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Une nouvelle STEP à boues activées pour les communes d’Essé et de Boistrudan (35)

La construction de nouveaux logements sur les communes d’Essé et de Boistrudan a rendu leurs lagunes respectives insuffisantes pour traiter les flux d’eaux usées à venir. La commune d’Essé a donc envisagé la construction d’une station d’épuration (STEP) de plus grande capacité et respectant les nouvelles normes environnementales.

Mise en service en 2025, cette nouvelle STEP a une capacité de 850 équivalents-habitants et utilise la technologie des boues activées. Plusieurs professionnels ont été sollicités pour préparer et réaliser le projet.

La STEP est désormais gérée par la SAUR et les analyses de l’eau sont faites par le laboratoire Labocéa.

Entretien avec Alexis-Nicolas Delsaut, Pascal Wauters et Didier Rauflet

Parole de collectivité
De gauche à droite : Didier Rauflet (Maire de Boistrudan), Alexis-Nicolas Delsaut (Maire d’Essé) et Pascal Wauters (Premier adjoint au Maire d’Essé) - Crédit photo : Joëlle Bizeau
Assainissement des eaux usées

Ce projet est présenté par :

  • Alexis-Nicolas Delsaut, Maire d’Essé
  • Pascal Wauters, Premier adjoint au Maire de Essé
  • Didier Rauflet, Maire de Boistrudan
Les collectivités doivent savoir que ce genre de projet s’étale sur plusieurs mandats. Il est important d’anticiper.
Alexis-Nicolas Delsaut

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action

Comment la construction de cette STEP à boues activées s’est-elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?

Historiquement, la commune d’Essé disposait déjà de lagunes pour le traitement des eaux usées, avec une capacité de 500 équivalents-habitants. Le projet d’aménagement de la ZAC des Lavandières, lancé en 2008, ajoutait 71 maisons, imposant des travaux pour augmenter cette capacité. L’étude menée de 2008 à 2020 prévoyait ainsi la construction d’une nouvelle STEP, à biodisques et plus en accord avec les nouvelles normes environnementales. Puis un évènement exceptionnel a nécessité l’adaptation du projet : la crise du Covid, à la suite de laquelle la filière de traitement par biodisques a été abandonnée au profit de celle à boues activées pour éliminer toute trace du virus.

Parallèlement, les lagunes de la commune de Boistrudan (capacité de 250 équivalents-habitants) arrivaient à saturation et ne permettaient pas d’accueillir les futurs habitants envisagés dans le cadre d’un nouveau lotissement de 23 maisons. Les deux maires de l’époque se sont rapprochés pour adapter les équipements et ainsi permettre le branchement de Boistrudan.

Une fois la commune de Boistrudan raccordée, la STEP d’une capacité finale de 850 équivalents-habitants fonctionnera à environ 80 % de cette charge, ce qui est une bonne proportion pour son rendement.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Les élus ont visité quatre ou cinq stations d’autres communes avec le maître d’œuvre afin de voir les réalisations, d’évaluer les différentes technologies possibles, la surface de terrain nécessaire ainsi que le budget requis et les différentes aides possibles. Les communes d’accueil ont vraiment partagé leurs expertises pour aider à choisir la filière de traitement et dimensionner correctement le projet.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?

C’est difficile d’avoir toutes les compétences techniques dans une commune, surtout celles de petite taille comme Essé ou Boistrudan, et sur un sujet aussi particulier que l’assainissement. Il y a peu de personnel, donc il peut être compliqué de suivre toutes les démarches administratives, sans compter que ce genre de dossier prend beaucoup de temps et s’étale généralement sur plusieurs mandats.

Les élus sont donc allés chercher les compétences chez des professionnels, mais sans faire l’impasse sur l’auto-information : ils se sont intéressés et ont lu sur le sujet afin de pouvoir suivre le projet.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

L’étude a été menée entre 2008 et 2020. Elle a démarré par un diagnostic du système suite à la décision de lancer une étude de ZAC. Au cours de cette période, en 2012, le Plan local d’urbanisme (PLU) a été adopté avec une vision de développement sur lequel le projet s’est appuyé pour dimensionner l’équipement. Les visites sur d’autres communes ont permis de se rendre compte des filières de traitement existantes. Ces retours d’expérience d’autres élus ont aussi permis de réfléchir à d’autres problématiques, comme la question du terrain et de l’emplacement, le rejet des eaux propres ou encore la gestion d’un éventuel dysfonctionnement.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

L’ensemble du projet a eu un coût de 1 150 000 € HT. Un prêt de 550 000 € a été contracté sur 40 ans auprès de la Banque des Territoires et une subvention de 354 730 € a été accordée par l’Agence de l’eau. Le reste a été financé sur fonds propres via le Budget Annexe Assainissement grâce à une anticipation des élus sur le long terme : la taxe d’assainissement a été progressivement augmentée sur 10 ans pré-travaux afin de pouvoir les financer compte-tenu de la réduction des aides.

Aujourd’hui, la commune d’Essé a probablement un montant de taxe d’assainissement élevé par rapport aux communes voisines, mais cela a évité une augmentation brutale pour les habitantes et habitants.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Les élus se sont entourés de plusieurs professionnels :

  • un maître d’œuvre : IDEEau Tech,
  • plusieurs entreprises de travaux : SAUR, Renou, PVE et Ancrage,
  • un délégataire pour l’exploitation de la STEP : la SAUR (Société d’aménagement urbain et rural),
  • une assistance technique du Département et analyse de l’eau : Labocéa.

Il y a eu une difficulté particulière concernant la maîtrise d’œuvre sur ce projet : un changement de maître d’œuvre suite à un rachat et deux liquidations. Il n’y a plus de maîtrise d’œuvre depuis la fin du chantier et des études complémentaires et les démarches de fin du marché sont toujours en attente.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

C’est important de se faire accompagner par un maître d’œuvre, pour pallier le fait que les agents communaux n’ont pas forcément la compétence sur le sujet. L’idéal est que ce maître d’œuvre communique bien, pour faciliter les échanges.

Il faut aussi s’intéresser au sujet, justement pour comprendre les explications du maître d’œuvre et faire les bons choix. Il faut aller voir ce qui a été fait ailleurs et lire sur les différentes technologies par exemple.

Enfin, il nous semble important d’anticiper. Ce type de projet s’étale sur plusieurs mandats, c’est important de le prendre en compte, notamment pour l’aspect financier. Il faut se renseigner sur les prêts et aides accessibles, et mettre en place des actions si besoin. C’est ce qui a été fait notamment avec l’augmentation progressive du coût de l’eau.

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Le projet en détails

Dates clés

2008 - 2010

Étude du projet

2024

Début des travaux

2025

Mise en service de la STEP

2025 - 2026

Convention et travaux pour le branchement de Boistrudan

Chiffres clés

850

équivalents-habitants, capacité finale de la nouvelle STEP

45

m3/jour

1 150 000

€ HT de budget

À retenir

Les communes ont vraiment ouvert leurs portes et partagé leurs expertises pour que la commune d’Essé puisse dimensionner correctement le projet et réfléchir aux différentes problématiques

Tous les délais ont été respectés, ce qui a permis la mise en service de la STEP en temps et en heure

Ce type de projet est plutôt lourd, mais surtout long (plusieurs mandats). Il faut donc anticiper plusieurs choses, notamment l’aspect financier. Cette longueur entraîne aussi plus de risques et d’incertitudes

Ressources

La mairie d’Essé va avoir un site internet et une nouvelle station d’épuration en 2025

Ouest France

Les partenaires de ce projet

BANQUE_TERRITOIRES_LOGO

Banque des Territoires

logo-agence-eau-loire-bretagne-aquagir

Agence de l'eau Loire-Bretagne

SAUR

SAUR

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

IDEEAU TECH

Groupe Renou

Ancrage BPT

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habitants

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