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Reconstruction de la digue de Montamer – Ile de Ré (17)

En février 2010, la tempête Xynthia est venue frapper une partie de la façade Atlantique. Conjuguant des vents violents et des marées à fort coefficient, Xynthia avait provoqué la mort et des dégâts considérables sur le trait de côte. Dix ans après, des travaux de restauration et de renfoncement des digues ont été impulsés un peu partout. A l’île de Ré, territoire insulaire vivement marqué par cet évènement naturel, plusieurs ouvrages de protection ont été réalisés dans le cadre du PAPI (Programme d’actions de prévention des inondations).

La digue en béton armé de Montamer, sur la commune de Sainte-Marie, a été livrée en novembre 2022.

Entretien avec Patrice Raffarin, conseiller départemental de Charente-Maritime

Patrice Raffarin - Crédits photo : Commune de Sainte-Marie de Ré

Prévention des inondations

Le projet est porté par :

  • Patrice Raffarin, conseiller départemental de Charente-Maritime, délégué au plan digues et à la protection des côtes.

 

 

Comment le sujet de la digue Montamer s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, l’île de Ré a dû faire face à la tempête Xynthia laquelle a combiné vents violents et forts coefficients de marée. Cette catastrophe naturelle a provoqué la destruction partielle de l’ouvrage historique de protection ainsi que la submersion marine des zones bâties en -arrière de la plage. Aussitôt après, le département de Charente-Maritime a créé la mission littorale qui comporte un plan digues au sein duquel on retrouve les Programmes d’Action de Prévention des Inondations (PAPI). L’objectif est de remettre en état les digues et de les renforcer pour protéger la Charente-Maritime d’un événement météo similaire, voire supérieur (+20cm de niveau d’inondation).

 

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Le département de Charente-Maritime a vraiment été pionnier dans ce projet. Le plan digues est l’un des plus gros chantiers de ce genre en France. Nous n’avons pas eu beaucoup de sources d’inspirations tant cela était inédit. Aujourd’hui c’est plutôt le contraire, ce sont les autres collectivités qui s’inspirent de notre expertise en matière de PAPI.

 

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Tout ce projet a été autorisé par arrêté préfectoral après des études techniques et règlementaires assez longues et complexes.

Dès 2017 une étude préalable a été lancée pour fixer l’avant-projet puis le projet. Le dossier de consultation des entreprises a vu le jour en 2020. Les travaux ont ensuite débuté en 2021.

On peut citer plusieurs études telles que :

  • Une étude d’incidence environnementale et une étude d’incidence Natura 2000 basées sur un inventaire de la faune, de la flore et des différents habitats présents sur le zone des travaux.
  • Un dossier de Commission des sites pour autorisation de travaux en site classé
  • Un dossier de demande de Déclaration d’intérêt général et un dossier de déclaration d’utilité publique
  • Un dossier de demande d’occupation du Domaine public maritime
  • Un dossier d’études de dangers

 

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

La conception de ce type d’aménagement doit s’appuyer sur des normes techniques très encadrées qui peuvent contraindre la configuration de l’ouvrage (le volume, le type de matériaux, etc.). Pour mener à bien ces travaux il a fallu s’appuyer aussi sur les caractéristiques paysagères des alentours.

Les compétences à mobiliser et coordonner sur ce type de projet sont riches et variées :

  • Techniques : Ingénierie de conception, géotechnique, topographie, modélisation numérique, architectes, paysagistes
  • Naturalistes : faune, flore (botaniste, ornithologue). Pour le volet ornithologique nous avons travaillé avec la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux).
  • Juridiques : droit de l’environnement, droit de l’urbanisme. Au sein du département de Charente-Maritime nous disposons d’un service environnement avec des experts, ce qui a beaucoup aidé.
  • Gestion financière : élaboration et suivi de budget, perception des subventions.

 

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Lors de l’élaboration du Programme d’actions et de prévention des inondations (PAPI) de l’île de Ré – qui décline une stratégie de réduction de vulnérabilité de ce territoire face au risque de submersion marine – l’analyse coûts/bénéfices a permis de mettre en évidence les secteurs à protéger par des ouvrages.

Comme on le disait plus haut, le niveau de protection de ces ouvrages s’est orienté sur un aléa de type Xynthia +20 cm. Xynthia est l’aléa le plus fort connu et mesuré, auquel a été majoré 20cm pour intégrer une élévation du niveau de la mer d’ici à 50 ans.

Une réunion publique a permis de présenter le projet aux habitants de la commune et une enquête publique a été organisée par la préfecture de la Charente-Maritime. Ce projet a été plébiscité par les habitants et ils ont tous été favorables à la construction de cette digue. Les habitations qui jouxtent la plage se situent dans un creux, ils étaient rassurés qu’une digue soit construite.

 

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le plan de financement se déploie ainsi :

  • L’Etat 40% avec le Fonds de prévention des risques naturels majeurs
  • La région Nouvelle Aquitaine 20%
  • La Communauté de communes de l’île de Ré 20%
  • Le Département de Charente-Maritime, maître d’ouvrage, 20%

 

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné l’île de Ré dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

La commune de Sainte-Marie de Ré, le bureau d’études CREOCEAN et le groupement d’entreprises Ré TP, Eiffage, Bonnet et Etchart.

Le projet en détails

Dates clés

2010

Inspiration : tempête Xynthia

2012

Mise à l’agenda : labellisation du PAPI

2012

Diagnostic et planification

Septembre 2021 - Juin 2022

Réalisation

Chiffres clés

+108
Personnes en zone protégée pour un aléa Xynthia +20 cm
391 mètres
Protection linéaire
15 000 tonnes
Enrochements

Résultats

  • L’intégration de l’aménagement : sur les 391 mètres linéaires de protection il y a de la digue en parapet et après de l’enrochement pour une meilleure intégration dans le site

À retenir

Respect du planning chantier

Financement contenu

Nuisance pour les riverains : travaux d'un an, en plus d'une zone de chantier difficilement accessible et l’espace disponible restreint pour les entreprises de BTP

Ressources

En savoir plus sur la communauté de communes de l'Ile de Ré

Nombre d'habitants

20 000

Nombre de communes

10

Données de contact

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