Station d’épuration de SaôneOr (71) : une réhabilitation au plus près des besoins
Le Grand Chalon (71) a réhabilité la station d’épuration de la zone industrielle de SaôneOr à Crissey, en s’appuyant sur le procédé de traitement biologique par boues aérobies granulaires NEREDA®.
Une installation compacte et modulaire, capable de s’adapter aux besoins en traitement des eaux urbaines et industrielles à venir.
La STEP SaôneOr a adopté un procédé innovant de boues biologiques granulaires - Crédit photo : SOURCES
C’est une réelle satisfaction d’avoir réhabilité la station d’épuration de SaôneOr sans discontinuité de service, et d’avoir fait le choix d’un procédé innovant et performant qui répond à nos enjeux environnementaux tout en étant évolutif.
Comment le sujet de la réhabilitation de la station d’épuration de SaôneOr s’est-il imposé à l’agenda du Grand Chalon ?
Au départ de l’entreprise Kodak de la ZI de SaôneOr à Chalon-sur-Saône, à la fin des années 2000, puis de ses sous-traitants, la station d’épuration, initialement dimensionnée pour 120 000 équivalents habitants (EH) s’est retrouvée en très forte sous-charge.
Le Grand Chalon, gestionnaire de la station depuis 2012, s’est rapidement orienté sur une réhabilitation de l’installation afin de la dimensionner au plus près des besoins de la ZI en pleine reconversion. Au début du projet, celle-ci disposait d’une réserve foncière de 80 hectares à couvrir avec la commercialisation de nouvelles parcelles. Un des enjeux a été de dimensionner une station sans connaître à l’avance le type d’entreprises qui aillaient s’implanter sur le site ni leur nombre de salariés. Parallèlement, les effluents des communes de Virey-le-Grand, Crissey et Fragnes-la-Loyère ont été raccordés à la station fin 2013-2014 pour lui apporter de la charge.
Dans un souci du respect de l’environnement, le Grand Chalon a décidé de garder l’existant tant que possible et de ne pas s’étendre, la ZI étant implantée en limite de zone humide et en bordure d’une zone inondable.
Les études prospectives ont conduit la collectivité à opter pour une station compacte comprenant deux files de 15 200 EH. Après mise en concurrence c’est le procédé NEREDA® qui a été retenu. Modulaire et évolutif, il offrait trois files de 15 200 EH et les travaux ont été terminés en octobre 2024.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous avons visité différents types de stations en France et en Suisse avec notre maître d’œuvre. Notamment des systèmes compacts, notre volonté étant de limiter le foncier nécessaire, les travaux de génie civil, et de pouvoir réutiliser nos deux bassins existants, de 7 000 m3 chacun, pour le traitement et aussi comme bassin d’orage pour éviter tout déversement en cas de fortes pluies.
Ces visites nous ont permis de découvrir différents procédés compacts tels que le SBR (réacteur biologique séquentiel), le MBBR (procédé biologique à cultures fixées fluidisées) et le traitement biologique par boues granulaires (process NEREDA®).
Après mise en concurrence, c’est le procédé innovant de boues biologiques granulaires NEREDA® qui a été retenu. Il présente plusieurs avantages : la modularité avec plusieurs files fonctionnant de manière transparente pour la station, l’élimination biologique du phosphore sans ajout de réactif, une décantation très rapide des boues, des économies d’énergie du fait de l’affranchissement d’un clarificateur et des résultats performants.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Non. Seule une étude de maitrise d’œuvre classique a été réalisée, comprenant un diagnostic, un avant-projet et un projet.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Des compétences en gestion de projet, traitement des eaux usées et réglementation dans le domaine de l’assainissement collectif.
Concernant le fonctionnement du procédé, les équipes de notre exploitant (Suez, délégataire de service public) ont été formées afin de prendre en main l’outil dans les meilleures conditions.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Un des enjeux était de choisir une station d’épuration modulaire et évolutive pour s’adapter aux besoins de la ZI, difficiles à évaluer au moment de sa réhabilitation.
Nos projections ont pris en compte l’évolution de la population des trois communes raccordées et des hypothèses d’évolution de la ZI cohérentes avec le Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUI), les schémas directeurs d’assainissement et d’eau potable pour dimensionner la station à 30 400 EH en la scindant en deux files de 15 200 EH (la conception du procédé NEREDA® proposé a permis de déployer trois files de 15 200 EH, offrant ainsi une évolutivité plus grande). Grâce à cette modularité, la station est capable de s’adapter aux évolutions de charge.
Un important travail de phasage a été effectué afin de satisfaire notre obligation de continuité de service pendant les travaux sans dégrader le traitement des eaux usées. Résultat : aucun jour de traitement dégradé n’a été observé pendant le chantier.
Par précaution, une communication a été faite à l’attention des industriels en amont des travaux afin de les sensibiliser au fait que la station n’aurait pas de sécurité en cas de déversement accidentel de produit polluant pendant la durée des travaux. Aucun incident ayant entrainé une dégradation du traitement n’a été constaté.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le montant total de l’opération (comprenant les travaux, la maîtrise d’œuvre et les différentes missions annexes) s’est élevé à 9,3 M€, financés par le Grand Chalon avec l’aide de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse à hauteur de 1,5 M€.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le Grand Chalon dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
ARTELIA, pour la maîtrise d’œuvre.
SOURCES (en groupement avec EG Tournier, SAP2I et Bessard Architectes) , constructeur, distributeur de NEREDA®.
Bureau Veritas, contrôleur technique.
PMM, pour la SPS (sécurité et protection de la santé).
Suez, exploitant, qui a maintenu la continuité de service avec l’ancienne station durant tout le chantier.