ASSAINISSEMENT DES EAUX USéES

Loudéac Communauté Bretagne Centre (22) expérimente la viabilité socio-économique de la réutilisation des eaux usées

Niveau d'expertise : intermédiaire

Loudéac Communauté Bretagne Centre (22) a mis en place une expérimentation de réutilisation des eaux usées, pendant 6 mois.

L’installation d’une unité mobile a permis de traiter 500 m3 par jour d’eaux issues de la station d’épuration de Calouët. Ce traitement additionnel produit une eau déminéralisée et sans pathogènes, qui peut être utilisée pour l’arrosage ou par les industries voisines.

Cet essai, d’un coût total de 265 000 €, a démontré la viabilité socio-économique d’une telle réutilisation.

Nous avons pu montrer que le projet est économiquement viable. L’objectif premier de l’expérimentation était de le vérifier.

Xavier Hamon

Comment cette expérimentation de réutilisation des eaux usées s’est‐elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?

La station de Calouët, près de Loudéac (22) est la 3e plus grande station d’épuration de Bretagne sous maîtrise d’ouvrage publique. Elle traite l’équivalent de 175 000 habitations par jour, dont les eaux issues de la plus grande zone industrielle de Bretagne située à proximité.

La station traite chaque jour environ 5 000 m3 d’eau qui sont renvoyés vers le milieu naturel. Les réflexions autour de la réutilisation des eaux usées étaient en cours depuis 2020 environ. La sécheresse de 2022 a confirmé la pertinence du sujet et accéléré notre démarche.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous avons organisé un séminaire, pour une trentaine d’élus, sur le site pilote du Jourdain (85), unique en Europe. Sur ce site en Vendée, l’eau traitée par la station d’épuration est ensuite purifiée dans une station d’affinage. Elle est rejetée dans le milieu naturel, en amont d’un captage d’eau potable, en transitant par une zone végétalisée.

Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Cette expérimentation consiste justement à évaluer la faisabilité d’une réutilisation des eaux usées. Les eaux ont servi essentiellement à de l’arrosage. Si une station permanente peut être réalisée, il faudrait alors développer aussi un réseau de distribution vers les entreprises utilisatrices.

Pour prendre en compte tous les enjeux liés à un tel projet, nous avons associé, au sein d’un comité de pilotage, les acteurs concernés : les sous-préfet, la DREAL, l’ARS, Véolia (l’entreprise sélectionnée pour la réalisation) et des chefs d’entreprise du territoire.

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

La communauté de communes a déjà des collaborateurs qui travaillent sur les eaux usées. Nous avons lancé un appel d’offres pour la fourniture d’une unité mobile pour cette expérimentation.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a‐t‐elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Le module fourni par Véolia a conditionné la dimension de l’expérimentation. Nous avons impliqué des chefs d’entreprise locaux dans le comité de pilotage : dans un projet de plus grande envergure, ils seraient les principaux acheteurs. Leur adhésion est donc nécessaire pour que le projet soit viable.  Nous avons invité plus largement les chefs d’entreprise lors de la restitution. Des dirigeants d’entreprises pourtant situées hors du territoire y ont assisté !

Nous travaillons aussi avec le producteur d’eau potable, pour agir en complémentarité et non en concurrence.

Comment la collectivité a‐t‐elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le budget total de 265 000 € a été financé en majeure partie par Loudéac Communauté Bretagne Centre. Le Conseil Départemental 22 a soutenu l’initiative à hauteur de 97 500 € via le contrat de territoire et la Région Bretagne à hauteur de 39 000 €.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Véolia, qui a fournit une unité mobile pour compléter le traitement des eaux en sortie de la station d’épuration.

Le projet en détails

Dates clés

  1. Octobre 2023

    Inspiration

  2. 2023

    Recherche des compétences

  3. Juillet - Décembre 2023

    Réalisation du projet

  4. 2024

    Restitution

Chiffres clés

  • 500

    m<sup>3</sup>/ jour d'eau traité par l'unité mobile

  • 6

    mois d’expérimentation

  • 265 000

    euros, le budget total du projet

À retenir

  • Les acteurs économiques locaux ont adhéré au projet. Pour un prix identique ou légèrement supérieur à celui de l’eau potable, l’eau recyclée leur permet de s’inscrire dans une démarche de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). C’est aussi un atout pour maintenir leur activité en période de sécheresse.

  • L’unité mobile a pu traiter jusqu’à 500 m<sup>3</sup> / jour, soit environ 10 % des eaux traitées par la station ou l’équivalent quotidien de 3 000 personnes.

  • Le développement de la réutilisation des eaux usées nécessite une veille juridique. Il est interdit de rejeter une eau déminéralisée dans le milieu naturel, et une eau potable doit être captée dans le milieu naturel. Or, si l’eau ne peut être utilisée que pour du lavage (équipements, locaux…), l’utilisation n’est pas suffisante pour que la réutilisation des eaux usées se développe.

  • Région Bretagne

  • Loudéac Communauté Bretagne Centre

  • ARS

  • DREAL

  • Véolia

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