Bonneuil-en-France (95) : un nouveau parcours pédagogique à la station du SIAH
Réouverte en 2024, la station de dépollution de Bonneuil-en-France propose un tout nouveau parcours pédagogique. Moins immersif que l’ancien, il s’appuie sur une salle de conférence dotée d’animations 3D, un StreetView interactif, une passerelle extérieure et une bande dessinée pour expliquer le cycle de l’eau.
Adapté aux groupes scolaires, il favorise la compréhension, suscite des vocations et renforce la sensibilisation à la biodiversité et à l’énergie. Il accueillera bientôt une extension sur la renaturation de la Morée, avec des activités centrées sur l’environnement.
Le dispositif permet aujourd’hui de recevoir jusqu’à 2 500 visiteurs par an.
Un groupe scolaire en pleine visite pédagogique sur la passerelle du SIAH. Crédits photo : SIAH
On veut que chaque visiteur reparte avec une expérience, un savoir, et un sourire. C’est ça, la mission pédagogique du SIAH.
Pouvez-vous décrire les objectifs principaux du parcours pédagogique proposé au grand public depuis la réouverture de la station d’épuration de Bonneuil-en-France en octobre 2024 ?
François Quadri : Le parcours pédagogique vise à rendre compréhensible et accessible le fonctionnement d’une station de dépollution tout en transmettant des messages forts de sensibilisation à la protection de l’environnement. Avant l’extension, la station permettait aux visiteurs de circuler au cœur même des installations, ce qui offrait une immersion totale. Mais avec la réouverture en 2024, le choix a été fait d’assurer une plus grande sécurité tout en misant sur l’innovation pédagogique. Désormais, les publics bénéficient d’une expérience structurée en deux temps : une présentation multimédia immersive en salle, suivie d’un parcours extérieur sur passerelle. L’objectif est de faire le lien entre les gestes quotidiens (l’usage de l’eau, les pollutions domestiques) et les traitements nécessaires pour préserver notre environnement. À travers cette approche, nous voulons éveiller les consciences, faire découvrir les métiers de l’eau et illustrer concrètement comment les eaux usées peuvent être transformées en ressources énergétiques.
Quelles sont les thématiques spécifiques abordées lors de ces visites ?
François Quadri : Plusieurs axes structurent le contenu pédagogique : d’abord, une mise en contexte sur les usages de l’eau et les causes de pollution liées aux gestes du quotidien. On enchaîne ensuite avec une présentation du processus de traitement des eaux usées et des équipements associés, visibles depuis la passerelle. La valorisation des boues par méthanisation sert de point d’entrée pour évoquer l’économie circulaire et les énergies renouvelables. En fonction du public, la visite aborde aussi l’orientation vers les métiers de l’eau. Un module dédié à la biodiversité urbaine et à la renaturation de la rivière la Morée est en cours de développement. Il permettra d’élargir les échanges à des problématiques telles que les inondations, l’urbanisation et l’adaptation au changement climatique.
Comment le parcours a-t-il été conçu pour rendre le cycle de traitement des eaux usées accessible et engageant pour les jeunes ?
François Quadri : Le dispositif repose sur une combinaison entre médiation humaine, outils numériques et supports ludiques. La visite commence en salle de conférence, dans un environnement sécurisé, avec des animations 3D, une interface StreetView et des vidéos explicatives. L’animatrice, spécialisée en vulgarisation, interagit avec le groupe pour poser les bases du cycle de l’eau, contextualiser la station et engager un échange dynamique. Ensuite, la déambulation sur la passerelle extérieure permet d’observer les ouvrages techniques, d’en comprendre la finalité et de visualiser l’échelle de l’infrastructure. Même si l’expérience est moins immersive qu’auparavant, elle reste très vivante grâce au rythme de la visite, aux panneaux panoramiques, aux casques audio qui facilitent l’écoute, et aux nombreuses interactions orales. À terme, la création d’un sentier autour de la Morée offrira une ouverture vers les enjeux de biodiversité et d’urbanisme, en élargissant encore l’approche environnementale proposée par le SIAH.
Des supports éducatifs spécifiques sont-ils distribués aux visiteurs ?
François Quadri : Oui, une bande dessinée, signée Tom Sorroldoni, est distribuée au jeune public. Elle retrace l’ensemble du traitement des eaux usées de manière ludique, en incarnant les machines et le personnel de la station. Ce support facilite la réactivation des connaissances vues sur place. Son format accessible le rend utile aussi bien en classe qu’à la maison. Par ailleurs, une seconde bande dessinée, actuellement en préparation, proposera un récit plus large sur l’histoire des cours d’eau en Île-de-France, à partir des exemples du Croult et du Petit Rosne. Elle ne sera pas uniquement dédiée aux visites de la station, mais pensée comme un outil pédagogique complémentaire sur les enjeux liés à la renaturation, à la gestion de l’eau et à la biodiversité en milieu urbain. Ce projet permettra de sensibiliser différents publics de manière concrète et engageante. Chaque visiteur repart ainsi avec un objet pédagogique durable et attractif, et ce nouveau support viendra enrichir encore le panel d’outils proposés par le SIAH.
Comment le projet a-t-il été financé et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?
François Quadri : La dimension pédagogique a été entièrement intégrée dès la phase d’étude du projet global d’extension de la station. Elle ne s’est donc pas ajoutée a posteriori, mais faisait partie intégrante de la réflexion sur la modernisation du site. Une enveloppe budgétaire spécifique a été réservée à cette composante, permettant de financer la création des outils numériques (animations 3D, interface StreetView), l’aménagement de la salle de conférence et la production des supports pédagogiques (panneaux, casques audio). La mise en œuvre des visites a ensuite été consolidée par le recrutement et la formation d’une animatrice, prise en charge directement par le SIAH. Aucune subvention extérieure n’a été sollicitée pour cette partie. Ce choix d’autonomie permet une plus grande cohérence entre le discours technique et la pédagogie déployée, tout en garantissant une maîtrise totale des contenus. C’est aussi un marqueur d’engagement fort du SIAH en faveur de l’éducation à l’environnement.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le SIAH dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
François Quadri : Le SIAH a conçu ce parcours en totale autonomie. Forts de notre expérience dans la médiation sur les sujets de l’eau, nous n’avons pas jugé nécessaire de faire appel à un prestataire externe pour la conception du contenu. En revanche, nous collaborons ponctuellement avec l’association Planète Sciences pour d’autres sites comme la zone d’expansion de crue du Vignois à Gonesse, notamment pour des visites à destination du jeune public. Dans ce cas, c’est le SIAH qui réalise les livrets pédagogiques et pilote le contenu. Cette capacité interne à produire nos propres supports témoigne de notre volonté d’assurer une cohérence globale entre notre mission technique et notre rôle pédagogique. Cela garantit aussi une adaptation continue aux publics que nous recevons.