A Montpellier, une station d’épuration à la pointe de la technologie (34)
Parole d'entreprise
Pour vous inspirer, Aquagir donne la parole aux entreprises qui accompagnent les collectivités dans leurs projets de gestion de l’eau
Antea Groupe a œuvré à la modernisation de Maera, une station d’épuration (STEP) située à Montpellier et désormais quasi-opérationnelle dans sa nouvelle mouture. Le chantier a intégré la création d’un nouveau bassin d’orage, des travaux de confinement, la mise en place de nouveaux process de traitements et la création d’une unité de valorisation énergétique, après reconversion de digesteurs.
La satisfaction est totale pour les assistants à maîtrise d’ouvrage comme pour la collectivité, avec de surcroît une réduction des nuisances olfactives pour les habitants des environs.
Début de la phase finale des travaux - Crédit photo : Antea Group
Sur les stations d’épuration, [...] un vrai chantier de modernisation sera toujours préférable à de petites améliorations.
L'interview
Pouvez-vous nous parler du projet que vous avez mené pour la métropole de Montpellier ?
En réponse à un appel d’offre lancé par Montpellier Méditerranée Métropole, nous avons remporté ce marché d’assistance à maîtrise d’ouvrage intitulé précisément « marché global de performance relatif à la modernisation de la station d'épuration (STEP) MAERA dans une démarche de développement durable ».
Après une première phase de diagnostic (technique, génie civil, électricité) et plusieurs études de faisabilité, nous avons pu proposer à la collectivité plusieurs interventions sur la STEP : la mise en place d’un pompage sur l’émissaire de rejet en mer, lui-même renouvelé en vue d’augmenter son débit ; la création d’un bassin d’orage pour le stockage du surplus d’eau de pluie, afin d’éviter les rejets dans le Lez, la rivière attenante à la STEP ; des travaux de confinement de certains bassins pour réduire les nuisances olfactives de la station et, de manière plus globale, la mise en place de nouveaux process de traitements (remplacement des systèmes de pré-traitement, biofiltration) et des travaux visant l’augmentation du débit global de l’ouvrage.
L’ensemble de ces évolutions devait aussi permettre de conserver certains modules anciens en leur opérant quelques modifications, en les intégrant dans une filière pourvue de plusieurs ouvrages neufs.
Comment le projet s’est-il imposé à l’agenda de la métropole de Montpellier ?
Une des problématiques principales de la collectivité était de répondre dans le futur à l’évolution démographique de la métropole de Montpellier, afin de pouvoir absorber l’ensemble des effluents des particuliers et de l’industrie avec un ouvrage suffisamment dimensionné. De surcroît, la collectivité voulait apporter une réponse au vieillissement de sa STEP, ayant certes fait l’objet d’une modernisation il y a 15 ans, mais dont certains ouvrages anciens avaient déjà été conservés à cette occasion : or, ces installations causaient de nombreuses nuisances, notamment olfactives, auprès d’habitations situées pour certaines à quelques mètres seulement de la station.
Enfin, il convenait d’apporter une meilleure réponse aux nouvelles réglementations, notamment en termes de déversements et de pollutions venant toucher des zones de baignade au niveau de Palavas-les-Flots. La collectivité avait de fortes attentes notamment en termes de respect de la DERU (Directive Eaux Résiduaires Urbaines, la directive qui fixe les obligations minimales concernant la collecte, le traitement et la surveillance des eaux usées urbaines) et de réduction des risques liés aux rejets.
Le cahier des charges se devait donc d’être très complet du côté de la collectivité, avec en plus un volet pédagogique très fortement renforcé, la STEP souhaitant accueillir un maximum de scolaires, organiser un circuit de visites accessible à tous, intégrer une salle projetant un film sur l’ouvrage, créer un site internet détaillant l’historique, les travaux et les évolutions de la station et partager au plus grand nombre les thématiques liées au Petit et au Grand Cycle de l’Eau.
Quels conseils donneriez-vous à une collectivité pour la gestion des sujets de pollution de l’eau ?
Je dirais que malheureusement, mon conseil principal est d’aller plus vite sur ces sujets. Nous observons qu’au niveau des collectivités, ce n’est plus le traitement de l’eau qui devient leur priorité : les entreprises savent faire ça, et les problématiques sont ailleurs. Avec le changement climatique et les variations géopolitiques, les épisodes de pluies violentes, de sècheresse et d’instabilité énergétique s’accentuent : c’est à ces enjeux que les pouvoirs publics doivent répondre, et ce sont ceux sur lesquels ils doivent prendre conscience qu’un vrai chantier de modernisation sera toujours préférable à de petites améliorations, voués à faire perdre de l’argent à moyen et long termes.
Savez-vous si la collectivité, dans le cas cité, s’est assurée de l’adhésion des citoyens ?
La collectivité avait pour projet de réaliser, au sein même de ces travaux de modernisation, une unité de valorisation énergétique plus vulgairement appelée un incinérateur de boues, permettant notamment d’alimenter en biogaz plus de 10 000 logements. Une concertation publique s’est tenue en 2023 et a permis d’entériner le projet, qui s’inscrit plus globalement dans un objectif de station à énergie positive, avec une valeur visée de 2 : générer pour la station deux fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme.
Au-delà de cette concertation citoyenne, les travaux ont été menés de manière très transparente par la Métropole de Montpellier, avec de nombreuses réunions avec les élus, un travail du service communication de la collectivité pour diffuser de petits films sur l’évolution de la station, l’édition d’une bande dessinée destinée aux enfants, la création du site internet pour informer de l’avancement des travaux, ou encore des parutions régulières dans les magazines de la Métropole.
Quels ont été les résultats de ce projet ?
Les résultats sont aussi satisfaisants pour nous que pour la collectivité de Montpellier : la mise en service des constructions nouvelles est opérante à 60%, et tout fonctionne normalement. Ces évolutions nous ont permis de constater d’ores et déjà une baisse très significative des nuisances olfactives, qui étaient évidemment pénibles pour les riverains et qui constituaient l’une des premières demandes citoyennes en termes d’axe de modernisation : nous y avons répondu par plusieurs projets, du confinement des installations à l’installation de nouveaux systèmes de ventilation, en passant par la désodorisation de certains secteurs du site.
Nous avons également observé une amélioration de la qualité de nos rejets, qui nous permet donc déjà de faire face aux premières augmentations de population sur la métropole.
Enfin, nous avons pu injecter cette année 2026 et pour la première fois du biogaz dans le réseau GRDF, après la reconversion des digesteurs pour mettre en place la méthanisation. Les opérations se poursuivent pour finir les travaux et rendre l’ensemble de l’installation encore plus performante.
Au sujet de votre entreprise, pouvez-vous nous résumer en quelques mots le contexte de la création de votre structure ?
IRH Ingénieur Conseil est aujourd’hui une filiale d’Antea Group, acteur international de l’ingénierie environnementale. Historiquement, la société s’est développée autour des enjeux liés à l’eau avant d’élargir progressivement son expertise aux domaines de l’air, de l’énergie et de l’environnement au sens large. Notre vocation est d’accompagner les collectivités, les industriels et les institutionnels dans leurs projets de transition environnementale, depuis les études amont jusqu’à la réalisation des ouvrages. Grâce à un réseau de 17 agences réparties sur l’ensemble du territoire et à plusieurs centaines de spécialistes, nous intervenons sur des missions de conseil, de diagnostic, d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre. Nous investissons également dans l’innovation et la recherche afin d’apporter des réponses adaptées aux nouveaux défis liés à l’eau, à l’énergie et à l’adaptation au changement climatique.
Quelle est la proposition de valeur de votre structure pour les collectivités ?
Notre valeur ajoutée repose avant tout sur notre capacité à proposer une approche globale des enjeux environnementaux. Pour les collectivités, il ne s’agit plus uniquement de traiter l’eau ou de mettre aux normes des infrastructures, mais de concevoir des équipements capables de répondre simultanément à des objectifs de performance environnementale, de sobriété énergétique, de résilience climatique et de maîtrise des coûts. Nous accompagnons nos clients sur l’ensemble du cycle de vie de leurs projets, depuis les études de faisabilité jusqu’au suivi des travaux, en mobilisant des expertises complémentaires en eau, énergie, génie des procédés et valorisation des ressources.
Cette vision transversale nous permet notamment d’identifier des leviers d’optimisation, comme la récupération d’énergie, la méthanisation ou la réduction des consommations, afin de transformer des contraintes réglementaires en opportunités de création de valeur pour les territoires.
Comment fonctionne votre solution ?
Nous intervenons généralement en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage ou maître d’œuvre auprès des collectivités. Notre démarche débute par une phase de diagnostic permettant d’évaluer l’état des installations existantes, leurs performances et leurs limites face aux enjeux futurs. À partir de ces analyses, nous réalisons des études de faisabilité et proposons plusieurs scénarios techniques adaptés aux besoins du territoire.
Une fois la solution retenue, nous accompagnons la collectivité dans la conception du projet, la consultation des entreprises et le suivi de la réalisation des travaux. Notre approche privilégie autant que possible la valorisation des infrastructures existantes tout en intégrant des équipements plus performants et moins consommateurs de ressources.
L’objectif est de construire des solutions durables, évolutives et conformes aux exigences réglementaires, tout en garantissant la continuité du service public et la maîtrise des impacts pour les usagers et les riverains.