DISTRIBUTION DE L’EAU

Ecobulles utilise une méthode naturelle au CO2 pour dissoudre le calcaire dans l’eau potable

Niveau d'expertise : intermédiaire

Écobulles a développé depuis le début des années 2000 des solutions équipant les habitats individuels, les maisons de Champagne ou les collectivités territoriales basées sur l’injection de dioxyde de carbone (CO2) dans le réseau d’eau : cette technologie prévient l’ensemble des désagréments (sur la santé, les appareils, les factures d’eau), liés au calcaire et s’avère positive en terme de bilan carbone

Notre solution est l’alternative aux adoucisseurs au sel, avec un procédé simple et naturel, qui permet d’éviter l’ensemble des désagréments liés au calcaire !

Ludovic Baudart

L'interview

Pouvez-vous nous parler du projet que vous avez mené pour les collectivités ?

Nous avons commencé à proposer nos adoucisseurs au CO2 aux collectivités en 2017-2018, après avoir lancé notre gamme pour les particuliers en 2015. Nous avions déjà eu l’occasion de prouver l’efficacité de notre solution dans les bâtiments individuels ou collectifs, dont des maisons de Champagne, des appartements ou des installations agricoles. Au moment de lancer cette gamme, nous avions directement ou par le biais de nos installateurs des contacts avec des collectivités situées dans notre région mais aussi partout ailleurs en France, pour des bâtiments neufs, des logements collectifs anciens ou des infrastructures publiques, dans une logique de réduction des coûts, de durabilité des appareils ou de protection de la santé des personnes. Notre solution a alors commencé à être adoptée par plusieurs collectivités.

Comment le projet s’est-il imposé à l’agenda des collectivités que vous accompagnez ?

Dans l’ensemble des régions de France métropolitaine, à l’exception de la Bretagne et du Massif Central, le calcaire est naturellement présent dans l’eau, ce qui génère des nuisances au niveau des canalisations, des appareils ménagers et sur la peau ou les cheveux des usagers. Les collectivités qui nous contactent cherchent à résoudre cette problématique d’ « eau dure », afin d’améliorer par exemple la durée des vie de leurs appareils, diminuer leur facture énergétique et éviter les désagréments sur la santé des personnes. Elles essayent aussi de trouver des solutions alternatives aux adoucisseurs au sel, le dispositif le plus couramment utilisé mais qui génère un entretien très régulier, des consommations excessives de sodium et des surcoûts de facturation. Les collectivités qui se tournent vers notre offre cherchent une solution technique optimale et neutre sur le plan environnemental.

Quels conseils donneriez-vous à une collectivité pour la gestion des sujets de distribution de l’eau ?

Je conseillerais aux collectivités d’établir un premier bilan calcaire de l’eau dans leur secteur, en vérifiant sa potabilité sur le site de l’ARS, qui dispose d’un outil très précis sur son site internet. Le taux de calcaire y est exprimé en degrés, et nous recommandons un traitement au-delà de 20 degrés, de manière obligatoire au-dessus de 30 degrés. Je préconiserais alors une solution technique telle que la nôtre pour s’assurer des économies régulières, éviter un entretien fastidieux et des rejets de chlorure de sodium par les technologies comme l’adoucisseur au sel. Notre installation est de surcroît plus simple et nécessite moins d’entretien en dehors du changement de bouteilles de CO2.

Savez-vous si les collectivités, dans les cas cités, se sont assurées de l’adhésion des citoyens ?

Oui, nous savons que les collectivités doivent mettre différents arguments en avant pour faire connaître notre technologie : cette dernière génère des interrogations, voire des suspicions.

Je m’explique : les solutions au sel ont prouvé leur efficacité de manière incontestable, alors que certains produits développés il y a 20 ou 30 ans étaient écologiquement ou économiquement plus intéressants. Leur limite était leur efficacité, que nous avons de notre côté cherché à optimiser : nous avons donc travaillé sur l’un des critères de qualité recherchés par l’ARS, à savoir l’ajustement du pH pour l’amener à l’équilibre, et obtenir alors une eau qui n’est ni incrustante, ni agressive. C’est ce que permet le CO2.

Quels ont été les résultats de ces projets ?

Je pense au cas de figure d’un immeuble neuf géré par Reims Habitat, dans lequel nous avons installé un adoucisseur pour l’ensemble du bâtiment, et pour lequel nous assurons le changement des bouteilles et l’entretien du matériel. Dans ce cas de figure, il s’est avéré que les organes de chauffage ont été mieux protégés, donc moins coûteux d’entretien, tout comme sur la maintenance des mécanismes de chasse d’eau qui a pu devenir beaucoup plus espacée. Les appareils électroménagers présents dans les appartements se sont également avérés beaucoup plus résistants dans le temps.

Au sujet de votre entreprise, pouvez-vous nous résumer en quelques mots le contexte de la création de votre structure ?

Écobulles n’est pas une start-up, puisque les débuts de notre solution remontent au milieu des années 80 : à cette époque un agriculteur champenois, Bernard Gallois, injecte du CO2 dans son eau de dilution en en faisant baisser le pH, afin d’utiliser moins de pesticides, avec succès. Sa solution fédère jusqu’à une centaine de fermes de la région, jusqu’à un miracle de sérendipité : des installations dans un bâtiment d’élevage utilisant cette technique s’avèrent totalement détartrées, et les premiers brevets sont déposés avant la création de notre société en 2006.

Depuis, Écobulles a commencé à équiper les maisons de Champagne Bollinger, Veuve-Cliquot ou Lanson, des habitats individuels ou des logements collectifs.

Quelle est la proposition de valeur de votre structure pour les collectivités ?

Les solutions Écobulles ont prouvé leur efficacité dans l’équilibrage du pH de l’eau du robinet, afin de prévenir les désagréments du calcaire : cette prévention concerne autant la durée de vie des chauffe-eau, des échangeurs à plaque ou des mécanismes de chasse-d’eau que des effets bénéfiques sur l’hygiène et la santé, en passant par un moindre gaspillage, donc de surfacturation. Le bilan carbone de notre solution est positif, avec une installation simple et une préservation des minéraux essentiels de l’eau (dont le calcium et le magnésium, bénéfiques pour la santé), sans entretien régulier ni recharge fréquente.

Comment fonctionne votre solution ?

Notre solution repose sur l’injection de dioxyde carbone (CO2) dans l’eau afin de la transformer en acide carbonique (H2CO3), une réaction similaire à celle que l’on trouve dans les boissons gazeuses. Le H2CO3 réagit avec les carbonates de calcium, qui sont responsables de la formation du calcaire incrustant, les transformant en bicarbonates de calcium, 80 fois plus solubles que les carbonates et donc beaucoup moins susceptibles de se déposer.

Concrètement, nous utilisons un CO2 issu de la captation d’industries fortement émettrices (qui est aussi non corrosif, ininflammable, sans goût et sans odeur) injecté par un module permettant un réglage très fin via une vis micrométrique, tenant compte de la dureté et du pH de l’eau à traiter. Un carbonateur, également appelé module hydraulique, est installé sur la canalisation d’arrivée de l’eau pour réaliser l’injection et le mélange du CO2 avec l’eau. Un boitier de pilotage contrôle l’ensemble du dispositif.

Quelles sont les prochaines étapes de développement de votre structure ?

Même si nous sommes conscients de l’efficacité technique et technologique de nos solutions, nous savons aussi que la thématique de la consommation d’eau est très importante pour nos clients, d’où l’un de nos développements actuels : un compteur à impulsions permettant aux collectivités de suivre leur consommation de manière instantanée, pour identifier par exemple des fuites d’eau sur leur système par un mécanisme d’alerte.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2011

    Développement de la technologie pour les marchés de l’habitat

  2. 2015

    Lancement des gammes pour les particuliers

  3. 2017 - 2018

    Lancement des gammes pour les collectivités

Chiffres clés

  • + de 200

    collectivités accompagnées

  • 400

    tonnes de CO2 neutralisées par an

  • 500

    installateurs sur la France entière

À retenir

  • Suppression de l’ensemble des désagréments liés au calcaire

Les partenaires du projet

Aucun partenaire pour le moment.

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