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La gestion intégrée des eaux pluviales au cœur de la Résidence La Volière à Saint‑Pierre (974)

Située à Saint-Pierre, la Résidence La Volière est un programme de 68 logements mené par la SEMAC.

Ce projet se distingue par l’application de la Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GIEP), une méthode alternative d’aménagement qui évite le rejet des eaux au réseau public. Découpé en huit micro-bassins versants, le site infiltre 100 % des eaux pluviales à la parcelle. Le programme a été réalisé avant que le label GIEP, porté par l’alliance HQE-GBC et QUALITEL, ne soit contractuellement mobilisable.

Précurseur sur le sujet, la résidence n’est ainsi pas labellisée. Le label GIEP marque une rupture avec les modèles classiques. Il constitue désormais une référence locale, nationale et ultramarine. Il offre aux maîtres d’ouvrage un référentiel technique exigeant, fondé sur une obligation de résultats à laquelle leurs prestataires doivent se conformer.

Entretien avec François Outin, Directeur du Développement et de la Maîtrise d’Ouvrage

Parole de collectivité
François Outin, Directeur du Développement et de la Maîtrise d’Ouvrage de la SEMAC - Crédit photo :
Gestion des eaux pluviales

Ce projet est présenté par :

  • François Outin, Directeur du Développement et de la Maîtrise d’Ouvrage de la SEMAC à La Réunion
L’eau n’est pas un déchet, c’est une richesse. Avec la GIEP, on retourne au bon sens paysan, on supprime l’inutile, on respecte le cycle naturel et on économise l’argent.
François Outin

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d'élus et de porteurs de projets qui sont passés à l'action

Comment la construction et la mise en service de l’aménagement GIEP – Résidence La Volière (Saint‑Pierre) s’est-elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?

La Résidence La Volière s’inscrit dans une démarche proactive, impulsée dès 2019 par les équipes de la SEMAC. Un audit technique et économique est alors lancé avec Michel Bénard (Elleny), révélant le coût excessif et l’inefficacité des dispositifs traditionnels mis en œuvre en matière de Voiries et Réseaux Divers (VRD).

Le contexte réglementaire renforce cette prise de conscience : le terrain est soumis à la loi sur l’eau avec l’interdiction posé par les services de l’Etat de se raccorder au réseau pluvial déjà saturé et sous-dimensionné. Cette contrainte devient une opportunité pour mettre en œuvre la GIEP. Le projet marque un tournant : il passe de l’expérimentation à la généralisation dans les opérations de la SEMAC.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Le projet La Volière s’inspire directement des travaux pionniers de Michel Bénard, figure de référence en matière de Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GIEP), développés dès les années 1980. François Outin, alors en métropole, avait déjà expérimenté ces méthodes dans des projets d’aménagement. Il ne s’agissait donc pas ici d’une expérimentation, mais d’une transposition maîtrisée de bonnes pratiques éprouvées.

La conception repose sur une philosophie fondée sur le bon sens : traiter l’eau comme une ressource précieuse, et non comme un déchet ou un risque. Cette approche s’inspire du grand cycle naturel de l’eau et d’un héritage de pratiques paysannes sobres et efficaces. La volonté portée par la SEMAC était claire : montrer qu’il est possible d’appliquer à La Réunion des solutions techniques simples, naturelles et reproductibles, déjà validées ailleurs, pour une meilleure gestion de l’eau dans l’aménagement urbain.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Oui, une étude de faisabilité à la fois technique et économique a été menée dès 2019 sous forme d’un audit réalisé par Michel Bénard (Elleny). Ce travail a permis de démontrer que la démarche GIEP pouvait réduire les coûts liés aux VRD de 30 à 50 %, selon les configurations.

Par ailleurs, depuis mai 2024, la résidence est instrumentée en partenariat avec l’INRAE et l’OFB, ce qui permet un suivi en temps réel des performances de la solution fondée sur la nature déployée. Dans l’attente des conclusions scientifiques définitives, les premiers résultats intermédiaires tendent à confirmer l’efficacité du système, même après des pluies intenses, validant ainsi la robustesse du modèle.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

La réussite d’un projet GIEP repose sur trois piliers : une maîtrise d’ouvrage impliquée et déterminée, l’intégration des fondamentaux de la GIEP dès les premières réflexions, une travail de co-construction entre le paysagiste, l’architecte et le bureau d’études VRD.

Il est essentiel de savoir raisonner à l’échelle de la parcelle, voire du micro-bassin versant, en intégrant les contraintes topographiques, réglementaires et sociales.

La coordination entre acteurs (Maîtrise d’Ouvrage, architectes, bureaux d’études) doit être forte, car ce type de projet bouscule les habitudes. Une équipe formée, engagée et agile est indispensable. C’est le cas de la SEMAC, qui capitalise depuis 2019 sur une montée en compétences continue autour de la GIEP et s’est dotée en interne d’un process et de documents cadre pour accompagner la montée en compétences de ses collaborateurs.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Les réflexions hydrauliques et paysagères ont été menées en concertation avec les services de l’État (notamment la Police de l’eau), qui ont convenu de la pertinence de recourir à l’infiltration et de fait à une gestion intégrée à la parcelle. Le site a été divisé en huit bassins versants, assurant une infiltration des eaux au plus près de leur point de précipitation.

L’adhésion repose sur la qualité du cadre de vie proposé : architecture soignée, végétalisation, confort d’usage. La commune de Saint-Pierre a soutenu le projet dès le départ. La communication autour du label et les visites professionnelles ont contribué à faire accepter cette innovation comme une réponse crédible et désirable aux enjeux locaux.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

La Résidence La Volière a été entièrement autofinancée par la SEMAC, sans recours à des subventions spécifiques à la gestion des eaux pluviales. L’économie réalisée sur les ouvrages classiques (canalisations, bassins, dispositifs industriels) a permis de réinvestir dans une ingénierie de qualité et des aménagements végétalisés au bénéfice de ses locataires.

Ce modèle performe financièrement tout en offrant des bénéfices environnementaux majeurs. Depuis 2019, la SEMAC a ainsi optimisé plusieurs millions d’euros sur l’ensemble de ses opérations grâce à la GIEP. Cela démontre qu’un urbanisme sobre, écologique et performant peut aussi être économiquement viable.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

  • Maîtrise d’ouvrage : SEMAC
  • Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) GIEP : Elleny – Michel Bénard
  • Architecte / Paysagiste : URBAN
  • Bureau d’études Loi sur l’eau : ENVIROTECH
  • Partenaires scientifiques : INRAE et OFB – instrumentation du site et suivi de la performance en temps réel
  • Partenaire label : Alliance HQE-GBC – QUALITEL - accompagnement au développement et à la reconnaissance du label GIEP
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Le projet en détails

Dates clés

2019

Mise à l’agenda du projet

2019-2020

Inspiration

2020-2022

Compétences / Conception

2022-2024

Réalisation / Travaux

Chiffres clés

68

logements

100

% des eaux infiltrées à la parcelle

30

% d'économies sur les coûts VRD

À retenir

Réduction significative des coûts de VRD : économies de 30 % grâce à une approche sobre et intégrée

Modèle reproductible : démarche désormais labellisée GIEP, facilement réplicable à l’échelle nationale

Manque de compétences locales : difficulté à mobiliser un écosystème pleinement formé à la GIEP

Ressources

Face au cyclone, la Volière résiste grâce au label GIEP imaginé par la Semac (La Réunion)

La Fédération des élus des Entreprises publiques locales

Vers un nouveau label « Gestion Intégrée des Eaux Pluviales » (GIEP) adapté à l’aménagement et la rénovation urbaine sur l’Île de la Réunion

ZINFOS 974

Les partenaires de ce projet

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SEMAC

INRAE

INRAE

Office français de la Biodiversité-ofb

Office français de la Biodiversité

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Alliance HQE-GBC

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Qualitel

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

Urban architectes

Envirotech

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