A la Colle sur loup (06) la désimperméabilisation d’un complexe sportif rime aussi avec performance énergétique
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Soumise à un risque d’épisodes pluvieux intenses, notamment en automne, la commune de la Colle sur loup a souhaité multiplier les initiatives pour adapter le site et mieux appréhender les problématiques environnementales.
Ainsi, désimperméabiliser et infiltrer au maximum les pluies sur place s’est imposé comme une nécessité. Pour y parvenir, trois noues paysagères (ou jardins de pluie) ont été crées, permettant d’infiltrer les pluies sur plusieurs jours. Les eaux pluviales de la toiture de la piscine sont, elles, récupérées dans une bâche enterrée de 10m3 servant à alimenter les WC du club house et l’arrosage d’une toiture végétalisée. Autour des pistes du stade, 30% de la surface a été désimperméabilisée. Enfin, les pistes du stade lui-même ont été conçues avec une sous-couche réalisée en noyaux d’olives concassés en lieu et place des granulats de caoutchouc habituels, afin de réduire l’impact environnemental et minimiser la pollution des eaux pluviales.
L’ensemble de ces innovations a permis à la commune d’obtenir la médaille d’or du label Bâtiment Durable Méditerranée à la fois pour la conception et la réalisation de ce projet.
Une noue de filtration a été créée à proximité des terrains de tennis pour permettre une infiltration sur plusieurs jours de l’eau de pluie - Crédit photo : Banque des Territoires
Lorsque l’on s’engage dans un projet de rénovation comme celui-là, il faut être très présent sur le terrain aux côtés des entreprises.
L'interview
Comment ce projet de désimperméabilisation s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Patrice Cirio : Les bâtiments de la piscine étaient réellement en bout de course et les années précédent le démarrage des travaux, nous avons du injecter plusieurs centaines de milliers d’euros pour maintenir l’équipement à flots. Il devenait urgent de réhabiliter cet équipement, dont la construction datait de 1969. Mais il ne s’agissait pas de le faire n’importe comment.
Nous avons alors entrepris une réflexion plus large pour intégrer la rénovation du stade et mieux gérer l’écoulement des eaux pendant les épisodes de fortes pluies sur l’ensemble du complexe sportif et faire en sorte que l’infiltration se fasse au maximum sur place. Sur l’ensemble du site, qui totalise environ 10 000m2, nous avons réussi à déseimperméabiliser près de 1000m2.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Patrice Cirio : Notre maire a la volonté de réfléchir aux projets structurants de la commune en intégrant la dimension environnementale, c’est donc en ce sens que nous avons mené notre réflexion pendant plusieurs années. Une fois l’équipe et le projet choisi, nous avons pris près d’un an pour intégrer tous les aspects de rénovation et de ré-emploi de certains éléments comme les chaudières servant à chauffer l’eau de la piscine…ceci afin de minimiser les coûts.
Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet, et avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens ou co-construit avec eux ?
Fabien Gaglio : Je pense que c’est important d’avoir des notions de conduite de projet. Mais je dois avouer que même si j’avais une expérience dans le domaine, j’étais face à un chantier de grande ampleur qui faisait appel à de nombreuses compétences, autant du point de vue de la réutilisation de certains éléments comme de la diversité des équipements à rénover ou à reconstruire : stade, vestiaire, piscine, terrains de tennis…Il y avait 19 lots au total.
Nous avons été très présents sur le terrain, presque chaque jour, afin de dialoguer avec les entreprises quand cela était nécessaire, tenir les délais et ceci au final nous a également permis de tenir le budget.
Patrice Cirio : Par ailleurs nous avons toujours associé les administrés à nos décisions et ce, à chaque étape. Le projet est entré dans le programme électoral du mandat précédent (le maire actuel entame son troisième mandat) et nous sommes restés très à l’écoute de la population dans les comités de quartier. Nous avons même retenu certaines idées qui nous ont été soumises. Et nous avons aussi organisé quelques visites de chantier pendant les travaux avec certains administrés intéressés.
Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?
Patrice Cirio : Nous avons bien sûr fait appel à un bureau d’études pour mieux définir la faisabilité. Au delà de la désimperméabilisation du maximum de surfaces, pour nous, il était important d’intégrer certains aspects d’économie de fonctionnement lors des différents usages, c’est la raison pour laquelle nous avons par exemple réduit la profondeur du bassin principal, ce qui nous fait économiser près d’un tiers de volume d’eau mais aussi une part d’énergie en moins pour la traiter et la réchauffer. Puis nous avons aussi étudié la pertinence de la couverture du bassin extérieur dans l’idée de pouvoir l’utiliser en toutes saisons. Au final, nous avons opté pour la création d’un second bassin intérieur ce qui nous permet de proposer des activités comme de l’Aquagym, des séances de bébés nageurs, et ce toute l’année. Question énergie, la toiture de la piscine a été recouverte de panneaux mixtes photovoltaïques pour produire de l’électricité et solaires pour chauffer l’eau des douches.
Comment la collectivité a-t-elle financé le projet et quelles sont les aides sollicitées et obtenues ?
Patrice Cirio : Il y a eu une grande réflexion, car bien entendu, la collectivité ne pouvait pas assumer seule ces travaux qui au final, se sont élevés à 12,6 millions d’euros pour la réhabilitation de l’ensemble : stade, vestiaires, club house, piscine, terrains de tennis... Nous avons dû sortir du syndicat dans lequel nous étions engagé avec la commune de Saint Paul de Vence pour la gestion de la piscine afin que l’intercommunalité puisse nous accompagner à hauteur de presque 50% du budget. La Région a pu soutenir le projet à hauteur de 15%, une part a également été prise par le Département et par l’Etat. Au final, la commune a dû débourser 25% du budget.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la commune dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le groupement qui a été retenu pour l’étude et la réalisation du projet.