GESTION DES EAUX PLUVIALES

Chadrac (43) récupère les eaux de pluie pour son arrosage municipal

Niveau d'expertise : intermédiaire

Suite à des épisodes répétés de sècheresse, en 2023, la commune de Chadrac a mis en place un système pour récupérer les eaux pluviales, les stocker et les utiliser pour l’arrosage municipal, notamment des terrains de foot. La solution mise en œuvre part de l’existant : un écoulement permanent des eaux de pluie à proximité du stade.

Grâce à une cuve de 40 m3 enterrée à proximité, ces eaux sont dorénavant stockées puis utilisées pour l’arrosage des deux terrains, et pour d’autres besoins municipaux. L’arrosage des terrains a également été optimisé. Résultat : une économie annuelle de 2 500 m3, et 3 000 euros !

Ce projet s’inscrit dans deux démarches globales : notre politique de développement durable, et notamment d’économies d’énergie, mais aussi l’amélioration de la qualité de vie des habitants avec le déploiement de beaux espaces verts, que nous pouvons arroser sans complexe en période d’étiage !

Corinne Bringer

Comment le projet de cuve s’est‐il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

Corinne Bringer : Ce projet s’intègre dans un plan global d’optimisation des consommations du stade : nous avons refait le vestiaire, installé 350 m2 de panneaux photovoltaïques sur son toit, nous passons l’éclairage des terrains en LED. Nous devions également changer le système d’arrosage des terrains, très vieillissant. Suite à un épisode de sècheresse en 2022, nous avons accéléré notre réflexion sur l’arrosage. Quand la ressource se raréfie à ce point, il devient absurde d’arroser un terrain de foot ou des plantes avec de l’eau potable ! En observant, à quelques mètres du stade, un déversoir où s’écoulaient abondamment les eaux pluviales, l’idée d’utiliser cette ressource pour l’arrosage des terrains a germé. Nous avons alors décidé d’étudier les solutions de plus près en nous appuyant sur l’existant : ce déversoir où arrivait le réseau des eaux pluviales avant que ces eaux ne soient rejetées par une conduite plus loin, dans la Loire.

 

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Corinne Bringer : Ce projet est né d’une réflexion de bon sens, en regardant toute cette eau du réseau d’eau pluviale s’écouler ! Après, nous nous sommes fait aider car nous ne savions pas quelle quantité serait disponible, et si elle pouvait répondre à nos besoins.

 

Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Éric Aubert : D’abord, nous avons demandé à la Direction eau et assainissement (DEA) des relevés de quantité d’eau de pluie collectée dans le bassin. Ensuite, une étude d’Ingé43, acteur public local, a conclu qu’avec la quantité relevée - 57 m3/jour - cette eau pouvait couvrir nos besoins en arrosage. Nous avons alors mandaté un cabinet d’ingénierie (CETI) pour une étude technique de l’installation à mettre en place. Ce cabinet nous a fourni un cahier des charges qui nous a permis de lancer notre consultation pour les travaux de TP/la cuve et le raccordement. Le projet étant simple, nous n’avons pas eu besoin de maître d’œuvre.

 

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?

Corinne Bringer : La première compétence est juridique : au départ, nous ne savions pas si nous avions le droit de récupérer cet écoulement. La DEA et Ingé43 nous ont rapidement rassurés sur ce point. Après, comme toujours, il faut avoir de solides connaissances administratives pour trouver les financements et monter les dossiers.

 

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a‐t‐elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Corinne Bringer : Nous avons passé du temps à expliquer le projet et son caractère très vertueux : dans le magazine municipal et à la cérémonie des vœux. Suite aux périodes de sécheresse et aux restrictions préfectorales, nous n’avons eu aucun mal à susciter l’adhésion des citoyens.

Éric Aubert : J’ajouterais qu’aujourd’hui, nos agents sont nos meilleurs ambassadeurs : quand ils vont pomper dans la cuve pour l’arrosage ou le nettoyage de la voirie, les voisins visualisent bien les économies réalisées. Quant aux 320 footballeurs licenciés, ils sont ravis : leur pelouse n’a jamais été aussi belle !

 

Comment avez-vous financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Éric Aubert : Rapidement, l’agence de l’eau Loire-Bretagne a été séduite par notre projet qui permet d’économiser une quantité non négligeable d’eau potable : 2 500 m3 par an.
Nous avons réussi à obtenir des aides pour la partie cuve comme pour le système d’arrosage intégré pour le stade, en expliquant qu’il permettait également d’économiser l’eau. L’agence de l’eau Loire-Bretagne a ainsi pris en charge 48 741,48 euros HT sur les 75 455,15 euros HT du projet, soit 65 % du financement. La municipalité a financé le reste, mais le retour sur investissement sera très rapide : seulement 4,41 ans !

 

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Éric Aubert : Nous avons cité Ingé43 et le bureau d’études CETI pour la partie ingénierie, l’entreprise Sagnard a réalisé les TP, la cuve et les raccordements et Chomat arrosage a installé le système sous la pelouse du stade.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2022

    Mise à l'agenda

  2. 2<sup>ème</sup> Semestre 2022

    Etudes

  3. Début 2023

    Lancement des deux marchés

  4. Eté 2023

    Livraison Chantier

Chiffres clés

  • 2 500

    m<sup>3</sup> d'eau potable économisés par an

  • 40 282

    € (HT) d'investissement

  • 4,41

    ans d'amortissement pour le projet

À retenir

  • Des économies d’eau potable considérables grâce à l’utilisation des eaux pluviales pour tous les arrosages de la commune – (stade compris) – et le nettoyage de la voirie.

  • Une disponibilité permanente de l’eau, même en période d’étiage.

  • Un terrain de foot en excellent état, toujours vert !

  • Agence de l'eau Loire-Bretagne

  • DEA

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