GESTION QUANTITATIVE DE LA RESSOURCE

8000 m3 d’eau neuve économisés par an : le beau projet du centre aquatique Les Bassins de l’Aqueduc (69)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Le centre aquatique de la Communauté de communes du pays mornantais (69) est passé d’un ratio de 96 litres d’eau neuve par baigneur et par jour en 2019 à 45 litres en 2023.

À la clé plus de 8000 m3 d’eau neuve économisés par an et un ROI d’un peu plus de trois ans. Olivier Convert, responsable du centre aquatique et des politiques sportives de la communauté de communes du pays mornantais, revient sur la conduite de ce projet qui a aussi permis des économies d’énergie.

Une double réussite qui tient à plusieurs facteurs : l’alignement entre les élus et l’équipe technique, les aides et subventions obtenues, un travail très précis en amont et le choix de l’apporteur de solution : Onsen.

Ce travail d’économies sur l’énergie et l’eau au centre aquatique est un début pour la communauté de communes du pays mornantais. Nous réfléchissons à la réutilisation des eaux usées puisqu’un certain assouplissement de la législation jusqu’alors très restrictive a eu lieu en 2024.

Olivier Convert

Comment le sujet de l’économie des eaux neuves réinjectées dans le centre aquatique s’est-il imposé à l’agenda de la communauté de communes du pays mornantais?

Je dirai qu’il ne s’est pas imposé : il a été choisi ! À ma prise de poste, en 2019, le centre aquatique réinjectait 96 litres d’eau neuve par jour et par baigneur. C’est un chiffre qui nous situait dans la catégorie des bâtiments performants. Le centre aquatique avait alors six ans, ce qui explique sans doute notre bonne performance comparé aux autres piscines plus anciennes : 60% des 4 200 centres aquatiques de France ont plus de 30 ans. Reste que nous étions loin du seuil minimal fixé à 30 litres par l’arrêté de 1981 pour des raisons sanitaires.

Nous, et cela concerne aussi bien les élus de la communauté de communes que l’équipe technique, voulions nous rapprocher de ce seuil parce que nous étions persuadés que le respect de la règlementation des eaux de baignade ne rimait pas forcément avec autant de quantité d’eau. Nous souhaitions donc penser autrement, envisager la finesse du traitement de l’eau quitte à modifier nos procédures de travail, pour nous inscrire dans une démarche sociétale et faire cesser les réflexes d’une société d’abondance en eau. 

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

À vrai dire, la société Onsen avait déjà sollicité la communauté de communes avant mon arrivée mais en l’absence de direction, le projet n’avait été que survolé. Mon arrivée a donc servi de catalyseur car il y avait de facto un alignement parfait entre les élus et l’équipe technique pour considérer qu’un centre aquatique qui, par nature, est énergivore et consommateur de ressources hydriques, doit faire de l’eau, sa matière première, un sanctuaire. Avoir l’opportunité dans ma vie professionnelle de construire une démarche en faveur de la préservation de la nature est une chance qui fait écho à mon engagement personnel.

Diverses communes alentour avaient déjà adopté la solution Axone d’Onsen qui permet de gérer et de récupérer la chaleur des eaux de renouvellement. Ainsi la commune de Tarare dans l’ouest rhodanien avait, il y a quinze ans de cela, déployé le prototype de cette solution dans sa piscine. J’ai donc pu interroger plusieurs collègues pour prendre la mesure de la fiabilité et de la pertinence de la solution. Et nous avons donc opté pour la solution Axone couplée à Hippocampe®, une plateforme numérique d'optimisation des performances et d'aide à la compréhension et la décision grâce aux bilans, alertes et tableaux de bord.

Est-ce qu’une étude en amont du projet a été réalisée?

Nous avons conduit en interne une étude d’impact car nous pouvons nous appuyer d’abord sur une bonne connaissance de la sous-station technique du centre aquatique et ensuite sur l’expertise des ingénieurs du service Patrimoine. Cela nous a permis de délivrer une feuille de route précise et ambitieuse, avec des étapes, des prérequis, des objectifs et des exigences.

Ainsi, cette étude d’impact, conduite entre septembre 2021 et mars 2022, nous a permis d’identifier qu’en plus de l’économie d’énergie attendue, le potentiel d’économie d’eau était très conséquent. Elle nous a aussi permis de cerner les modifications techniques requises (nouveaux réseaux hydrauliques, raccords électriques, intégration) et d’affiner le retour sur investissement attendu. 

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

J’identifie trois grandes familles de compétences :

  • les compétences techniques sur le traitement des eaux en piscine publique ;
  • les compétences techniques d’installation au regard du cahier des charges ;
  • et les compétences informatiques afin d’intégrer le système Onsen au reste du réseau si celui-ci est supervisé en gestion technique bâtiment (GTB) ou centralisé ( GTC).

Pour les deux dernières familles de compétences, nous avons fait appel à des prestataires externes et avons veillé tout particulièrement à coconstruire avec le prestaire l’intégration informatique afin d’organiser au mieux l’automatisation et la programmation des circuits. 

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Le sujet étant par essence technique, il n’a pas été soumis à un échange citoyen en amont mais une communication a été faite pour partager les bons résultats. Le dimensionnement du projet est la résultante de nombreux aller-retours avec le centre aquatique et le service Patrimoine , notamment sur la pertinence d’une installation sur un ou plusieurs bassins selon leur spécificités. Pour finir, nous avons équipé nos trois bassins.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le budget nécessaire à l’installation de 3 modules Axone et au déploiement Hippocampe® était de 170 000 euros et a été financé à hauteur de 80%, par des certificats d’économie d’énergie et une subvention au titre au titre des dotations d’équipement des territoires ruraux (DETR), le pays mornantais étant un territoire semi-rural. Cette prise en charge conséquente a bien sûr facilité la conduite du projet ! 

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la communauté de communes du pays mornantais dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Onsen évidement, avec qui le dialogue a été constant pour la bonne conduite du projet et une prise en main optimisée.

L’installateur des réseaux hydrauliques et du raccordement électrique , la société Hervé Thermique, une société nationale avec une antenne à Lyon.

L’entreprise qui a procédé à l’intégration informatique : AER, un acteur local implanté sur notre communauté de communes, qui intervient à l’échelon national.

Le projet en détails

Dates clés

  1. Septembre 2021

    Mise à l’agenda

  2. Hiver 2021

    Inspiration

  3. Premier trimestre 2022

    Diagnostic et planification

  4. Juillet 2022 – janvier 2023

    Réalisation

Chiffres clés

  • 8 100

    m3 d’eau neuve économisés par an

  • 7

    mois de travaux : 1 mois d’installation technique, 6 mois pour intégration, régulation et prise en main experte

  • 3,3

    ans, le ROI

À retenir

  • Les gains énergétiques et financiers : plus de 8 000 m3 d’eau d’économisés dès la première année, soit l’équivalent de trois bassins olympiques ; un gain de 56 mégawatt/h par an sur l’économie de chaleur pour les eaux de bassin et un ratio de litre d’eau neuve par baigneur et par jour qui est passé de 96 litres en 2019 à 48 litres en 2023 !

  • Nous avons été lauréat 2023 des Trophées économies d’eau, dans la catégorie “Démarches d’économies d’eau dans les établissements collectifs ». C’est toujours très agréable de voir la ruralité mise en avant par une récompense nationale ! De plus, la remise de ce prix organisé par la FNCCR en partenariat avec l’AMF, a été l’occasion d’entendre les lauréats des autres catégories s’exprimer sur d’autres thématiques : ce fut un moment à la fois instructif et motivant !

  • Un point de vigilance : il ne faut pas sous-estimer le temps et l’engagement requis pour que l’étape de configuration et de prise en main soit optimale. Par ailleurs, le gain en produits chimiques est difficilement traçable. En revanche, on note une meilleure qualité d’eau grâce à une optimisation de son « tamponnage ». Grâce au débit de fuite permanent, les lavages de filtres sont espacés et effectués grâce au stockage d’eau refroidie. Cela ne perturbe plus massivement l’équilibre des bassins lors des backwashs de leurs filtres.

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