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La communauté de communes d’Auray Quiberon Terre Atlantique (56) lance une stratégie face aux risques littoraux

Bordé par la rivière d’Auray à l’Est et la ria d’Étel à l’Ouest, le territoire d’AQTA (Auray Quiberon Terre Atlantique) est particulièrement exposé et sensible aux risques de submersions marines. Ce sont au total 19 communes sur 24 qui sont situées sur le littoral ou au bord d’un estuaire.

Face à la récurrence et l’intensité d’événements climatiques d’ampleurs exceptionnelles, certaines communes voient leur trait de côte reculer. L’augmentation du niveau de la mer conjuguée à l’érosion génère des risques de submersions marines qui mettent en danger les biens et les personnes. Au-delà ce sont les activités économiques telles que le tourisme et l’ostréiculture qui sont impactées. Certaines zones sont plus à risques et sujettes à un aléa de submersion marine : la ria d’Étel, l’isthme de Quiberon, le littoral de Carnac et celui de Locmariaquer. D’autres sont à risques en matière d’érosion côtière : la ria d’Étel, le littoral d’Erdeven, l’amont de Penthièvre, le littoral de Carnac, La Trinité-sur-Mer, Locmariaquer ainsi que les îles d’Houat et Hoëdic.

Les conséquences de Xynthia ont forcé l’État à plus d’exigence en matière de sécurité côtière. La ville de Carnac a ainsi été la première de son territoire à devoir répondre à un Plan de Prévention des Risques Littoraux. En découlent les travaux du Boulevard de la Plage et la construction d’un mur d’1,20 mètre de haut habillé de gradins pour sécuriser les villas en contrebas d’un risque de submersion marine. Si la dune reste le meilleur rempart contre la mer, toutes les communes n’en bénéficient pas.

Aussi, il a fallu s’interroger sur les actions possibles permettant d’accompagner ou de gérer la montée des eaux. Lauréat de l’AMI lancé par la Région Bretagne, la DREAL et Cerema en 2020 afin d’adapter les territoires littoraux aux effets du changement climatique, l’EPCI a pu lancer son projet de stratégie de gestion de la bande côtière, intégrant les risques de submersion marine et du recul du trait de côte.

Entretien avec Juliette Quilfen et Pascal Le Jean

Parole de collectivité
Juliette Quilfen, Chargée de projet Stratégie et adaptation Littoral et Pascal Le Jean, Vice-Président à la Prévention des Inondations, Adjoint à la ville de Carnac - Crédits photo : Banque des Territoires
Prévention des inondations

Ce projet est présenté par :

  • Juliette Quilfen, Chargée de projet Stratégie et adaptation Littoral
  • Pascal Le Jean, Vice-Président à la Prévention des Inondations, Adjoint à la ville de Carnac
La gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations nécessitent des compétences transverses : la compréhension des risques hydro sédimentaires, les notions de changements climatiques, d’impact sur la biodiversité, une connaissance des ouvrages de génie civil, d’urbanisme et d’aménagement, et aussi une maîtrise des enjeux économiques et touristiques.
Juliette Quilfen

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Comment cette stratégie de gestion de la bande côtière s’est‐elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?

Avec le transfert de la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) au sein de l’EPCI, l’aspect réglementaire nous impose la gestion des ouvrages classés au titre de la protection contre les submersions marines. À cela s’ajoute une réflexion plus large autour de la protection vis-à-vis des submersions marines et le recul du trait de côte, notamment liée à l’intensification et la multiplication des phénomènes climatiques.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous avons eu beaucoup de discussions avec des partenaires techniques et réglementaires pour savoir jusqu’où nous pouvions aller en matière de diagnostic, d’ateliers et de programme d’actions. Nous avons également effectué plusieurs voyages d’études, sur le littoral Manche et Atlantique : Saint-Malo et la baie de Lancieux, la Normandie avec Ouistreham, Étretat, Dieppe, Saint-Valéry-en-Caux, Quiberville-sur-Mer, la baie de Somme, mais aussi La Rochelle, Aytré, Soulac-sur-Mer, Biscarosse, Lacanau et Cap Ferret.
Nous avons voulu voir comment les communes géraient des problématiques similaires aux nôtres, et aussi apprendre de leurs erreurs.

Concernant les études réglementaires, nous avons travaillé en réseau avec les autres EPCI du Morbihan.
À raison d’une à deux réunions par an pour les agents chargés de la prévention inondation, afin d’échanger sur les bonnes pratiques.

Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Non.

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

La gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations nécessitent des compétences transverses : la compréhension des risques hydro sédimentaires, les notions de changements climatiques, d’impact sur la biodiversité, une connaissance des ouvrages de génie civil, d’urbanisme et d’aménagement, et aussi une maîtrise des enjeux économiques et touristiques.

Nous sommes allés puiser auprès de nos collègues leurs compétences afin d’enrichir les nôtres. Au final, la problématique de montée des eaux impacte tout le monde.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a‐t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Pour mener ce diagnostic, nous avons organisé des ateliers de concertation avec le grand public, les élus et deux classes de Seconde du collège Benjamin-Franklin d’Auray en spécialité Aire Marine Éducative autour de quatre sites pilotes, représentatifs des enjeux du territoire. L’isthme de Penthièvre en raison du risque de rupture de continuité territoriale. Carnac Plage en raison des risques de personnes, de bâti et d’économie touristique impactée. Locmariaquer où se situent des zones naturelles confrontées à des problématiques de biodiversité concernées par le recul du trait de côte. Et la Ria d’Étel car elle regroupe l’ensemble de ces problématiques. La question était : comment souhaitons-nous voir évoluer notre littoral à court, moyen et long terme ? Ces ateliers nous ont permis d’acculturer et de sensibiliser la population locale et les élus à la problématique. Il a été difficile d’obtenir un consensus sur le long terme, alors nous nous sommes concentrés sur des actions à court et moyen terme. De ce programme, validé par les élus, sont ressortis cinq axes : communiquer sur les risques et sensibiliser les occupants du territoire, observer la dynamique littorale, réaliser des études prospectives, réfléchir à l’aménagement du territoire et à l’urbanisation et enfin poser la gouvernance, avec AQTA, acteur clé de la gestion des risques littoraux. De ces grands axes pourront découler des actions ciblées comme une réflexion sur la relocalisation de certains enjeux, l’adaptation de bâtis existants ou à construire, la gestion d’ouvrages…

Nous avons également mis en place des suivis participatifs et bénévoles avec le grand public par le biais d’observations photographiques via son smartphone à des points stratégiques grâce à des installations mises en place par l’Université Bretagne Sud. Une fois la photo envoyée, avec la date et l’heure, cela permet de comparer les niveaux d’eau et de suivre l’évolution du trait de côte et des mouvements sédimentaires. Sur certains territoires, des bénévoles sont impliqués dans le recensement de l’évolution de la végétation, des stocks de sable devant certains ouvrages, et du trait de côte.

Comment la communauté de communes AQTA a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Nous avons décidé de lever la taxe GEMAPI depuis 2023, sans pour autant utiliser toute la fourchette d’imposition.
Celle-ci, intégrée aux taxes foncières et aux taxes d’habitations des 24 communes du territoires d’AQTA, vise notamment à abonder directement le budget lié à la protection des risques d’inondations.

L’Agence de l’Eau finance également la GEMA.

La Banque des Territoires, avec qui nous avons signé une convention de partenariat, finance une partie de nos actions.

Certaines de nos études ont bénéficié du fonds Vert.

La DREAL Bretagne a financé également 45 % de l’ensemble de notre projet de stratégie de gestion de la bande côtière, dont le budget global est de 100 000 €.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné AQTA dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Les bureaux d’études Tanit, IDEA Territoires et Egis ont accompagné AQTA dans la mise en place de ce projet. Le Cerema a été notre partenaire technique. L’Université de Bretagne Sud nous a accompagné, ainsi que des associations de bénévoles de plusieurs communes, la DDTM et la Banque des Territoires.

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Le projet en détails

Dates clés

Novembre 2019

Mise à l'agenda du projet

2020-2022

Diagnostic et planification et ateliers de concertation

Septembre 2023

Réalisation : Voté en conseil communautaire

2024

Déploiement du programme d’action

Chiffres clés

360

km de littoral, dont 4 km projetés en érosion en 2025 et 250 km en 2100

1 360

ha de zones basses soumises aux risques de submersion

19

communes sur 24 concernées par les risques de submersion marine ou de débordement d’un cours d’eau

À retenir

La forte implication politique des élus, moteurs d’action pour mener à bien ce projet.

L’acculturation et la sensibilisation des publics à cette problématique. Une population active sur un projet de territoire novateur.

La complexité du sujet du changement climatique et les différents scénarii possibles. Le manque d’implication de certaines catégories de personnes en raison de l’horaire des ateliers de concertation.

Les partenaires de ce projet

cerema

CEREMA

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Université de Bretagne Sud

DDTM la direction départementale des territoires et de la mer

DDTM

BANQUE_TERRITOIRES_LOGO

La Banque des Territoires

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

egis

Egis

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Tanit International Consulting

RS-Visuel-non-disponible-150x150

IDEA Territoires

En savoir plus sur Auray Quiberon Terre Atlantique

habitants

89 233

communes regroupées

24

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