A Marseille (13), les eaux usées se transforment en biométhane
Valoriser les eaux usées en transformant les boues issues de l’épuration en biométhane : c’est le pari réussi de l’usine de Sormiou, au cœur des calanques marseillaises. Mise en service en 2019 à Sormiou (Marseille), l’unité de production et d’injection de biométhane permet de transformer les eaux usées de 17 communes en biogaz avant de l’injecter dans le réseau public. Elle vient d’être agrandie, afin d’étendre la production de biométhane à 37 000 MWh par an, soit 35 % de plus que la capacité initiale.
Désormais, plus de 3 000 foyers du quartier de la Soude, situé à proximité de l’usine des boues, bénéficient d’un chauffage plus écologique. Il s’agit d’une source d'énergie à la fois locale, renouvelable, car directement issue du traitement des eaux usées générées par le territoire, et également propre, car ses usages sont identiques à ceux du gaz d’origine fossile. Grâce à ce projet, la Métropole Aix-Marseille-Provence, SUEZ et SERAMM deviennent un des plus importants producteurs français d’énergie verte issue d’une ressource locale renouvelable et contribuent à la construction d’un territoire plus vertueux.
Grâce à l'usine de production de biométhane, les boues d’épuration issues de la station Géolide sont valorisées – Crédits photo : MAMP
Le développement durable, c’est une question d’avenir ! Cette unité de production de biométhane permet à notre Métropole de produire une énergie verte, plus respectueuse de l’environnement. Mobilité propre, développement économique durable, transition énergétique, amélioration de la qualité de vie… La Métropole active les leviers d’intervention dans tous ces domaines.
L'interview
Comment le sujet de l’usine de production de biométhane s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
La première usine de production de biométhane a été inaugurée en 2019 par Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille. Installée à Sormiou, elle permettait de produire 27 millions de kW thermiques. Dès l’origine du projet, un agrandissement avait été envisagé. Grâce à la volonté politique de la Métropole Aix-Marseille-Provence et à l’expertise de SERAMM-SUEZ, qui porte la délégation de service public, il n’a fallu que quelques mois pour concrétiser l’augmentation de capacité.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous nous sommes appuyés sur les compétences de SERAMM-SUEZ, qui sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
La clef réside dans l’anticipation. Lors de la construction de cette usine, la production n’était que de 24 millions de kW thermiques, mais l’installation était déjà dimensionnée pour atteindre 41 millions de kW thermiques, soit la plus grande usine biométhane de France.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans la un tel projet ?
Il est important de maîtriser le process industriel, qui s’avère complexe. Les boues liquides sont acheminées depuis Géolide, la plus grande station d’épuration enterrée au monde, en plein cœur de Marseille, à côté du Vélodrome, vers l’usine de Sormiou. Les eaux épurées sont rejetées dans le milieu naturel, tandis que le biogaz est valorisé en ressource énergétique.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons mis en avant le fait que, grâce à cette usine, ce sont 3 000 foyers du quartier de la Soude qui bénéficient d’un chauffage plus écologique. Il est important de bien expliquer le projet, et notamment le fait que les eaux rejetées dans les calanques bénéficient d’une analyse satisfaisante à très satisfaisante.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
La construction de l’usine de production de biométhane de Sormiou représente un investissement de 9,2 millions d’euros. 45 % ont été financés par des subventions de l’Agence de l’Eau, de la Région et de l’ADEME ; 30 %, soit plus de 3 millions d’euros, par Aix-Marseille Métropole. SERAMM-SUEZ a également investi 25 % du montant. La seconde phase des travaux, celle qui vient d’être réalisée, n’a généré que 600 000 euros de coûts pour augmenter la capacité de production de 35 %, ce qui s’explique par une bonne anticipation.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la Métropole Aix-Marseille-Provence dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Nous avons bénéficié de la volonté politique de 17 maires de la Métropole Aix-Marseille-Provence qui ont souhaité le développement de cette usine de méthanisation.