Un plan d’actions pour économiser la ressource en eau sur un territoire vulnérable (29)
40 actions en 5 ans pour préserver la ressource.
Le plan de prévention eau et assainissement initié en 2024 par la Communauté de communes Presqu'île de Crozon – Aulne maritime s’applique à tous les abonnés (près de 17 500). Particuliers, entreprises, structures touristiques, agriculteurs, bases militaires… tout le monde est dans la boucle.
Objectifs : encourager la sobriété des usages de l’eau potable (-5% en 5 ans), optimiser la disponibilité de la ressource, préserver la qualité de l’eau et être exemplaire en matière de prévention eau et assainissement.
Vallée de l'Aulne - Crédit photo : Mathieu Le Gall
L’objectif du plan, c'est de garantir l’accès durable à une eau de qualité pour tous
L'interview
Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda ?
Henri le Pape : L’été 2022 nous avons failli manquer d’eau. Nous avons mis en place une cellule de crise et réfléchi aux années à venir. La nécessité de sécuriser notre approvisionnement en eau potable s’est imposée, d’autant que, l’été, le besoin en eau est multiplié par trois voire quatre du fait de la fréquentation touristique. Chaque été, nous avions un peu peur de manquer d’eau. Aussi, nous avons réalisé un diagnostic des usages et élaboré un plan d’actions pour encourager la sobriété des usages, optimiser la disponibilité de la ressource, préserver la qualité de l’eau et être exemplaire en matière de prévention eau et assainissement.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Henri le Pape : Pour élaborer notre stratégie, nous nous sommes inspirés du plan climat air énergie territorial, du projet de territoire qui comprennent des axes dédiés à l’eau, du plan Eau national et de ses déclinaisons régionale et départementale, et de notre plan local de prévention des déchets ménagers. Nous avons également regardé ce qui se faisait ailleurs en Bretagne, notamment dans les agglomérations de Lorient et de Rennes. Nous avons échangé avec les interlocuteurs de ces collectivités pour entendre leurs retours d’expérience.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Henri le Pape : Nous avons ciblé les actions à mettre en place selon la spécificité des usages à partir de la base de données abonnés et de la typologie des grands consommateurs. Nous avons ciblé les usages qui permettent de potentielles économies d’eau. Nous avons établi des partenariats avec la Chambre de Commerce et d’Industrie pour que les entreprises du territoire puissent faire établir des diagnostics de leurs usages en eau et mettre en place des plans d’actions (Programme ECOD’O PRO – Bretagne compétitivité).
Pour notre plan, nous nous sommes donc appuyés sur les retours d’expérience d’autres collectivités et notre base de données abonnés.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Henri le Pape : Nous avons impliqué tous les services de la Communauté de communes, autour du service eau et assainissement. Notamment, le service bâtiments pour l’installation de récupérateurs d’eau de pluie sur les bâtiments communautaires, le service communication pour la sensibilisation des abonnés, l’urbanisme pour un levier d’actions à travers des modifications du PLUIH… Chacun a apporté sa contribution.
Élodie Quer : Il est important de bien connaître le système de production et de distribution de l’eau avant de se lancer, ainsi que tous les acteurs intervenant sur les grands et petits cycles de l’eau. L’élaboration du plan d’actions a pris six mois.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Henri le Pape : L’épisode de sécheresse de 2022 a sensibilisé les citoyens à la ressource en eau. D’eux-mêmes, ils ont réduit leur consommation immédiatement et poursuivent leur effort depuis. Jusqu’alors, la demande en eau ne faisait qu’augmenter. Depuis 2022 elle baisse régulièrement.
Le plan d’actions intègre tout ce qui peut être mis en place pour réduire la consommation d’eau et préserver la ressource, y compris limiter les pertes d’eau (20% de perte environ) du fait d’un réseau vieillissant. Le renouvellement des canalisations et les recherches de fuites sont inscrits dans le plan.
Laetitia Velly : Une concertation des partenaires et des habitants a été menée avant l’adoption du plan en conseil communautaire. Ensuite, nous avons communiqué sur notre site web et dans le magazine communautaire et nous avons présenté le plan à certaines associations, relais presse et hébergeurs touristiques.
Comment ce projet a-t-il été financé et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Henri le Pape : Le plan est financé par la régie eau, par la tarification de l’eau et par des subventions de l’Agence de l’eau, de la Région Bretagne et du Département du Finistère en fonction des actions, complétées par un prêt bancaire en cas de besoin.
Quels sont les autres acteurs qui ont vous ont accompagnés dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Henri le Pape : Le plan d’actions a été rédigé en concertation avec l’Agence Régionale de Santé, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, l’Agence de l’eau, la Région Bretagne, le Département du Finistère et les établissements publics territoriaux des bassins versants (EPAB pour la baie de Douarnenez et EPAGA pour l’Aulne).