eau, pour qu'il n'y ait pas de descente de bétail dans le cours d'eau et que l'activité des berges, de la rivière et de l'eau se trouve impactée. Côté communication, il y a eu quelques articles de presse qui ont été fait au moment du contrôle de la DDT pour vérifier que le projet était conforme à ce qui avait été déclaré.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet a engendré un coût total de 300 000 euros HT. Cela correspond à 300 euros du mètre linéaire de cours d'eau restauré. Et au niveau des financeurs, il y a l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, qui a financé le projet à hauteur de 80%. Les fonds restants se sont partagés entre le syndicat du bassin de la Haute-Sarthe, pour 10%.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Il y a eu un travail de fait avec l'ONF pour échanger, car une fois que la remise en fond de vallée a été faite sur la rive gauche, on est en limite de la forêt de Bourse. Il y a aussi l'établissement public territorial du bassin de la Sarthe. L'ancien syndicat du bassin de la Sarthe en conseil technique et en suivi de débits sur le site après réalisation des travaux.
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Le projet en détails
Dates clés
2018
2020
août 2020
mi-décembre 2020
Chiffres clés
5
3 500
300
À retenir
Ce n'est pas souvent qu'on voit des projets de trois kilomètres d'un seul tenant. Pour notre territoire, c'est quand même un cours d'eau important. C'est l'ampleur du projet et l'ambition, celle de remettre en fond de vallée et pas juste de renaturer.
Nous constatons une vraie amélioration au niveau des parcelles. C’est plus sain et le pied d'herbe est de meilleure qualité pour les bœufs qui pâturent. Cela a permis de réduire le risque pour les habitations en aval qui étaient sujettes à des inondations assez fortes.
Sur les points de vigilance, ce qui est particulièrement important c'est la manière dont on préforme le cours d'eau au moment de la réalisation. Là, on est sur un cours d'eau qui n'est pas très dynamique en termes de puissance, donc nous ne l’avons fait que sur une partie du linéaire. Pour une seconde partie, on nous a conseillé de laisser le cours d’eau se remettre naturellement dans son ancien lit.
Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Loire-Bretagne

ONF
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Données de contact
- Établissement public territorial du bassin sarthe 1 Place Saint Léonard 72130 Saint-Léonard-des-Bois
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