ASSAINISSEMENT DES EAUX USéES

Un bassin pour anticiper les pluies et préserver les milieux naturels à Coulogne (62)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Mis en service en février 2025, le nouveau bassin de stockage-restitution de la Communauté d’Agglomération Grand Calais Terres & Mers à Coulogne est connecté à la partie la plus ancienne du réseau unitaire de la commune. Il collecte à la fois les eaux usées et les eaux pluviales.

Par temps sec, les eaux sont dirigées vers la station d’épuration, tandis qu’en période de pluie, les volumes excédentaires sont temporairement stockés afin d’éviter tout rejet d’eaux non traitées dans le milieu naturel, avant d’être restitués une fois le réseau désengorgé. Cet équipement stratégique permet de limiter les débordements, de préserver la qualité des milieux aquatiques et des eaux de baignade, tout en intégrant des ambitions environnementales, avec une future production d’énergie photovoltaïque et une intégration paysagère soignée.

Cet ouvrage marque une étape décisive dans la mise en conformité et la modernisation de notre réseau d’assainissement.

David DE SMEDT

L'interview

Pour quelles raisons ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre communauté d’agglomération ?

L’ouvrage existant, une ancienne station d’épuration reconvertie en bassin de stockage-restitution, présentait une capacité de seulement 700 m³. Ce volume s’est révélé insuffisant au regard des conclusions de l’étude diagnostic assainissement menée dans le cadre du schéma directeur. Compte tenu des contraintes liées à la localisation du site et au foncier disponible, il a été décidé de démolir l’ouvrage existant afin de reconstruire un nouvel équipement au même emplacement, mais mieux dimensionné. Ce nouveau bassin vise à lutter plus efficacement contre les déversements d’eaux usées dans le milieu naturel lors des épisodes pluvieux touchant la commune de Coulogne. Par temps sec, il recueille l’ensemble des eaux usées de Coulogne et les redirige vers la station d’épuration. En période de pluie, les volumes excédentaires sont temporairement stockés, évitant ainsi tout rejet d’eaux non traitées dans le milieu naturel. Une fois le réseau désengorgé, les eaux sont restituées vers la station d’épuration à l’aide de trois pompes. Mis en service en février 2025, il a déjà démontré son efficacité, avec une diminution significative des déversements lors des fortes pluies.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous nous sommes appuyés sur les retours d’expérience de nos BSR existants et des retours de communes environnantes déjà équipées de ce type d’ouvrage hydraulique. L’enjeu principal a ensuite été de dimensionner correctement le bassin, à la fois en termes de volumes à stocker et en tenant compte des contraintes foncières du site.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Oui, dans le cadre du schéma directeur d’assainissement, des études de modélisation hydraulique ont été menées afin de dimensionner précisément l’ouvrage et de répondre aux besoins réels du territoire. Toutes les ressources techniques disponibles ont été mobilisées.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet?

Il est indispensable de bien connaître le fonctionnement hydraulique de son réseau. Des compétences solides en gestion de projet sont également nécessaires afin de coordonner l’ensemble des acteurs et garantir la cohérence de l’opération. Nous avons par ailleurs bénéficié d’un accompagnement étroit de nos assistants à maîtrise d’ouvrage.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la Communauté d’agglomération Grand Calais Terres & Mer a-t-elle suscité l’adhésion des citoyens?

Des réunions publiques ont été organisées afin d’expliquer clairement le projet et ses bénéfices pour le territoire. Nous avons également porté une attention particulière à l’intégration paysagère de l’équipement, avec un bardage bois et des murs végétalisés, afin de limiter son impact visuel.

Comment le projet a-t-il été financé et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le coût total du bassin s’élève à 2 723 093 euros. Il a été financé à hauteur de 1 541 482 euros par la Communauté d’Agglomération Grand Calais Terres & Mers et de 1 181 611 euros par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

L’Agence de l’Eau a été un partenaire majeur, tout comme la Police de l’Eau, afin d’assurer la conformité réglementaire du projet. La maîtrise d’ouvrage a été assurée par la Communauté d’Agglomération, la maîtrise d’œuvre par la Direction du Cycle de l’Eau. Trois entreprises sont intervenues sur le chantier : Eiffage pour le génie civil, Actemium pour l’électricité et Sogéa Nord Hydraulique pour le process.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2018 - 2021

    Etudes

  2. 9 septembre 2022

    Attribution du marché

  3. 25 mai 2023

    Dépôt du permis de construire

  4. novembre 2023 - novembre 2024

    Réalisation des travaux

Chiffres clés

  • 2 500

    m3, la capacité de stockage

  • 2 723 093

    euros, le coût du bassin

À retenir

  • L’efficacité de l’équipement, déjà vérifiée sur le terrain

  • La qualité de son intégration paysagère

  • Le recours à ce type d’ouvrage reste contraint. Idéalement, il serait préférable de pouvoir intervenir directement sur le réseau via de la déconnexion ou encore mieux de la désimperméabilisation pour favoriser l’infiltration sur l’espace public

Les partenaires du projet

  • Agence de l’Eau Artois-Picardie

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