ASSAINISSEMENT DES EAUX USéES

Grenoble Alpes Métropole surveille la présence d’eaux claires parasites dans ses réseaux d’assainissement (38)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Au cœur du Schéma directeur assainissement de Grenoble Alpes Métropole, la réduction des Eaux claires parasites (ECP) est un sujet important pour la collectivité. L’enjeu ?

Trouver des solutions pour limiter la présence de ces eaux qui surchargent les réseaux d’assainissement et génèrent des débordements depuis les déversoirs d’orage, et donc des rejets d’eaux usées dans le milieu.

Pour surveiller ces ECP sur son vaste réseau, Grenoble Alpes Métropole a mis en œuvre le logiciel Aquadvanced, qui analyse les données captées au niveau des postes de relevage et points de déversement. Ouvert et ergonomique, ce logiciel permet également aux exploitants du réseau d’assainissement de consulter directement les données de surveillance de leurs sites.

La mise en œuvre d’un logiciel de surveillance nous permet de faire un travail de fourmi sur la réduction des ECP : nous connaissons mieux nos ouvrages, nos bassins de collecte et pouvons améliorer nos systèmes, être plus pertinents sur nos choix d’investissement.

Nicolas Lesur

Comment le sujet s’est‐il imposé à l’agenda de Grenoble Alpes Métropole ?

Laurentino de Oliveira : L’autosurveillance du réseau d’assainissement s’est faite en plusieurs étapes : en 2010, nous avons installé des capteurs sur les ouvrages, 160 postes de relevage et 30 points de déversement, puis nous avons mis en place un premier logiciel superviseur. En 2018, nous avons souhaité aller plus loin que ce superviseur simple, en analysant les données collectées.

Nous avons décidé d’investir dans un logiciel hyperviseur plus performant. Il s’agissait notamment de mieux comprendre l’origine des Eaux claires parasites (ECP), permanentes ou collectées par temps de pluie, pour corriger les dysfonctionnements sur nos réseaux d’assainissement.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nicolas Lesur : Pour choisir le bon logiciel hyperviseur, nous avons réalisé un benchmark, du côté des éditeurs de logiciels mais surtout du côté des collectivités équipées. Nous avons notamment questionné les services de Villefranche, Rennes et le Mans, que nous savions en avance sur le sujet, pour obtenir leurs retours d’expérience. Nos critères de sélection du logiciel étaient les suivants : la fiabilité dans la remontée des données, la simplicité dans la validation des données, l’ergonomie globale et la possibilité de garder la main sur le paramétrage. Nous avons également consulté le Graie, une association ressource sur les sujets eau, pour obtenir des conseils.

Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Laurentino de Oliveira : Non, le projet ne nécessitait pas d’études, les capteurs étaient déjà installés depuis 2010. En revanche, une fois le logiciel Aquadvanced choisi, nous avons entamé une phase de paramétrage très longue, car nos réseaux d’assainissement s’étendent sur 2 000 kilomètres et concernent 49 communes.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Nicolas Lesur : Outre l’installation de capteurs sur les ouvrages, déjà réalisée chez nous, la mise en œuvre d’un logiciel comme Aquadvanced est assez complexe. Nous avons travaillé avec la DSI (Direction des systèmes d’information) de la Métropole sur les sujets infrastructures et interfaces.

Et nous avons passé beaucoup de temps sur le paramétrage, en collaboration avec tous les utilisateurs de nos services et du terrain.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment Grenoble-Alpes Métropole a‐t‐elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Nicolas Lesur : Le dimensionnement a été au cœur du paramétrage : nous avons réuni tous les utilisateurs du logiciel, les exploitants sur le terrain et les agents des services centraux, pour réaliser un découpage en 250 bassins, représentatif de la réalité. Ensuite, nous avons travaillé avec eux pour paramétrer les bonnes informations à analyser et des formats de rapports.

Au-delà de l’analyse de la présence des Eaux claires parasites, nous souhaitions que le logiciel Aquadvanced serve à nos exploitants dans leur gestion au quotidien. Jusqu’à présent, ils demandaient les données de surveillance de leurs sites à un service centralisé, aujourd’hui ils peuvent aller les consulter directement. Ils gagnent en autonomie, et en réactivité.

Comment la métropole a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Laurentino De Oliveira : La mise en œuvre globale du logiciel Aquadvanced - installation du logiciel, licences, mise en œuvre et paramétrage, fonctions connexes, formation - représente un coût de 195 000 euros HT.

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse a pris en charge la moitié de ce budget, nous avons autofinancé l’autre moitié.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Nicolas Lesur : Nous avons fait appel à un assistant à maîtrise d'ouvrage pour préparer la consultation pour la sélection de l’éditeur du logiciel, il nous a aidés à définir notre besoin et à préparer l’appel d’offres. Une fois le marché lancé, nous avons été accompagnés par notre DSI, par le groupe Suez, éditeur du logiciel.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2018

    Etude de marché

  2. 2019

    Lancement de la consultation pour le choix de l'outil

  3. 2020-2022

    Marché pour la mise en place de l’outil, formation et paramétrage du logiciel, et mise en place du diagnostic permanent des ECP.

  4. 2024

    Liens avec les autres services de la Métropole pour trouver des solutions pour diminuer les ECP

Chiffres clés

  • 250

    Bassins sectorisés

  • 160

    Postes de relevage

  • 30

    Points de déversement autosurveillés

À retenir

  • Ce projet a permis de rassembler les gens des services centraux et de l’exploitation pour trouver des solutions communes.

  • Le paramétrage de l’outil est très long mais il permet une prise en main du logiciel, et a mise à jour d’Aquadvanced est très lourde !

  • Aquadvanced est utilisé pour surveiller les Eaux claires parasites, mais aussi pour accompagner les exploitants dans leur gestion quotidienne du réseau d’assainissement. Le logiciel donne un accès facile à l’information, et une vision globale grâce à une cartographie du réseau d’assainissement de la Métropole.

  • Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse

  • Grenoble Alpes Métropole

  • AQUADVANCED®

  • Graie

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