À Sierentz (68), une ancienne gravière reconvertie en site naturel / zone humide
En 2024 a abouti le projet de renaturation du site de l’ancienne gravière Sandgrube, à Sierentz. Fruit du travail des différents maires Jean-Marie Belliard et Pascal Turri, cet aménagement a permis de restaurer une zone humide et de créer un espace naturel ouvert au public.
En amont, de nombreuses études de faisabilité ont été commandées, permettant ainsi de maîtriser au mieux les questions environnementales et structurelles inhérentes au projet.
Aussi, une dizaine d’acteurs ont participé à la bonne tenue de ce dernier, à l’image de la Petite Camargue Alsacienne, l’association BUFO, de Rivière de Haute Alsace ou encore de la LPO.
L'inspiration principale provient de la nature elle-même, en tenant compte de la topographie et du potentiel du site - Crédits photo : Mairie de Sierentz
La reconversion de la gravière « Sandgrube » en un site naturel accessible au public est une réussite marquante. Ce projet s'inscrit pleinement dans une démarche environnementale et écologique, répondant aux défis climatiques actuels.
L'interview
Comment ce projet de reconversion s’est-il imposé à l’agenda de la commune de Sierentz ?
L'idée de reconversion de l'ancienne gravière « Sandgrube » a émergé sous l'avant-dernier mandat du maire Jean-Marie Belliard. Dès 2011, des études de faisabilité ont été lancées pour développer un projet cohérent intégrant l’aménagement écologique d’un ancien site industriel. Parmi elles, une étude de l’ADAUHR sur l’aménagement de l’ancienne gravière (2013), une étude de BUFO sur la reconstitution des zones humides (2015), mais aussi un avant-projet IBA BASEL (2018). Sous le mandat actuel de Pascal Turri, maire de Sierentz, le projet a été relancé dans la continuité des efforts antérieurs. Cela a nécessité une réévaluation des contraintes, telles que les pressions climatiques et écologiques. La proximité du site avec un stockage de lindane géré par l'ADEME a impliqué la mise en place d’un plan de gestion pour assurer des conditions sécurisées.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Si l’avant-projet élaboré par la précédente municipalité a servi de base, des adaptations ont été apportées par la nouvelle équipe. L'inspiration principale provient de la nature elle-même, en tenant compte de la topographie et du potentiel du site, ainsi que de la végétation locale. La Petite Camargue Alsacienne a influencé plusieurs aspects, tels que l'observatoire et les cheminements doux. L’imagination des agents, bénévoles, conseil participatif citoyen et associations a également contribué au projet.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
En plus des réponses à la première question, un plan de gestion par ARTELIA (2021-2022) visait à évaluer la présence de pollutions liées au lindane. Les résultats ont démontré que l'état des sols était compatible avec l'usage envisagé. Un diagnostic sur la qualité de l’air a également été effectué par ARTELIA (2023). Un diagnostic supplémentaire a été mené, confirmant l'absence d'impact sur la qualité de l'air extérieur. Enfin, il y a eu la création d’un comité de pilotage et de groupes de travail (2023) avec des thématiques pour encadrer l'ensemble des actions.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Bien que accompagnée par des experts, la municipalité a dû mobiliser des compétences en communication, écoute et partage. Une sensibilité et une curiosité pour les sujets écologiques étaient également nécessaires.
Les compétences spécifiques comprenaient :
- Connaissances des écosystèmes et aspects naturalistes.
- Notions de paysage (visuel, sonore, écologique).
- Conception de cheminements doux et accessibilité.
- Aménagement d'infrastructures pour l'accueil du public.
- Notions d’entretien pour la durabilité du site.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Un comité de pilotage et des groupes de travail ont été constitués. Les études préliminaires ont fourni des bases solides. La communication avec les citoyens a été assurée via divers canaux, et des journées participatives ont été organisées.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Saint-Louis Agglomération a contribué à hauteur de 69 000 euros. Une demande de subvention de 40 % sur 240 000 euros a été faite à la Collectivité Européenne d'Alsace. Les travaux de restauration des berges sont financés par Rivière de Haute Alsace et l'agence de l'eau Rhin-Meuse. Le reste est autofinancé.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
- Agence de l’eau Rhin-Meuse
- Collectivité Européenne d’Alsace
- Petite Camargue Alsacienne
- Association BUFO
- Rivière de Haute Alsace
- LPO
- IBA Basel
- GERPLAN
- ARIENA
- ADAUHR
- Société Artelia
- Associations locales et bénévoles
- Entreprises de paysage