A Montrouge (92), des opérations de végétalisation pour lutter contre les îlots de chaleur
La Ville de Montrouge (l’une des villes les plus denses de France) met en place une politique active et sur-mesure de développement de la nature en milieu urbain.
Développement des cours d’école « oasis », agrandissement du parc Schuman, création de jardins et de squares, réalisation de promenades plantées, renaturation de quartier, plantation et végétalisation des trottoirs… Initiés en 2021 avec une phase de concertation citoyenne, les projets sont nombreux et surtout complémentaires.
Outre l’amélioration globale de la qualité de vie des Montrougiennes et Montrougiens, ils visent plus particulièrement à lutter contre la pollution et le phénomène d’îlots de chaleur en ville, mais aussi à faciliter l’écoulement des eaux de pluie en rétablissant la porosité des sols. Une évidence pour cette commune alors que les espaces urbains sont de plus en plus menacés par les vagues de chaleur et les inondations.
La cour végétalisée actuelle de la maternelle Rabelais à Montrouge (92) – Crédits photo : Ville de Montrouge - Arthur De Tassigny
A l’avenir, les villes vont continuer à croître et nous devrons, de plus en plus, faire face au phénomène des îlots de chaleur. C’est le défi du siècle ! Pour s’adapter et rafraîchir les villes, tous les acteurs doivent s’unir, se mobiliser et s’engager.
Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
La végétalisation des milieux urbains est un enjeu crucial pour améliorer la qualité de vie des citadins, favoriser la durabilité environnementale des villes et créer des espaces urbains plus sains, plus frais, plus agréables et plus résilients. La Ville de Montrouge s'est mobilisée, depuis plusieurs années, contre les effets du changement climatique et l'intensification des vagues de chaleur. Elle a mis en place une politique active et sur-mesure de développement de la nature en milieu urbain comprenant le développement des cours oasis, l'agrandissement du parc Schuman, la création de jardins et de squares, la réalisation de promenades plantées, la renaturation de quartier, la plantation et la végétalisation des trottoirs…
La Ville saisit toutes les opportunités possibles d'agencement et de composition sur-mesure pour y arriver.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Comme indiqué précédemment, nous étudions toutes les opportunités qui se présentent. Etant une des villes les plus denses de France, avec près de 50 000 habitants sur 2km2, nous devons innover par nous-mêmes. Nous intégrons un volet végétalisation dans chacun de nos projets d'aménagement avec, pour objectif, d'atteindre 10 % de surfaces végétalisées sur chaque projet.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Nous avons mené une étude de programmation et de diagnostic urbain du site. Des études ont également été menées sur la biodiversité et le programme a été composé par un paysagiste afin de préserver l'ADN du parc Schuman et la faune. Ces études se sont basées sur un programme résultant d’une large concertation auprès des Montrougiens concernant le devenir du parc et son évolution, besoins, désirs ….
Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Un tel projet requiert nécessairement d’être entouré d’une équipe pluridisciplinaire d’ingénieurs voirie, espaces verts mais également des services assurant la gestion et la maintenance future du site. Une analyse contextuelle et urbaine est un préalable avant toute réflexion sur le devenir du parc : atouts, faiblesses, fréquentation, perception faite par les usagers de ce square et comment il répond aujourd’hui aux évolutions du changement climatique
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Cet aménagement a été pensé et créé en collaboration avec le public. La Ville a souhaité concevoir une véritable « place-parc » qui reliera les trois bâtiments emblématiques du cœur de ville : l’Hôtel de ville, le Beffroi et l’église. Au total, le square gagnera 2 311 m2 et bénéficiera d’un réaménagement pour le végétaliser davantage, l’embellir et favoriser la biodiversité. Une consultation avec les Montrougiennes et les Montrougiens, lancée en juin 2021, a permis à la Ville d’élaborer un cahier des charges et lancer un concours. Un jury composé d’élus et de personnalités extérieures reconnues pour leurs compétences en matière d’aménagement urbain et paysager ont sélectionné, parmi trois projets présentés, celui de l’agence de paysagistes HYL.
Le projet retenu a ensuite fait l’objet d’une concertation à l’été 2022 auprès des Montrougiennes et des Montrougiens, tout au long de laquelle ils ont pu partager leurs remarques sur le projet et leurs idées pour bien vivre le parc de demain. Le projet finalisé a été présenté, le 20 mars, aux citoyens, lors d’une réunion publique.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
La ville a obtenu plusieurs subventions pour un montant de 4 390 000 € HT
- Fond vert de l'état : 1 310 000 € HT
- IDF Nature plan vert : 500 000 € HT
- Contrat départemental 2020 - 2024 : 2 580 000 € HT
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné Montrouge dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
L'agence Hyl, maître d'œuvre du projet, accompagne la ville au quotidien sur sa réalisation. C’est une agence spécialisée dans les domaines de l’urbanisme et du patrimoine, du paysage, de l’architecture, des espaces publics, de la renaturation et des ouvrages hydrauliques. Le bureau d’étude EGIS et STRUCTURIS, la RATP , le département ainsi que l’ABF qui a validé le projet.