À Dieulouard (54), pour le bien-être des élèves les cours d’écoles deviennent plus vertes
En Meurthe-et-Moselle (54), suite à l’appel à projets “bulle nature” lancé par l’Agence de Rhin-Meuse, la commune de Dieulouard a entièrement désimperméabilisé et végétalisé ses cours d’école. Si la première est une réussite et la seconde une référence dans le département, pour Henri Poirson, le maire de Dieulouard, c’est aussi l’amorce d’un programme beaucoup plus global pour la commune autour de la gestion de l’eau.
Le bitume et les enrobés ont été remplacés par des revêtements drainants clairs et des copeaux de bois pour permettre l’infiltration de l’eau. Des arbres et des plantes grimpantes ont été plantés, et des équipements, imaginés en grande partie par les élèves ont été installés.
Le dernier chantier (réaménagement de la cour d’école Jules Ferry) d'un coût de 810 000€ HT a bénéficié de 80% d'aides et de subventions.
Le réaménagement de la cour de l’école Jean Jaurès est complet, un tuyau de l’usine Saint-Gobain de Pont-à-Mousson a été récupéré pour créer un espace jeu - Crédits photo : Banque des Territoires
Dans la plupart de nos projets, nous essayons d’impliquer les enfants au maximum parce que ce sont eux qui éduquent leurs parents.
L'interview
Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
En 2020, l’agence de l’eau Rhin-Meuse a lancé un appel à projets concernant la désimperméabilisation et la végétalisation des cours d'école. Je suis convaincu que nous devons nous adapter et j’aime innover. J'ai trouvé le projet génial, nous sommes engagés et avons désimperméabilisé nos deux cours d'école primaire et intégré au programme l’installation de panneaux photovoltaïques sur les préaux des deux écoles.
2021 a marqué le début des études, la partie concertation a été assez longue puis la consultation pour la réalisation des travaux a été lancée fin 2021.
Pendant les vacances de 2022, nous avons réaménagé la première cour d’école (Jean Jaurès) et en juillet 2023 nous avons entamé les travaux de la cour d’école Jean Prouvé, qui ont été terminés pour la rentrée scolaire.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Le départ a été l’appel à projets : j’ai lu avec attention ce document, bien détaillé, il évoquait trois points à respecter : infiltrer l'eau, avoir des espaces clairs au sol et intégrer de l’ombrage. En désimperméabilisant, nous infiltrons l’eau, non seulement cela nous permet de protéger nos ressources souterraines, mais en plus l'eau ne va plus directement vers la rivière ce qui amplifie la montée des eaux et risque de provoquer des dégâts en aval. C’est un ensemble.
J’ai tout de suite téléphoné à notre correspondant de l'Agence de l'eau pour lui dire que le dispositif nous intéressait.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Après avoir informé l’agence de l’eau que nous participions, j'ai contacté le jour même, Virginie Watier du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE) de Meurthe-et-Moselle pour nous accompagner dans cette démarche, c’est elle qui nous a recommandé le bureau d’études CALE qui a produit l’étude de faisabilité.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
C'est compliqué de répondre, parce que je suis un technicien. Ancien ingénieur en automatisme informatique industriel, je suis passionné par la technique et l’innovation.
En termes de compétences, il est nécessaire de bien s'entourer. Le CAUE a été une aide précieuse, il nous a suggéré le bureau d’études. Je dois dire que nous avons été très satisfaits, à tel point que nous passons par eux pour nos autres projets d’aménagement. Ils sont à l'écoute de nos besoins et nous travaillons en toute confiance et pourtant je suis très exigeant. L'Agence de l'eau et le conseil régional nous ont apporté également de nombreux conseils techniques.
Et je crois qu’il ne faut pas hésiter à se déplacer pour aller voir ce qui se fait ailleurs, être curieux.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons organisé une première réunion avec les professeurs des écoles pour leur présenter le projet, puis une seconde avec les parents d'élèves pour les sensibiliser et enfin une dernière avec les élèves, par regroupement d’âges, parce que nous souhaitions les intégrer dans ce projet. Nous leur avons demandé ce qu’ils voulaient et nous avons eu énormément de suggestions de leur part : des jeux, de l'ombre, des coins de tranquillité, des petits coins plus dynamiques. Après les avoir analysées, 90 % des demandes ont été réalisées.
Aujourd’hui, les enrobés de nos cours d’école ont été remplacés par des pavés filtrants, mais en plus nous avons aménagé des banquettes autour des pieds des arbres (ce qui les protège), replanté de nouvelles essences, créé des noues végétatives et un jardin pour les plantations, nous avons même laissé une partie en herbe à l’école Jean Jaurès pour que les enfants puissent déambuler… Ce projet a été très bien accepté, car la cour d’école fait également partie de la vie quotidienne de Dieulouard, c’est un espace ouvert pour les manifestations comme le carnaval ou la Saint-Nicolas. Le club de cyclistes de la ville bénéficie de l'espace tous les samedis pour la formation des enfants et pour les éduquer à la sécurité routière.
Comment la commune de Dieulouard a-t-elle financé ce projet (réaménagement de la cour d’école Jules Ferry)et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet a été subventionné à hauteur de 80% et a coûté dans l’ensemble 1 043 026 € de travaux (fouilles, pavages, plantations, aménagements). L'Agence de l'eau Rhin-Meuse nous a subventionnés dans le cadre des études ainsi que pour la désimperméabilisation, ce qui représente 388 150 €.
La région Grand Est nous a financés à hauteur de 200 000 € et nous avons obtenu une dotation de solidarité de la part de l’Etat (DSIL) de 212 460 €, ainsi qu’une attribution de 26 583 € du conseil départemental.