A Remiremont (88), quatre cuves de grande contenance pour lutter contre les feux de forêt
Après un incendie dramatique en 2022, la Ville de Remiremont a décidé de s’équiper de quatre citernes d’eau souples, permettant de mieux prévenir les feux de forêt.
L’eau de pluie récupérée dans ces cuves va permettre de mieux prévenir les feux de forêt, de plus en plus nombreux dans la région.
Ces derniers seront installés en 2025.
Un exemple d’installation de citerne souple -Crédits photo : Ville de Remiremont
Nous sommes parvenus à créer un outil pédagogique, utile et beau.
Comment le sujet des citernes d’eau souples s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Notre commune a connu un terrible incendie en 2022, parti du Ménil-Thillot, tout proche de Remiremont : ce feu a embrasé 37 hectares de forêt avant d’être stoppé aux portes de notre ville, tout proche des habitations. La violence historique de ce phénomène a provoqué un électrochoc, pour les habitants de la région tout comme pour nos collectivités.
Nous nous sommes alors rapidement tournés vers la solution des citernes d’eau souples, permettant de collecter de l’eau de pluie et d’agir plus rapidement contre des incendies situés dans des zones difficiles d’accès : deux-tiers de la superficie de notre commune est forestière, et ce risque de feu s’accentue évidemment avec le réchauffement climatique.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous avons travaillé main dans la main avec l’Associations des Maires des Vosges, l’ONF (Office National des Forêts) ainsi qu’avec les sapeurs-pompiers de la région. L’un de nos enjeux principaux, au-delà de la récupération de l’eau pour remplir les citernes, était que ces dernières soient faciles d’accès, avec une voirie opérationnelle pour les pompiers en cas d’incendie : car certaines citernes sont volontairement situées dans des secteurs où l’accès est rendu difficile par le terrain, mais où les incendies peuvent s’étendre.
Nous nous sommes inspirés d’autres collectivités ayant déjà mis en place de type de projet, et qui nous ont fait part de sa viabilité.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Nous nous sommes surtout attachés à définir des secteurs stratégiques pour la mise en place des citernes, en fonction de la difficulté d’accès du lieu et de sa pertinence par rapport au potentiel d’incendie de la forêt à cet endroit. La capacité des cuves a également été un sujet, par rapport à ces deux facteurs : nous en sommes arrivés à la conclusion que nous devions investir dans une cuve de 120 m3, une autre de 150 et deux citernes de 300 m3 aux endroits les plus stratégiques. Vu les niveaux de précipitation dans la région et nos niveaux de pente, nous misons sur un remplissage maximum de ces citernes.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Différentes questions se sont posées pour cette installation, et nous nous sommes renseignés auprès d’autres communes ayant déjà entamé ce type de démarche. Nous avons dû notamment nous pencher sur l’aspect technique des contenants (capacité des cuves, remplissage, raccordement), leur accès au niveau de la voirie (elles sont volontairement situées dans des endroits difficiles d’accès, mais les camions de pompiers doivent pouvoir s’y rendre facilement) et leur garantie de remplissage maximum avec une récupération de l’eau de pluie optimale, via l’utilisation des pentes alentours. De nombreuses compétences ont donc dû être mobilisées en termes de logistique, de voirie, d’hydraulique et prévention des incendies.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Il y a eu un large consensus autour de ce projet, tant l’incendie survenu en 2022 est resté dans les mémoires de tous les habitants de la région. Politiquement, nous avons pu agir rapidement en votant ce projet en conseil municipal et bénéficier de financements (voir questions suivante, ndlr) ; en terme de communication, nous avons pu compter sur la presse locale pour assurer un relais de l’information, en plus de notre bulletin municipal qui nous a permis de communiquer auprès des habitants de notre collectivité. C’est un sujet qui intéresse largement, au-delà de toute considération partisane.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Sur un projet chiffré à 201 000 euros au total, nous avons pu bénéficier d’une aide conséquente de l’Etat par l’intermédiaire du Fonds Vert, qui soutient financièrement le projet à hauteur de 66%. Le reste est auto-financé, et notre commune récupère la TVA sur l’investissement.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la commune de Remiremont dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
D’autres acteurs sont appelés à intervenir sur ce projet, notamment pour l’achat et l’installation des cuves : mais le marché est encore en consultation.