Eaux vives, la voix des rivières (13)
Avec « Eaux vives », l’EPAGE Menelik donne la parole aux habitants des trois bassins versants – la Touloubre, l’Arc et la Cadière – à travers une série documentaire en quatre épisodes.
Ce podcast, à la fois poétique et scientifique, réveille la mémoire des inondations et fait entendre la diversité des regards portés sur les rivières provençales.
Podcast “Eaux vives” : une série documentaire en quatre épisodes consacrée aux rivières du territoire. - Crédit photo : EPAGE Menelik
Le format audio permet d’aborder autrement la gestion des rivières : il donne à entendre les réalités du terrain et renforce la sensibilisation au risque.
L'interview
Comment le projet de concevoir des podcasts s’est-il imposé à Menelik ?
À l’origine, Menelik souhaitait recueillir les témoignages de sinistrés d’inondations. La prévention du risque est au cœur de ses missions, mais les grandes crues du territoire datent des années 1970 et 1990 : la mémoire collective s’estompe. De là est née l’idée d’un podcast pour faire entendre ces voix et raviver cette conscience du risque.
Comment s’est construit le projet ?
La commande a été passée en 2024 avec la société de production marseillaise Urban Prod et le journaliste Clément Baudet, familier des thématiques liées aux rivières. La série comprend un épisode généraliste et trois volets territoriaux, consacrés à chacun des bassins versants : la Touloubre, l’Arc et la Cadière. Le journaliste a mené un véritable travail d’enquête : à partir d’une base de contacts fournie par Menelik, il est allé au-delà, rencontrant sinistrés, élus, pêcheurs, historiens et techniciens. Il disposait d’une totale liberté éditoriale.
Quels étaient les objectifs ?
Le podcast répond à un double objectif : sensibiliser les habitants à la culture du risque d’inondation et faire connaître le service public gestionnaire de cours d’eau. À travers les récits, la rivière devient un personnage à part entière. Un habitant du moulin de l’Abba dit que la Touloubre est une amie qui s’invite régulièrement chez lui. J’aime cette idée qu’une rivière ait une personnalité. Cette approche sensible donne une dimension humaine à la gestion des cours d’eau.
Comment le projet a-t-il été financé et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet a représenté un budget d’environ 13 000 euros, financé sur les fonds propres de Menelik, avec le soutien habituel de la métropole Aix-Marseille-Provence et de la communauté d’agglomération Provence Verte. L’investissement reste modeste au regard de la qualité du résultat et de la durée de vie du support.
Comment le podcast a-t-il été diffusé ?
Les épisodes sont disponibles sur toutes les grandes plateformes – Spotify, Apple Music, Deezer – ainsi que sur le site internet de Menelik. Nous avons publié un communiqué de presse et relayé le projet via ses supports de communication et lors d’événements locaux. Ce format pérenne permet une écoute libre dans le temps ; la série a déjà dépassé le millier d’écoutes cumulées.
Quels sont les prolongements envisagés ?
Menelik réfléchit à une nouvelle série, peut-être sous forme de documentaire filmé, autour du projet de Roquefavour. Cette première expérience a montré la force du son ; l’image pourrait venir la prolonger pour toucher autrement les habitants du territoire.
Quels conseils donneriez-vous à d’autres territoires qui souhaiteraient concrétiser une telle initiative ?
Il est essentiel de diversifier les canaux de communication. Sur un territoire de 57 communes, il convient de multiplier les supports : podcasts, événements, ateliers… Chaque format attire un public différent. En réussissant à rapprocher les habitants de leurs rivières, les gestionnaires gagnent des relais précieux pour la préservation et la gestion durable de ces milieux.