GESTION DES EAUX PLUVIALES

Aux Ponts-de-Cé, le nouvel espace pour la nature et les loisirs cache un bassin de rétention des eaux pluviales (49)

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Au sud d’Angers, la ville des Ponts-de-Cé est traversée par la Loire et le canal de l’Authion, exutoire des eaux pluviales de plusieurs quartiers.

L’urbanisation des dernières décennies dépassait la capacité du réseau de collecte des eaux pluviales, entrainant des inondations régulières. À partir de 2021, la Ville et la Métropole ont travaillé de concert pour créer un parc conciliant gestion hydraulique, accueil de la biodiversité et détente pour les habitants. La création d’un bassin de rétention a été réalisée par Angers Loire Métropole, tandis que l’aménagement paysager réalisé par la Ville a valorisé un espace naturel de 8 hectares dédié aux loisirs et à l’épanouissement de la biodiversité.

Dans tous nos projets d’aménagement paysager, la biodiversité est maintenant prise en compte. Les élus sont porteurs de ces changements.

Didier Chalumeau, responsable environnement aux Ponts-de-Cé

L'interview

Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

Gaël Saint-Germain : Le parc des Maisons-Rouges aux Ponts-de-Cé se situe à l’aval des quartiers de la Chesnaie et de la Guillebotte, créés dans les années 1960-1970 au nord du canal de l’Authion. Le réseau de collecte des eaux pluviales était saturé, ce qui générait régulièrement des inondations. Cette situation empêchait la poursuite de l’urbanisation de ces anciennes tenues maraichères, et notamment un projet de ZAC. Le projet a été initié par la ville des Ponts-de-Cé, et finalisé par Angers Loire Métropole avec la prise d’exercice de la compétence eaux pluviales en 2022. Un redimensionnement du réseau a été inscrit au schéma directeur des eaux pluviales, ainsi qu’une solution de stockage tampon avant restitution à l’Authion.

Didier Chalumeau : La ville des Ponts-de-Cé a conservé la conduite d’opération sur l’aménagement paysager du parc, au titre de sa compétence espaces verts environnement.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Didier Chalumeau : Dans tous nos projets d’aménagement paysager, la biodiversité est maintenant prise en compte. Auparavant, on se posait moins ces questions, mais nous avons appris à travailler différemment. Les élus sont porteurs de ces changements. L’idée était de profiter de l’aménagement de ce bassin de rétention pour créer un réservoir de biodiversité et en faire un site remarquable. Nous voulions aussi que le public profite de cet espace avec des cheminements agréables, des fenêtres d’observation de la faune et de la flore.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ? Avez-vous obtenu l’adhésion des citoyens et/ou coconstruit avec eux ?

Didier Chalumeau : L’élu adjoint aux sports et loisirs a créé une commission avec des riverains (résidence autonomie, association d’habitants), le service Jeunesse, l’Office Municipal des Sports et une association sportive pour travailler le projet de parc. Cela a amené des aménagements supplémentaires, par exemple des bancs. Nous avons aussi travaillé sur le rucher participatif avec le comité de quartier.

Franck Meslet : L’adhésion n’a pas posé de difficultés. Les riverains étaient demandeurs d’une solution pour régler le problème d’inondation, et l’aménagement paysager rend l’équipement facile à valoriser. Il est parfaitement intégré, la vocation technique du bassin n’apparaît pas. Cela semble une zone naturelle. Il n’y a d’ailleurs pas de signalisation sur le bassin de rétention lui-même, alors que la partie du parc aménagée par la ville a une vocation pédagogique avec des panneaux.

Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité et/ou son impact ? Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Gaël Saint-Germain : Le bureau d’études SAFEGE a réalisé l’étude hydraulique. Le bassin est conçu pour recueillir une pluie trentennale et stocker 26 000 m³ d’eau. Loin d’être à sa pleine capacité, il est dimensionné pour l’urbanisation des 30 prochaines années. Cependant, les aménagements de la ZAC prévoient également une part d’infiltration à la parcelle, avec des noues. Le bassin n’est pas conçu pour compenser une imperméabilisation à 100 % des parcelles amont.

Didier Chalumeau : Nous avons travaillé avec le bureau d’études Résonance, pour accroître la biodiversité du site. Le talutage du bassin maintient des zones en eau toute l’année et offre des zones plus sèches. Les différentes hauteurs d’eau permettent ainsi à une diversité d’espèces de trouver leur habitat. Nous avons créé des abris naturels pour des insectes, des mammifères, des reptiles. Nous avons aussi creusé des mares sur les extérieurs et élargi un fossé pour recréer une zone humide.

Pour végétaliser les espaces, nous avons prélevé des graines et ramené des plantes de bord de Loire (roseaux, plantes aquatiques). Nous avons aussi installé des plantes mellifères pour le projet de rucher. La gestion des prairies se fait en écopâturage avec des moutons. Des inventaires faune-flore avaient été réalisés avant travaux, nous voulons en refaire tous les 4 à 5 ans pour vérifier si de nouvelles espèces s’installent.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

Angers Loire Métropole a pris à sa charge les travaux pour un montant de 1.33 M€ dont 300 k€ pour la création du bassin et 500 k€ pour le redimensionnement du réseau d’eaux pluviales. Les travaux comportaient aussi la pose d’une canalisation d’eau potable de diamètre 800 mm sous le bassin, pour une mise en service ultérieure.
La Ville des Ponts-de-Cé a dépensé 200 k€ pour l’aménagement paysager du parc.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

Avoir des lignes directrices fortes (ici la résolution du problème hydraulique, la vocation environnementale et de loisirs) et donner place à la participation citoyenne pour améliorer et compléter le projet.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2022

    Création du bassin et redimensionnement du réseau eaux pluviales

  2. 2023

    Aménagement paysager

  3. 2024-2025

    Aménagements de loisirs, installation du rucher

  4. 2025-2026

    Premières tranches de la ZAC des Hauts-de-Loire

Chiffres clés

  • 26000 m³

    la capacité maximale du bassin

  • 8 ha

    la surface totale du parc des Maisons Rouges

  • 124

    arbres plantés dans le cadre de « Une naissance, un arbre »

À retenir

  • Grâce aux aménagements, le site a augmenté sa capacité d’accueil de la biodiversité

  • Les aménagements concertés entre la ville et la métropole atteignent les trois objectifs du site : gestion hydraulique, zone d’intérêt environnemental et parc de loisirs

  • Le service espaces verts fait face à l’irruption de la jussie dans une zone humide

Les partenaires du projet

  • Angers Loire Métropole

VOUS ÊTES PASSÉS À L'ACTION SUR LA GESTION DES EAUX ?

Partager mon expérience