À Aurillac (15), Cantal Habitat capitalise sur la désimperméabilisation pour améliorer le cadre de vie
Parole de bailleur
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre de bailleurs sociaux qui sont passés à l’action
Dans le cadre de la mise en conformité des réseaux de la cité de la Montade, Cantal Habitat a profité de la mise en œuvre d’un système séparatif pour repenser la gestion des eaux de pluie sur le site.
Grâce à la création de grands bassins de rétention végétalisés et de noues, les eaux de pluie collectées en gravitaire des toits et des stationnements sont directement infiltrées sur le site ou s’évaporent via la végétation.
Cette ambitieuse opération de désimperméabilisation permet d’éviter des problèmes réguliers d’inondation des caves et de rejets non sélectifs dans la station d’épuration. Elle offre aussi un cadre de vie plus agréable aux habitants.
173 m3 de noues permettent aux eaux de pluie de s’infiltrer. Les arbres plantés favorisent l’évapotranspiration - Crédits photo : Banque des Territoires
La désimperméabilisation de la cite de la Montade nous a permis de résoudre nos problèmes de gestion des eaux de pluie, mais aussi d’améliorer le cadre de vie des habitants. En associant un projet ambitieux d’aménagement extérieur à cette désimperméabilisation, nous offrons aux habitants de nouveaux espaces de vie extérieurs agréables, conviviaux et rafraîchissants
L'interview
Comment ce projet de désimperméabilisation de la cité de la Montade s’est‐il imposé à l’agenda Cantal Habitat ?
Nous subissions des problèmes d’évacuation des eaux pluviales dans cette cité : par fortes pluies, le réseau unitaire, saturé, se mettait en charge, et provoquait des inondations dans les caves en sous-sol. Nous devions donc le mettre en conformité par un réseau séparatif. Grâce à une aide financière de l’Agence de l’eau Adour Garonne, nous avons pu aller plus loin, en concevant un ambitieux système de gestion des eaux de pluie par infiltration. La désimperméabilisation du site nous permettait en effet de résoudre nos problèmes de gestion des eaux de pluie tout en travaillant sur le confort des habitants de la cité.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Chez Cantal Habitat, nous étions novices en la matière ! Nous n’avons pas suivi de sources d’inspiration particulières, nous avons lancé un appel d’offres pour trouver un groupement d’entreprises permettant de capitaliser sur la désimperméabilisation pour optimiser le cadre de vie des habitants des 433 logements de la Montade. La maîtrise d’œuvre a regroupé un bureau d’études spécialisé dans la gestion des eaux pluviales (ATM), un architecte d’aménagements extérieurs (Atelier – Sites & Architecture) et un géomètre ayant des compétences en suivi de chantier d’aménagement extérieur (SCP Allo & Claveirole).
Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Plusieurs études ont été réalisées pour répondre à nos différentes attentes : une bonne gestion des eaux de pluie sur le site, une amélioration du cadre de vie de la Montade, avec de nouveaux espaces verts accueillants, une meilleure gestion des flux automobiles sur le site et une optimisation des parkings. Enfin, une étude a été menée pour assurer l’équilibre financier de cette opération d’envergure, à 2 millions d’euros !
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Il faut savoir s’entourer des bonnes compétences pour obtenir une approche globale. D’abord, il était nécessaire de disposer d’une étude du site afin d’optimiser au maximum tous les travaux liés à la gestion des eaux pluviales, et leur coût. Nous nous sommes appuyés sur le bureau d’études ATM, spécialiste en hydrologie mais aussi en urbanisme et paysage. Cette approche a été complétée par un géomètre, également compétent en matière de gestion des eaux pluviales, puis l’architecte d’espaces extérieurs a synthétisé toutes les données.
Enfin, sur un tel projet, il faut travailler avec tous les acteurs concernés : les prestataires, les habitants mais aussi les commerces du site. Cela passe par exemple par la conception d’une cuve de récupération d’eau pluviale de 38 m3 pour alimenter la station de lavage de voitures située sur le site de la cité de la Montade.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des habitants et commerçants de la cité de la Montade ?
Nous avons beaucoup communiqué avec les habitants de la cité de la Montade. D’abord, nous avons organisé des réunions d’information pour leur faire découvrir le projet et leur donner l’occasion de poser leurs questions. Nous avons également envoyé un document expliquant tous les aspects du projet : la gestion de l’eau mais aussi la sécurisation du site, la réorganisation des places de stationnement, la mise en place de beaux espaces verts, avec 30 % de surfaces engazonnées supplémentaires et 100 nouveaux arbres plantés !
Quant à la planification des travaux, nous l’avons réalisée en 3 phases de 6 mois, pour minimiser les impacts du chantier. Nous avons également été attentifs à proposer des places de parking tout au long du chantier.
Enfin, tout au long des travaux, les habitants étaient invités à venir poser des questions pendant nos réunions de chantier hebdomadaires.
Comment avez-vous financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Les travaux associés à la gestion des eaux pluviales représentent une enveloppe de 1,2 million d’euros HT. Sur ce budget, l’Agence de l’eau Adour-Garonne a apporté une aide de 595 000 d’euros HT, soit 50% du coût total.
Plus globalement, avec les aménagements, nous atteignons un budget de 2 millions d’euros HT : une grosse opération qui a permis de changer le visage de la cité de la Montade.
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Outre les entreprises citées plus haut, nous avons travaillé avec la mairie d’Aurillac : les éclairages publics et les jeux d’enfants auparavant propriétés de la Ville appartiennent dorénavant à Cantal Habitat. La Ville d’Aurillac les a remis en état avant de nous les rétrocéder.