Contexte et enjeux territoriaux
La protection de la ressource en eau s'impose comme une compétence structurante pour les collectivités territoriales. La directive cadre européenne sur l'eau fixe un objectif de bon état des masses d'eau, que le droit français décline notamment par la protection des aires d'alimentation de captages (AAC) destinées à l'eau potable. Sur ces périmètres, les pollutions diffuses d'origine agricole, nitrates et produits phytosanitaires, dégradent la qualité de l'eau brute et alourdissent les coûts de traitement supportés par les services publics d'eau.
Le grand cycle de l'eau et le petit cycle se rejoignent ici. La qualité des nappes et des rivières conditionne directement la potabilisation, donc le service rendu à l'usager. Pour les élus et les techniciens, l'enjeu dépasse la seule conformité réglementaire. Il touche à la sécurisation de l'approvisionnement, à la maîtrise du prix de l'eau et à la résilience des territoires face au changement climatique. Les épisodes de sécheresse réduisent les débits et concentrent les polluants, ce qui fragilise des captages déjà sous tension.
Dans ce contexte, l'agriculture biologique constitue un levier d'action reconnu. L'absence d'intrants de synthèse limite les transferts de nitrates et de pesticides vers la ressource. La conversion des surfaces situées sur les zones à enjeu eau réduit la pression à la source, en complément des actions curatives. Depuis 2008, un comité de pilotage national réunit les acteurs de l'agriculture biologique, les chambres d'agriculture et les agences de l'eau pour outiller le développement de l'AB sur les territoires de captage.
Pour autant, le passage à l'action reste complexe. Les collectivités doivent articuler plusieurs leviers : maîtrise foncière, contractualisation avec les agriculteurs, structuration des filières locales, débouchés en restauration collective et mobilisation des financements des agences de l'eau.
La coordination entre service eau, monde agricole et acteurs économiques demande une ingénierie de projet dédiée et un suivi dans la durée.
Ces journées d'échanges techniques répondent à ce besoin opérationnel. Elles réunissent les professionnels qui animent les démarches de protection de captage, afin de partager les retours d'expérience et de confronter les méthodes. L'objectif vise la montée en compétence des équipes et la diffusion de solutions transposables d'un territoire à l'autre. Le format associe table ronde, intervention de cadrage, sorties de terrain et ateliers de travail, pour relier l'analyse stratégique aux conditions concrètes de mise en œuvre.
Pour les collectivités engagées dans un plan d'action AAC ou dans une démarche de transition agricole, ce rendez-vous offre un cadre adapté aux contraintes des services. Il permet d'identifier les leviers financiers et réglementaires disponibles et de situer son territoire au regard des dynamiques portées par d'autres maîtres d'ouvrage.
Pourquoi participer ?
- Aide à la décision : vous repérez les leviers fonciers, contractuels et financiers mobilisables sur vos aires d'alimentation de captages, pour structurer ou consolider votre plan d'action.
- Retours d'expérience opérationnels : la table ronde et les ateliers vous donnent accès aux REX de collectivités déjà engagées, avec leurs réussites et leurs points de blocage.
- Outils et méthodes transposables : seize ateliers répartis sur deux sessions couvrent le foncier (baux ruraux à clauses environnementales, obligations réelles environnementales), le financement (paiements pour services environnementaux), les filières et la restauration collective.
- Sorties de terrain :cinq circuits au choix vous font observer des dispositifs concrets, du foncier aux débouchés bio, sur des territoires pilotes de la Drôme.
- Mise en réseau : vous échangez avec les technicien·nes, animateur·ices et chargé·es de mission qui pilotent les mêmes démarches sur d'autres bassins, et lors du cocktail dînatoire en soirée.
- Articulation eau-agriculture : vous renforcez le dialogue entre service eau, monde agricole et filières économiques, condition d'une action durable à la source.