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La déconnexion des eaux pluviales, une question de bon sens à Vincey (88)

Dans les Vosges (88), la commune de Vincey a opté pour la déconnexion des eaux pluviales afin d’éviter la construction d’un bassin d’orage trop onéreux. Cette alternative collecte, stocke et infiltre l’eau de pluie au plus près de son point de chute. Bien moins coûteuse, la gestion intégrée des eaux pluviales représentera à terme une économie de 40% par rapport à un projet traditionnel. Selon Thierry Gaillot, le maire de Vincey, c’est également une question de bon sens. En favorisant la création d’espaces de verdure au sein de la commune, cette solution contribue également à l’amélioration du cadre de vie des citoyens.

Entretien avec Thierry Gaillot, maire de Vincey

Parole de collectivité
Thierry Gaillot, Maire de Vincey – Crédits photo : Vergon Emmanuelle
Gestion des eaux pluviales
Vincey

Ce projet est porté par :

  • Thierry Gaillot, maire de Vincey et vice-président de la Communauté d’agglomération d’Epinal (CAE) en charge du sport. Il intervient également dans la commission eau et assainissement

 

” Traiter l’eau de pluie est une hérésie, déraccorder est juste une question de bon sens “

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Comment le sujet du raccordement des eaux pluviales s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

À l’origine, Vincey était le vilain petit canard de la région. Il a fallu attendre 2013 pour que la commune se dote d’une station d’épuration, les mandatures précédentes n’ayant pas tenu leurs promesses. Dans les travaux, la construction d’un bassin d’orage était prévue afin de réduire les déversements par temps de pluie. Le coût de l’ouvrage de 1600 m3, dimensionné pour 2700 EH (équivalent habitant), était estimé à 1,5 million d’euros, une dépense excessive pour une localité comme la nôtre. Nous devions absolument trouver une alternative. Nous sommes partis sur un projet de gestion intégrée des eaux pluviales soit déraccorder les eaux pluviales des bâtiments pour les laisser s’infiltrer directement dans les sols.

Nous avons commencé par déconnecter 2 pans de toiture de la mairie, remplacé le bitume par un revêtement drainant innovant, conçu par une entreprise vosgienne, et installé des plantes au milieu, nous nous sommes rendu compte que cela fonctionnait très bien. À partir de là , dès que nous avons des travaux à faire, nous incorporons le déraccordement si c’est possible. Après le parking de la mairie, la salle polyvalente avec 500 m2 de toitures, nous venons d’inaugurer la rue Leclerc. Les réseaux électriques, télécoms et fibre, ont été enfouis et nous avons profité des travaux pour faire une route réservoir qui permet à l’eau de s’infiltrer sous la chaussée pour rejoindre les nappes phréatiques.

 

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

C’est essentiellement beaucoup de bon sens, nous n’avons rien inventé. Les anciens savaient observer la nature, quand ils creusaient des sillons dans les champs c’était pour retenir l’eau dans les sols, il y avait des haies, des bocages pour qu’elle puisse s’infiltrer. Et puis, par rapport aux problèmes de sécheresse, c’est une hérésie d’envoyer de l’eau propre à la station d’épuration pour la traiter et donc financer un traitement inutile.

 

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Oui, c’est ce qui nous a permis de lancer le projet. Deux études ont été menées, une cartographie des potentialités en matière de raccordement et une étude hydraulique. Selon l’étude du potentiel de déconnexion menée, plus nous déraccordons, plus la taille du bassin et son coût diminuent. À 80% de réalisation, le bassin ne sera plus nécessaire, l’échéance est fixée à 2027, et je ne me limite pas. L’idée serait de déraccorder tout ce qui peut l’être au niveau communal. Concernant le domaine privé, lors de la dépose d’un permis de construire ou d’une autorisation de travaux, je fais toujours des préconisations pour inciter ces demandeurs à faire infiltrer l’eau de pluie au plus proche possible de leur terrain.

 

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Je viens des Travaux Publics, notre adjoint aux travaux est un ancien de Véolia, alors nous connaissons bien le sujet. Nos connaissances viennent de notre travail, mais le bon sens reste essentiel. L’eau coule toujours vers le bas, nous avons regardé maison par maison, rue par rue, où nous pouvions laisser l’eau s’infiltrer naturellement, principalement dans les espaces verts. L’analyse a défini des critères de faisabilité allant de très facile à impossible.

 

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Ma phrase c’est “Chaque fois que nous déraccordons 1m3 d’eau du réseau d’assainissement lors des orages, c’est 1000 euros que nous ne mettrons pas dans le bassin d’orage !”. Je suis casse-pied sur le sujet parce que je suis convaincu, j’ai présenté l’étude à tous nos agents techniques et je leur ai demandé “Dites-moi ce qu’on peut faire”. C’est un travail collectif, un état d’esprit, auquel nous adhérons tous.

Ensuite, il y a un gros travail de sensibilisation à faire auprès des particuliers. À chaque réunion de quartier, je parle de déconnexion. Souvent, je vais à la rencontre des habitants et on discute. Ceux qui font du jardin récupèrent déjà l’eau de pluie, pour les autres il faut trouver un endroit où l’eau de pluie peut s’infiltrer, ce n’est pas toujours facile.

 

Comment la commune de Vincey a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

L’agence de l’eau Rhin-Meuse nous a beaucoup aidé et bien conseillé et la Communauté d’Agglomération d’Epinal (CAE) qui a récupéré la compétence assainissement en 2020, bonifie les communes qui s’inscrivent dans ce projet.

Pour vous donner un exemple, pour la rue Leclerc, l’agence de bassin nous a subventionné à hauteur de 15 % par rapport à la surface déraccordée et la CAE nous a bonifié de 10 % de plus sur le même volume. De plus, nous avons été très bien encadrés par l’ADT 88 au départ du projet pour toutes les demandes de subventions et le relais a été très bien repris par le bureau d’étude retenu pour ces travaux.

 

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Le bureau d’études qui a porté le projet est Consilium à Charmes (88), INFRA Services a été missionné par la commune de Vincey pour réaliser l’étude du potentiel de déraccordement. L’entreprise Colas nous a donné de bons conseils.

Le projet en détails

Dates clés

2013 - 2017

Mise à l'agenda

2017-2018

Diagnostic et planification

depuis 2018

Réalisation

Chiffres clés

1 000 €
Montant des économies pour le bassin d'orage à chaque mètre cube déraccordé
15 à 20%
Taux de réalisation par rapport à l’étude

Résultats

  • Chaque raccordement est une petite victoire

À retenir

En tant qu’élu nous sommes chargés de respecter les budgets, déraccorder coûte beaucoup moins cher à la collectivité que collecter et c’est mieux pour l’environnement

Ce projet contribue à la recharge des nappes phréatiques

Le point négatif est indirectement l'obligation de faire de la pédagogie auprès des habitants. Certains sont déjà sensibilisés, d’autres moins et nous disent « ça fonctionne ainsi pourquoi changer »

En savoir plus sur la commune de Vincey

Nombre d'habitants

2 160

Données de contact

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