Projet de réhabilitation des berges de la Rivière des Galets (974)
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Au cœur du programme Fil Vert, la réhabilitation des berges de la Rivière des Galets constitue une étape majeure dans la création d’un réseau d’espaces verts continus et accessibles à l’échelle de la Ville du Port.
Sur 1,5 km, ce corridor relie plusieurs sites structurants et favorise les mobilités douces. Le projet combine renaturation urbaine, préservation du patrimoine arboré et aménagements sportifs et de loisirs. Il s’appuie sur une forte mobilisation des équipes communales et sur une démarche participative impliquant les habitants. À terme, il contribuera à structurer un maillage de 15 km d’espaces naturels et publics.
Vue aérienne des berges réhabilitées de la Rivière des Galets – Crédits photo : Ville du Port
Avec le Fil Vert, nous créons un réseau d’espaces verts et de parcours doux, accessible à tous, pour que les habitants se les approprient durablement.
L'interview
En quoi consiste concrètement votre projet et quels en sont les principaux objectifs ?
Au sein du programme Fil Vert, la réhabilitation des berges de la Rivière des Galets vise à transformer un linéaire de 1,5 km en un espace structurant de nature et de mobilités douces. Le projet consiste à relier plusieurs sites majeurs de la commune à travers des cheminements accessibles, tout en valorisant la biodiversité et en préservant le patrimoine arboré existant. Il intègre des équipements sportifs et de loisirs, ainsi que des aménagements favorisant l’usage quotidien par les habitants. L’objectif est de créer un réseau d’espaces verts interconnectés, lisible et appropriable par tous.
Comment la réhabilitation des berges de la Rivière des Galets s’est-elle imposée à l’agenda de votre collectivité ?
Le projet s’inscrit dans le programme Fil Vert de la Ville du Port, qui a pour ambition de faire de nos espaces verts et parcours doux un réseau vivant, accessible et partagé par tous. Il vise à créer une continuité de cheminements piétons et cyclables, reliant nature, sport, culture et loisirs à travers la commune.
Les berges de la Rivière des Galets, porte d’entrée du Fil Vert sur 1,5 km, relient six sites stratégiques : littoral Nord, Stade Lambrakis, littoral Ouest, Parc Boisé, verger de la pépinière municipale et forêt communale. Très fréquenté par les Portois et habitants des communes voisines, ce parcours témoigne de l’attachement des citoyens à ces espaces.
Pour conforter cet engouement, le projet crée des espaces thématiques jalonnant le parcours, et complète le réseau pour qu’il soit accessible depuis chaque quartier, en privilégiant les modes doux de déplacement.
La première phase de travaux est déjà réalisée sur le Parc Boisé et les berges de la Rivière des Galets, et les aménagements se poursuivront progressivement pour former un réseau d’environ 15 km. Ce projet est pensé avec les habitants pour qu’ils s’approprient et préservent les équipements. L’ambition est de mettre en adéquation les continuités écologiques et les enjeux socio-culturels de notre territoire, et de rendre visibles, lisibles et accessibles les différents espaces verts de la Ville.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Le projet repose sur l’expérience professionnelle des équipes communales, notamment en matière de conception paysagère. La maîtrise d’œuvre a été assurée en régie, en collaboration avec le Parc national, afin de définir une palette végétale adaptée au climat aride du Port et respectueuse des écosystèmes endémiques.
L’un des volets les plus marquants concerne la sauvegarde du patrimoine arboré : près de 350 arbres adultes ont été transplantés sur site, évitant ainsi leur abattage. Cette opération a permis de recréer une véritable trame arborée donnant, dès la fin du chantier, l’impression d’un site « installé de longue date ».
Au total, près de 90 % des travaux ont été réalisés par le personnel communal, démontrant la capacité de la collectivité à concevoir et mettre en œuvre des aménagements de grande ampleur en interne.
Quelles furent les phases préparatoires du projet ? Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité ?
Le projet s’appuie sur une étude globale de faisabilité menée dans le cadre du Fil Vert, à l’échelle du territoire communal. Cette étude a permis de définir les grandes orientations d’aménagement (coulée verte, liaisons douces, requalification des espaces publics) en tenant compte du microclimat, de l’histoire urbaine et des besoins exprimés par la population.
La démarche a été concertée : plusieurs réunions publiques ont eu lieu dans les quartiers concernés, notamment celui de la Rivière des Galets. Les contributions recueillies ont nourri la trame du projet final.
Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
La réussite du projet a reposé sur la mobilisation de multiples expertises internes :
- Paysagiste : conception globale et maîtrise d’œuvre environnementale.
- Ingénieur en génie civil : réalisation de la passerelle et du portique.
- Technicien irrigation : création d’un réseau d’arrosage automatique (près de 5 km) adapté au climat sec du Port.
- Équipe arboricole (élagueurs & jardiniers) : spécialisés dans la création et l’entretien d’espaces verts.
- Agents de la pépinière municipale : production locale des plants.
À cela s’ajoute une connaissance fine du territoire, des sols, du vent, et des pratiques citoyennes, indispensable pour concevoir un ouvrage utile, durable et appropriable.
Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?
La réussite du projet repose sur une concertation étroite avec les habitants. Une première phase d’écoute a eu lieu dès l’étude de faisabilité, suivie d’une réunion publique avant le démarrage des travaux.
Cette démarche participative a permis d’adapter le projet, notamment en installant de nombreux points d’eau potable le long de la piste, en prévoyant des encoches sur le tracé pour accueillir des agrès sportifs, ou encore en aménageant une piste de trail de 400 m. Grâce à ces ajustements, le site a rapidement été approprié par les habitants.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?
Le financement global du projet s’élève à 2,5 millions d’euros, répartis comme suit :
- Territoire de l’Ouest : 887 500 €
- État – Fonds Vert : 125 000 €
- FMA : 100 000 €
- Ville du Port : 1 387 500 €
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le Parc national : appui technique sur la palette végétale et les principes de renaturation.
Le Département de La Réunion : partenaire du programme “1 million d’arbres”, qui a permis de fournir 10 000 plants. Ces plantations ont été réalisées en partie par les scolaires du quartier (écoles primaires et lycée Léon de Lépervanche), dans une démarche pédagogique et participative.
Quels conseils donneriez-vous à un élu souhaitant se lancer dans un projet similaire ?
Il est essentiel d’impliquer les habitants dès les premières phases du projet afin de garantir son appropriation. Il faut également s’appuyer sur les compétences internes lorsque cela est possible, et adapter les choix techniques aux spécificités du territoire, notamment climatiques et écologiques.