Remise en service d’une citerne de récupération d’eau de pluie à Lanrivoaré (29)
Parole d'entreprise
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A Lanrivoaré, sur la pointe nord du Finistère, le pays d’Iroise bénéficie d’une citerne de récupération d’eau de pluie enterrée de 345 m3 malheureusement non exploitée.
Construit en 1999, devenue obsolète et vétuste, l’équipement a été entièrement remis à neuf par l’intervention d’un spécialiste rennais, Technipluie. Désormais, le lavage du matériel de la collectivité utilise l’eau de pluie recyclée.
Sylvain Guilloteau, gérant de Technipluie à Cesson-Sévigné, a réalisé avec son équipe les études et les interventions permettant de remettre en service un équipement de récupération des eaux de pluie non utilisé, à Lanrivoaré (29). - Crédits photo : Banque des Territoires
Filtrer l’eau à l’entrée de la citerne de récupération d’eau de pluie, est non seulement obligatoire, mais prévient la qualité de l’eau stockée et pompée.
L'interview
Pouvez-vous nous décrire le projet du Pays d’Iroise Communauté ?
Ce projet situé à Lanrivoaré pour la collectivité Pays d’Iroise Communauté, dans le Finistère (29), concernait la station de lavage du Centre Technique Communautaire. La collectivité possédait une installation de récupération d’eau de pluie déjà existante mais qui ne fonctionnait plus : la pompe était hors service. Leur souhait était de remettre en route le système afin de pouvoir réalimenter les différents besoins :
- Les nettoyeurs haute pression pour le lavage des camions poubelles, des véhicules et engins
- Le remplissage de tonne à eau pour l’arrosage des espaces verts ou autre
- Le remplissage des balayeuses
Après une phase d’étude de ce projet, nous avons accompagné les équipes sur place à la remise en état de leur équipement. L’absence de filtre à l’entrée de la citerne a contraint les agents à entreprendre quelques petits travaux de terrassement pour réaliser des regards au niveau du pied du bâtiment afin de reprendre l’ensemble des gouttières et leur permettre de se diriger en direction de ce nouveau filtre.
En entrée, avant stockage, la filtration se fait à un minimum de 1000 microns, pour éviter le passage de tout élément solide au sein de la cuve.
Une fois ce nouveau filtre installé, il a fallu nettoyer totalement la cuve de récupération d’eau de pluie. Ensuite, nous avons pu intervenir pour déposer le système hydraulique vétuste et le remplacer par une installation neuve. Et terminer avec l’installation d’une filtration en aval, une seconde filtration, considérée comme un traitement de l’eau à 25 microns. Une filtration plus fine, équivalente à celle d’un filtre à café, pour une eau de pluie vraiment épurée. Pour autant, ce n’est pas parce que la filtration est extrêmement fine que l’eau qui en ressort n’est pas colorée. Des particules de terre peuvent en effet altérer la couleur de l’eau, sans que cela ne nuise à son usage. Cela arrive notamment dans la récupération d’eau de pluie sur toiture végétalisée. Ce n’est pas le cas ici, à Lanrivoaré, mais nous l’avons connu sur d’autres installations.
Nous avons ensuite étiqueté chaque point d’eau alimenté par l’eau de pluie, une préconisation également obligatoire afin d’informer l’usager du caractère non-potable de l’eau qui est pompée.
Comment la collectivité du Pays d’Iroise s’est adressée à vous ?
Technipluie a été contacté par téléphone par Frédéric Begoc, alors Responsable bâtiment, logistique et entretien auprès de la communauté de communes du Pays d’Iroise. Nous avons échangé sur le projet et les attendus de la collectivité avant de lui faire une proposition.
Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne votre solution dans ce type de projet ? Quelle est la proposition de valeur de votre solution pour une collectivité ?
Après validation de notre projet par le client, nous avons réalisé une étude de faisabilité technique afin de faire une analyse sur site de l’installation existante. Il s’agissait aussi de bien comprendre les différents besoins d’alimentation en eau. Cela nous a permis de présenter les possibilités d’installation et de mettre en lumière les points pouvant être bloquants : notamment le manque de filtre d’entrée de citerne, la reprise des canalisations, la vidange et le nettoyage de la cuve.
Nous avons ensuite réalisé l’étude de dimensionnent. Cela consiste à déterminer le volume de la citerne nécessaire pour couvrir la totalité des besoins, tout en ayant une autonomie minimale de 21 jours sans pluie, voire de se rapprocher des 30 jours.
La citerne étant existante, les informations de consommation récoltées lors de notre rendez-vous sur site nous ont permis de vérifier sa volumétrie. La citerne compte 400 m3 pour des usages annuels de 3 000 m3. Or, ce n’est pas parce qu’on a besoin d’autant d’eau chaque année, qu’il faut dimensionner la citerne en conséquence. L’avantage de la récupération des eaux de pluie, c’est que la citerne va se remplir au fil de l’année et des utilisations. Dans notre étude, nous intégrons les quatre années précédentes en termes de météorologie.
Enfin, nous avons présenté notre solution technique ainsi que notre accompagnement pour la réalisation des travaux afin de remettre en service le système de récupération et leur permettre de réutiliser l’eau de pluie.
Notre fonctionnement en TPE nous permet de garder une agilité certaine et une souplesse dans la réponse aux projets de nos clients.
Comment expliquez-vous votre solution et la valeur qu’elle apporte à un profane de la Communauté de communes du Pays d’Iroise ?
Notre solution, ou notre service, permet d’accompagner tout type de client tout au long du projet, qu’il s’agisse de bureaux d’études, de maîtres d’œuvre (MOE), d’architectes, de professionnels du bâtiment, de maîtres d’ouvrage (MOA) voir même des utilisateurs du bâtiment à partir du moment où ils ont l’accord du propriétaire. Nous sommes présents tout au long du processus : de la phase étude, depuis les explications sur la faisabilité du projet, la présentation des solutions possibles, les règles à respecter, jusqu’à la phase travaux, la livraison, la formation des équipes si nécessaire et les préconisations de pose de nos équipements. Nous proposons également des contrats d’entretien afin de garantir un bon fonctionnement à l’utilisateur.
Quels sont les principaux prérequis à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
Le plus important est de se faire accompagner dès le début du projet. C’est ce que nous proposons pour se lancer dans l’installation d’un système de récupération et de réutilisation d’eau de pluie.
Les compétences nécessaires reposent également sur la phase d’étude préparatoire, essentielle pour mener à bien le projet. C’est ainsi que l’on détermine le niveau de ressource. Il faut se poser ces questions : que va-t-on récupérer ? Comment cette ressource répond à nos besoins en termes d’usages : que fait-on avec ?
Trop souvent, nous intervenons après que les choses ont été actées avec l’architecte ou le maître d’œuvre, sans nous concerter, avec des dimensionnements arbitraires qui ne correspondent pas réellement à la ressource disponible et aux besoins. Or, cette étape est cruciale pour mener à bien un projet et mettre en place une installation efficiente.
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait réaliser ce type de projet ?
Pour réaliser ce type de projet, nous conseillons :
- De n’avoir qu’un ou deux interlocuteurs.
- De récolter un maximum d’information sur le(s) bâtiment(s) : plan des réseaux d’eaux pluviales enterrées, surface et typologie de la toiture.
- De déterminer quels sont les usages à alimenter avec l’eau de pluie : identifier les consommations réelles des usages est encore mieux.
Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?
Daniel Forchier l’explique : « L’installation est opérationnelle depuis le 24 septembre 2025 et fonctionne très bien. A début mai 2026, soit après six mois de mise en service, ce sont 407 m3 d’eau de pluie filtrée qui ont déjà été utilisés par les services techniques, avec aucun complément en eau potable. Nous avions besoin de nous conformer à la réglementation en approvisionnement en eau pour nos balayeuses poids lourds notamment. Aujourd’hui, toutes nos missions sont réalisées avec l’eau de pluie réutilisée : entretien de la voirie, lavage des bennes à ordures, remorque haute pression, citerne pour les travaux de maçonnerie. Nous utilisons 100 % d’eau de pluie. C’est un vrai succès !
Notre volonté était de remettre à neuf une installation, et de réaliser ces travaux rapidement, à la suite de la demande du président de la communauté de communes. Il s’est écoulé très peu de temps entre le moment de la visite de Technipluie sur site pour réaliser le diagnostic et la phase de réalisation des travaux. Nous avons signé avec Technipluie un contrat de maintenance qui assure l’entretien de l’installation deux fois par an, au printemps et à l’automne. »
Plus largement, quelle est l’actualité de votre société sur la thématique des projets eau ?
Nous sommes actuellement sollicités par des stades de foot ou de rugby pour répondre à des projets de récupération d’eau de pluie et couper tout ce qui peut être aujourd’hui alimenté encore par l’eau potable. Ces projets visent à prendre en charge l’arrosage de la pelouse, qui est un gros poste de dépense. Dans ces stades déjà existants, et parfois contraints d’un point de vue emprise foncière, il va falloir réfléchir à de nouvelles installations et à leur adaptation.