Végétalisation de la cour de l'école Gisèle Halimi de Libourne (33)
À Libourne, à l’est de Bordeaux, la cour de l’école Sud renommée Gisèle Halimi le 8 mars 2024, en périphérie de la cité viticole, a revêtu ses nouveaux habits. Jadis très minérale, recouverte de bitume, celle-ci a été végétalisée. Un quart de la surface a été creusé et remplacé par des plantations en pleine terre, des bosquets pédagogiques, une prairie fleurie et une lanière arborée d’arbres. Ce projet, le premier du genre de la ville de Libourne, terminé en 2020, est le fruit d’une véritable co-construction entre la mairie, les enseignants, les écoliers et des paysagistes pour faire venir la nature dans l’école de ce quartier populaire.
Cours d'école Gisèle Halimi après végétalisation - Crédits photo : Mairie de Libourne
Grâce à la végétalisation de la cour, les enfants de l’école Gisèle Halimi de Libourne sont de véritables acteurs du changement !
Comment le sujet de la végétalisation de la cour d'école Gisèle Halimi s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Tout d’abord, nous sommes partis d’un constat : le climat scolaire. Comment penser différemment l’espace au sein de l’école Sud pour faire baisser les tensions, pour créer plus d’harmonie ?
Puis, il y avait la réalité climatique. La ville de Libourne mène depuis 2015 une démarche d’adaptation au changement climatique. Dans cette école l’environnement était très minéral : enfants et enseignants souffraient de la chaleur dans les classes et dans la cour, dont le revêtement sombre devenait brûlant sous le soleil. L’animateur des activités périscolaires de l’école, Julien Kowalewski, a eu le premier, l’idée de végétaliser la cour de récréation.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous avons fait appel à l’atelier Clap (Creative Landscape Process). Ces paysagistes, ont proposé de réintroduire un sol vivant et perméable dans la cour, favorisant l’infiltration des eaux pluviales. Ils ont alors suggéré la création de « La cour forêt », un nouveau paysage urbain composé de bosquets pédagogiques et d’espaces ombragés avec plusieurs espaces de jeu mêlés à des lieux de calme. En outre, il était important pour nous de mettre les enfants au centre de ce projet, en faire des acteurs, des cocréateurs et leur apprendre la biodiversité basée sur l’expérience.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
L’agence CLAP a fait une étude de faisabilité en fonction de la réalité de la cour et des envies réalisables de tous les acteurs. Les jardiniers de la ville de Libourne, les équipes techniques ont aussi pu donner leur avis sur le projet de manière à créer un projet collaboratif, tenant compte de toutes les voix et possibilités.
Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Pour ce genre de projets, il ne faut pas rentrer par le volet technique mais partir vraiment du besoin. Il faut commencer par échanger, en profondeur, avec ceux qui « vivent » l'école, à savoir nos animateurs, les enseignants, les enfants. Nous avons par ailleurs toujours veillé à respecter l’enveloppe financière initialement prévue et les propositions qui pouvaient être faites.
Dans ce sens, nous avons beaucoup de compétences en interne et avons donc fait appel à toute l'équipe qui travaille sur l'entretien des espaces verts de de la ville de Libourne. Enfin, pour la touche créative de ce projet, il s’agissait de la compétence des paysagistes.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons rassemblé les associations de parents d'élèves, les enseignants, les enfants. Le temps de concertation a duré 3 mois par le biais d’ateliers avec les enfants et les acteurs de l'école, les parents. Le cabinet Clap nous a mis à disposition des maquettes avec les végétaux et des éléments modulables. Une alchimie assez rapide entre les usagers et les différentes compétences mobilisées a pu ainsi être créée.
Par ailleurs, il y avait aussi un volet sociétal. Il y a 9 ans on me demandait des grillages pour surveiller les enfants. Avec ce projet, on s’est réapproprié l'ensemble de l'espace de l'école et chacun y trouve son compte. Les riverains ont apprécié ce changement sociétal : moins de grillages, d’oppression pour laisser la place à la nature, aux arbres, plus rassurants. Nous nous sommes aperçus que les enfants de l’école ne connaissaient pas le végétal car ils habitent des bâtiments bétonnés entourés de routes et de goudron. Ils n’avaient pas ce rapport à la nature.
Grâce à la végétalisation de la cour d’école ils ont été acteurs du changement et apprennent à planter des arbres fruitiers, à s’occuper des poules, à devenir des écocitoyens.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
La Banque des territoires nous a accompagné en menant une étude globale. Nous avons aussi bénéficié de financements de l’état via la DSIL (Dotation de soutien à l’investissement local) ainsi que d’un soutien de l’ADEME.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Frédéric Coulon, Responsable des équipes espaces verts de la Ville, le cabinet CLAP et les animateurs dont Julien Kowalewski.