ASSAINISSEMENT DES EAUX USéES

Un bassin tampon d'eau usées à Rambouillet (78) pour prévenir le risque de pollution du milieu naturel

Niveau d'expertise : intermédiaire

Afin de mieux gérer son réseau d'eaux usées, la communauté d'agglomération Rambouillet Territoires a réalisé un bassin de rétention des eaux usées d'une capacité de 6000 m³ dans le quartier de Groussay à Rambouillet (Yvelines).

Son rôle est d'empêcher, lors de fortes précipitations, que les eaux de pluie mêlées aux eaux usées, issues des conduites unitaires de la commune, viennent saturer le réseau de canalisations qui mènent à la station d'épuration qui sera prochainement inaugurée. A cela s'ajoute un souci écologique, puisque l'enjeu est aussi de limiter tout risque de débordement dans le milieu naturel.

L'investissement pour cet équipement - lequel vient en accompagnement d'un premier bassin de 7000 m³ situé sur la zone de la nouvelle station d'épuration située à environ deux kilomètres - s'élève à 10 millions d'Euros.

En recueillant temporairement ces eaux usées mêlées aux eaux de pluie lors de fortes précipitations - étant donné qu'une partie du réseau de la ville est en unitaire - on évite ainsi de rejeter ces eaux usées, via un déversoir d'orage, dans le milieu naturel comme cela pouvait être le cas auparavant.

Thomas Gourlan

Comment ce projet de bassin s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

L'idée de ce bassin a été fixée dans le cadre du schéma directeur d'assainissement réalisé en 2018 suite à deux épisodes d'inondations dans le quartier de Groussay à Rambouillet en 2016 et 2018. Il a été pensée en complément de la toute nouvelle station d'épuration implantée à Gazeran et qui assure l'assainissement des eaux usées pour les communes de Rambouillet, Gazeran et Vieille-Eglise en Yvelines (soit un total de 27 761 habitants). Cette station d'épuration dispose également d'un bassin de stockage de 7000 m³ à proximité. Il s'agit donc pour le bassin de Groussay, distant de deux kilomètres et situé en un point bas drainant autant les eaux pluviales que les eaux usées, d'être un équipement tampon, lors de fortes précipitations, afin que la station d'épuration en aval puisse être en mesure d'absorber progressivement les quantités d'eau accumulées. Ainsi, en recueillant temporairement ces eaux usées mêlées aux eaux de pluie lors de fortes précipitations - étant donné qu'une partie du réseau de la ville est en unitaire - on évite ainsi de rejeter ces eaux usées, via un déversoir d'orage, dans le milieu naturel comme cela pouvait être le cas auparavant. Il y avait notamment la la rivière la Guéville qui était régulièrement polluée. Sans oublier les désagréments esthétiques et olfactifs que cela pouvait occasionnellement générer pour les riverains.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

L'enjeu de ce bassin, assez classique dans son principe, était d'avoir ouvrage facile à exploiter avec un coût de fonctionnement le plus faible possible. Notre commande comportait donc le souhait que les pompes permettant de vider le bassin soient peu énergivores et adaptées de telle façon à pouvoir fonctionner avec un bassin plus ou moins plein. Ce bassin a été néanmoins un défi technique pour diverses raisons : situé en zone urbaine, sur ce qui fut autrefois un ancien marais, cet ouvrage de 22,6 mètres de diamètres a été construit à une profondeur de plus de 22 mètres et est ancré à 50 mètres de profondeur dans le sol au milieu de la nappe phréatique. Il y avait donc de fortes contraintes techniques pour ce chantier.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Il n'y pas eu besoin d'étude de faisabilité ni d'impact sur projet. Seulement les études classiques géotechniques et topographiques en lien avec l'architecte des bâtiments de France et la Police de l'eau. Nous avions surtout une seule contrainte : comme nous sommes situés à moins 500 mètres du château de Rambouillet nous étions obligés, notamment par l'architecte des bâtiments de France, de construire un ouvrage enterré et qu'il soit accompagné d 'un local extérieur « habillé » comme stipulé dans le PLU. Ce qui ne posait pas de difficultés particulières puisque tout cela était déjà dans notre projet initial.

 Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Tout d'abord, il faut rappeler que ce projet s'inscrit dans une réflexion globale de la gestion des eaux usées sur ce territoire tel qu'il est présenté dans le schéma directeur de l'assainissement. Pour ce qui concerne le chantier proprement dit, il s'agit essentiellement de compétences en géotechnique et en génie civil hydraulique. Par ailleurs, les entreprises choisies Parenge, Soletanche Bachy et Feljas&Masson sont leaders dans le domaine. Nous avons reçu d'ailleurs pour ce chantier le prix la Victoire de la Prévention des Risques Environnementaux au niveau régional aux Victoires de l’Investissement Local en 2024.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Une réunion publique d'information et une visite sur le site ont eu lieu avant les travaux afin d'informer les habitants notamment sur les allers et venues des camions qui pouvaient risquer de générer quelques nuisances pour les riverains. Mais on a veillé à ce que la circulation soit constamment maintenue pendant les travaux d'autant plus que le chantier était à proximité de l'hôpital. Il n'y a donc jamais eu d'interruption de la circulation. Par ailleurs, afin de nous prémunir en cas d'éventuelles plaintes concernant le bruit et les vibrations, nous avions installé des capteurs en divers endroit du chantier afin de vérifier que nous ne dépassions pas les seuils légaux. Attesté par huissier, cela n'a jamais été le cas.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Sur un montant global de 10 millions de travaux, l'Agence de l'eau Seine-Normandie a financé ce projet à hauteur de 3,5 Millions d'Euros. Les 6, 5 millions d'Euros restant ont été financé sur le budget assainissement de la commune de Rambouillet.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné Rambouillet dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Le projet a été réalisé avec le concours de plusieurs acteurs clés. La maîtrise d'œuvre a été confiée aux bureaux d'études Merlin, Astrée (en charge de la dimension des débits de pompage), Sol Progres (spécialisé en géotechnique) et Atelier RVL. La partie géotechnique a été prise en charge par ERG, tandis que Qualiconsult a assuré la coordination de la sécurité et de la protection de la santé. Le contrôle technique a été réalisé par Batiplus.

En ce qui concerne les entreprises impliquées, Parenge (Compagnie parisienne d'entreprise générale) s'est chargée du génie civil, Soletanche Bachy a géré la construction et l'installation des parois moulées étanches, et Feljas & Masson a été responsable des équipements. Enfin, la communauté d'agglomération Rambouillet Territoires a également joué un rôle important dans ce projet.

 

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2019

    Mise à l’agenda

  2. 2021

    Inspiration : (études préalables et choix du maître d'oeuvre)

  3. Juillet 2022

    Réalisation

  4. Mai 2024

    Réalisation

Chiffres clés

  • 6000

    m³de capacité de stockage du bassin

  • 10

    millions d'Euros : Coût du projet

  • 23

    mois de travaux

À retenir

  • L'enveloppe financière du projet a été respectée

  • Le bassin fonctionne comme prévu

  • Aucun. Il y a eu seulement des ajustements de fin chantier : une fois le bassin mis en service, on s'est aperçu que le ventilateur qui permet d'aérer le fond bassin faisait trop de bruit pour les riverains. Nous avons donc changé le ventilateur lequel désormais dispose d'un piège à son.

  • Agence de l’eau Seine Normandie

  • La communauté d'agglomération Rambouillet Territoires

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