A Hettange-Grande (57), un chantier de grande ampleur pour rénover le château d’eau municipal
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
A Hettange-Grande en Moselle, le château d’eau a été rénové pour pallier à la décrépitude de l'ouvrage : problèmes des fuites, d’infiltration, de chutes potentielles de béton et vétusté de la structure globale. La collectivité se félicite de l’ampleur de l’opération, qui pérennise l’édifice et son fonctionnement pour de nombreuses années (isolation de la cuve, mise en place d’un monitoring) malgré une obligation d’autofinancement liée à un refus de subventions.
Le bilan est positif et la population n’a jamais été impactée par les opérations techniques.
Hervé Patat à l’inauguration du château d’eau (5e en partant de la gauche) - Crédits photo : Banque des Territoires
Nous avons donc opté pour une étude technique globale pour [...] faire évoluer l’ouvrage vers quelque chose de performant et viable sur du long terme.
L'interview
Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Après une étude lancée en 2019-2020 sur notre château d’eau par la MATEC (Moselle Agence Technique), nous avons été renforcés lors de l’arrivée en 2022 de notre directeur des services techniques, M. Lacher, dans notre sentiment d’urgence d’intervenir sur l’infrastructure : problèmes de fuites et d’infiltration, parties béton prêtes à tomber à l’extérieur, remontée d’eau assez vétuste à l’intérieur du bâtiment.
Etant donné l’urgence de cette situation, la mairie a décidé de lancer rapidement les travaux, en s’entourant d’entreprises particulièrement compétentes sur le sujet - les prestataires sachant correctement travailler sur les châteaux d’eau sont en réalité en nombre limité - et en décidant d’apporter des améliorations à l’édifice : couverture isolant sur le dos de la cuve, mise en place d’équipements de contrôle et de remontées de données, sécurisation de la structure de l’ouvrage. Nous avons confié l’étude technique et le choix des entreprises à la MATEC et le chantier a pu démarrer rapidement en 2022.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Il n’y a pas eu spécialement de prise d’inspiration sur d’autres ouvrages, puisque la volonté première des élus était de pérenniser l’ouvrage ; je me suis simplement rendu au Luxembourg, de l’autre côté de la frontière, pour observer certaines “Rolls Royce” des châteaux d’eau, qui pouvaient servir de référentiel haut de gamme. Mais des travaux de cette ampleur, pour une commune comme Hettange-Grande en régie municipale, n’ont à ma connaissance jamais été menés ainsi.
Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?
Nous avons utilisé différents médias, de notre magazine communal jusqu’aux quotidiens régionaux, dont le Républicain Lorrain, en passant par le site internet de la mairie. Côté municipalité, nous avons utilisé lors des conseils municipaux des exemples techniques pour montrer l’ampleur de l’opération. Du point de vue des citoyens, comme notre château d’eau est situé en plein centre-ville, l’installation de l’échafaudage au moment de la mise en peinture s’est immédiatement vue dans la commune.
En termes d’impacts, la distribution de l’eau n’a jamais été stoppée et l’opération a donc été imperceptible. Nous avons aussi choisi de débuter les travaux en hiver, lorsque le tirage est moins sollicité, à l’inverse des périodes estivales où la défense incendie et la population auraient pu être pénalisées.
Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?
Il était hors de questions pour nous de travailler sur plusieurs années en étalant les travaux : nous avons donc opté pour une étude technique globale, appuyée par des survols de drones au-dessus du dôme, par des analyses en chariot élévateur et par l’installation d’un échafaudage sur l’intégralité du château d’eau. Nous voulions terminer les travaux avec le sentiment d’avoir su faire évoluer l’ouvrage vers quelque chose de performant et viable sur du long terme, et non calfeutrer sans pérenniser ces travaux, compte-tenu du coût global de cette opération.
La MATEC a donc rendu une étude complète que nous avons alimentée par les connaissances dont disposait la mairie. Cette étude avait commencé en 2019 et 2020, puis poursuivie et affinée avec l’arrivée de M. Lacher en 2022. Elle s’est terminée en 2023 sur le volet hydrologie pure, à la fin des travaux.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?
Nous avons entièrement auto-financé ce projet, à hauteur de 700 000 euros de travaux. Nous n’avons pu toucher aucune subvention pour ces travaux : comme les éléments techniques en hydrologie n’ont été renseignés qu’après les études et le début des travaux, et malgré nos efforts pour argumenter au niveau de l’Agence de l’Eau, passer par d’autres canaux, la commune a dû supporter en auto-financement l’entièreté de ce projet. Cela nous a plombé au moment de lancer l’opération puisque nous avions estimé à 70% les subventions récupérables pour la financer.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Pour la partie étude, c’est la MATEC qui a œuvré en intégralité ; la métrologie hydraulique a été assurée par la société CP2E, et les volets peinture, réfection et couverture par l’entreprise Résina. Quelques cordistes sont également intervenus lors d’opérations techniques.
Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?
Je dirais que le choix du bureau d’étude et de prestataires compétents est l’un des points les plus importants pour avancer en toute sérénité sur un chantier de cette ampleur. Il peut être pertinent d’aller voir des réalisations terminées, pour s’imprégner des actions menées et des manières de diriger les travaux.
Côté financier, cela rejoint notre déception liée aux financements : comment les fonds disponibles et la compatibilité des travaux avec les critères requis pour être subventionnés peuvent diriger la commande initiale, en lien avec la potabilité de l’eau ; il s’agit aussi de contacter l’Agence de l’Eau en amont pour s’assurer de leur accompagnement et de leur financement.